La rescapée de l’attaque terroriste de Barkan s’était cachée sous un bureau
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La rescapée de l’attaque terroriste de Barkan s’était cachée sous un bureau

Sara Vaturi, blessée à l'estomac lors de l'attaque qui a coûté la vie à deux de ses collègues, dit qu'elle est persuadée que l'usine retournera bientôt à la normale

Sara Vaturi, qui a été blessée par balle mais a survécu à l'attaque terroriste meurtrière de Barkan, s'adresse aux journalistes le 8 octobre 2018. (Capture d'écran : Hadashot news)
Sara Vaturi, qui a été blessée par balle mais a survécu à l'attaque terroriste meurtrière de Barkan, s'adresse aux journalistes le 8 octobre 2018. (Capture d'écran : Hadashot news)

Une Israélienne qui a été blessée par balle lors de l’attentat terroriste meurtrier perpétré dimanche matin dans le parc industriel de Barkan, dans le nord de la Cisjordanie, a déclaré avoir survécu en se cachant sous un bureau, blessée, lorsque le tueur est revenu dans son bureau après avoir tué deux de ses collègues de travail.

« Je suis venue travailler le matin comme d’habitude, j’ai dit bonjour à tout le monde », a déclaré Sara Vaturi, 54 ans, lundi, aux journalistes depuis son lit d’hôpital après que son état s’est considérablement amélioré.

Elle a dit qu’elle avait compris que quelque chose n’allait pas et est sortie de son bureau en pensant que quelqu’un ne se sentait pas bien.

Mais elle s’est retrouvée devant Ashraf Walid Suleiman Naalowa, 23 ans, après qu’il a menotté et tué Kim Levengrond Yehezkel, 28 ans, et avant de tuer par balles Ziv Hajbi, 35 ans. Les trois étaient ses collègues à l’usine du Groupe Alon.

Ashraf Walid Suleiman Naalowa, un Palestinien soupçonné d’avoir perpétré un attentat terroriste meurtrier le 7 octobre 2018 dans la zone industrielle de Barkan au nord de la Cisjordanie. (Autorisation)

« Il m’a tiré dessus », raconte Vaturi, qui a été blessée à l’estomac. « Je me suis enfuie dans mon bureau, je suis passée sous le bureau, j’ai posé une main sur ma blessure, j’ai réalisé que je saignais et que tout ce que je pouvais faire, c’était respirer et que tout irait bien. Et puis j’ai entendu quatre ou cinq autres coups de feu très bruyants ».

« Je me suis recroquevillée sous le bureau, il est revenu à mon bureau, j’ai vu ses jambes, son jean et ses baskets. Au bout d’une seconde ou deux, il n’était plus là et il y avait un grand silence », a ajouté Vaturi.

Au bout de quelques minutes, dit-elle, deux magasiniers – Basel, un Palestinien, et Yogev, un Juif – sont arrivés et se sont occupés d’elle jusqu’à l’arrivée des ambulanciers qui l’ont emmenée à un hôpital.

« C’étaient des anges », dit-elle. « Heureusement, ils m’ont dit que je n’avais subi aucun dommage interne. La balle est entrée et sortie sans toucher les organes internes, et aujourd’hui je rentre chez moi. »

Vaturi a dit qu’elle n’avait jamais eu peur de travailler avec les Palestiniens dans le passé.

« J’ai travaillé avec des Arabes pendant de nombreuses années dans une ancienne usine ; je n’ai pas peur », dit-elle. « Malheureusement, ce n’est ni le premier ni le dernier attentat. A part pleurer mes amis qui ne sont plus parmi nous, je ne me considère pas comme une héroïne. J’ai eu de la chance ».

« Je me suis dit que s’il me trouvait, ce serait la fin », a-t-elle ajouté. « Je ne serais plus là. Heureusement, il était dans un état de confusion. Il n’a même pas regardé sous le bureau. »

Elle a évoqué ses deux collègues qui ont été tués dans l’attaque.

Kim Levengrond Yehezkel, 29 ans (à gauche) et Ziv Hajbi, 35 ans, tués dans un attentat terroriste dans la zone industrielle Barkan en Cisjordanie, le 7 octobre 2018 (Capture d’écran : Facebook)

« Kim, une jeune maman, venait chaque matin à l’usine avec le sourire et me montrait des photos de son fils et me disait combien elle l’aimait. Tous les jours, c’était « Regarde, des chaussures neuves », ou « Le voilà dans la cour de récréation », ou « Le voilà à la garderie ». C’était tout simplement une jeune femme merveilleuse », raconte-t-elle.

« Ziv était père de trois enfants que j’ai connus pendant les vacances d’été quand il les a amenés ici. Un jeune homme merveilleux », dit-elle. « C’était notre comptable. Cela fait si mal ».

Vaturi a dit aux journalistes qu’elle avait hâte de retourner travailler.

« Bien sûr que je reviendrai travailler comme d’habitude. Je ne pense pas que tout le monde soit mauvais ou que tout le monde veuille nous faire du mal. C’est ainsi que se présente la situation dans notre pays », a-t-elle dit.

« La coexistence que nous avons eue ici résistera-t-elle à cela ? Je pense qu’il y aura deux ou trois semaines de questionnement, puis tout va revenir à la normale. Nous travaillerons tous ensemble et tout ira bien. C’est ce que je souhaite. J’espère que cela se réalisera. Je ne suis pas inquiète. »

Naalowa a tiré dans le parc industriel, près de la ville d’Ariel, avec une mitraillette de type Carlo produite localement, selon l’armée israélienne.

Il a menotté Levengrond Yehezkel et l’a tuée à bout portant. Il a ensuite tiré sur Vaturi dans l’estomac, la blessant modérément. Le terroriste a ensuite tiré et tué Ziv Hajbi, 35 ans.

Levengrond Yehehezkel était secrétaire du PDG, tandis que Hajbi travaillait à la comptabilité. Naalowa travaillait chez Alon Group en tant qu’électricien.

Naalowa, du village de Shuweika près de Tulkarem, a pris la fuite, ce qui a déclenché des recherches à grande échelle dans la région et le déploiement de soldats supplémentaires en Cisjordanie pour empêcher des attaques par réplique, a dit l’armée. Les forces de sécurité ont arrêté le frère et la sœur de Naalowa lundi matin.

Levengrond Yehehezkel a été enterrée dans sa ville natale de Rosh Haayin dans le centre d’Israël dimanche soir. Elle laisse dans le deuil son mari et un fils de 15 mois.

Les funérailles de Hajbi ont eu lieu lundi après-midi dans la ville de Nir Yisrael, dans le sud du pays.

Les entreprises du parc industriel de Barkan, situé près d’Ariel, emploient quelque 8 000 personnes, dont environ la moitié sont israéliennes et l’autre moitié palestiniennes.

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

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