Barkan: le terroriste a forcé un Palestinien à ligoter la victime avant de tirer
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Barkan: le terroriste a forcé un Palestinien à ligoter la victime avant de tirer

Un agent d'entretien palestinien a entendu les tirs et s'est précipité dans les bureaux du parc industriel ; la survivante dit qu'il lui a sauvé la vie

Kim Levengrond Yehezkel, 28 ans, de Rosh Ha’ayin, a été tuée dans l'attaque près du parc industriel Barkan, le 7 octobre 2018 (Crédit : Facebook)
Kim Levengrond Yehezkel, 28 ans, de Rosh Ha’ayin, a été tuée dans l'attaque près du parc industriel Barkan, le 7 octobre 2018 (Crédit : Facebook)

Le terroriste du parc industriel de Barkan a contraint un agent d’entretien palestinien à ligoter les mains de Kim Levengrond Yehezkel, avant de la fusiller, a appris le Times of Israël mardi.

Ashraf Na’alowa, 23 ans, a menacé le Palestinien de le fusiller également s’il ne menottait pas Yehezkel, a déclaré un responsable de la Défense, confirmant un reportage diffusé par la chaîne israélienne Kan.

Les premières informations sur l’attentat de dimanche indiquaient qu’avant de tuer la jeune mère de 28 ans à bout portant, Na’alowa l’avait menottée avec des câbles qu’il avait pris dans un placard.

Mais les services de sécurité du Shin Bet ont établi que Na’alowa avait ordonné à un agent d’entretien, qui se trouvait dans les locaux du groupe Alon à ce moment-là, de le faire. Se sentant en danger de mort, l’homme de 20 ans, originaire de Naplouse, a obtempéré.

Ashraf Walid Suleiman Naalowa, un Palestinien soupçonné d’avoir perpétré un attentat terroriste meurtrier le 7 octobre 2018 dans la zone industrielle de Barkan au nord de la Cisjordanie. (Autorisation)

Il a ensuite eu quelques secondes pour fuir avant que Na’alowa ne tire sur Yehezkel, Ziv Hajbi, 35 ans, et Sara Vaturi, 54 ans. Ses deux premières cibles ont succombé à leurs blessures sur les lieux de l’attentat. Vaturi a survécu et a été évacuée à l’hôpital dimanche.

Le jeune employé a été interrogé par les services de sécurité du Shin Bet après l’attaque et a été rapidement relâché, – les agents ayant conclu qu’il n’était pas impliqué dans la fusillade.

Les responsables ont admis ne pas comprendre pourquoi le terroriste a décidé de menotter Yehezkel et non pas sa seconde victime, Hajbi.

Na’alowa a réussi à fuir la scène et court toujours.

Les forces de sécurité poursuivent leurs opérations dans son village de Shuweika, près de Tulkarem.

L’armée a déployé davantage d’unités en Cisjordanie pour éviter d’autres attentats, et les forces de sécurité ont arrêté le frère et la sœur de Na’alowa lundi matin.

Ziv Hajbi. (Crédit : Facebook)

Levengrond Yehezkel a été inhumée dans sa ville natale, à Rosh HaAyin dimanche soir. Elle laisse derrière elle son époux et leur fils de 18 mois.

Les funérailles de Hajbi ont eu lieu lundi matin, dans la communauté de Nir Yisrael, au sud du pays.

« L’un d’entre eux m’a tuée, et un autre m’a sauvé la vie »

Vaturi a raconté au site d’information Ynet mardi que si l’un de ses collègues palestiniens était un meurtrier, un autre avait eu le mérite de lui avoir sauvé la vie.

« Basel, notre agent d’entretien, a fait un geste héroïque et m’a sauvé la vie. Je perdais conscience (après le tir) et Basel – qui est venu dès qu’il a entendu les tirs – m’a traînée sous un bureau, m’a calmée et a dit « ma chérie, ma chérie », s’est souvenue Vaturi.

Sara Vaturi, qui a été blessée par balle mais a survécu à l’attaque terroriste meurtrière de Barkan, s’adresse aux journalistes le 8 octobre 2018. (Capture d’écran : Hadashot news)

Elle a ajouté que Basel avait comprimé sa plaie avec un rouleau de papier toilette pour éviter qu’elle ne perde trop de sang.

« Quand j’ai demandé un peu d’eau, parce que je me sentais déshydratée, il m’a dit que c’était interdit », a raconté Vaturi.

« Plus tard à l’hôpital, j’ai demandé de l’eau et les médecins m’ont dit la même chose. Il s’est avéré que Basel avait raison. »

Le jeune palestinien a appelé la femme plus tard dans la journée pour prendre de ses nouvelles. Basel a été lui-même évacué vers un hôpital de Cisjordanie, pour soigner son anxiété post-traumatique.

Revenant sur la fusillade, Vaturi a conclu : « Il ne faut pas mettre tous les Arabes dans le même panier ».

« Nombre d’entre eux m’ont appelée après l’attaque, ont demandé pardon et avaient honte de ce qui s’était passé. Ne les jugeons pas à cause des agissements d’un terroriste criminel. L’un a tué, l’autre m’a sauvé la vie. »

Lundi, Sara Vaturi avait raconté en détail l’attaque aux journalistes.

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