Israël en guerre - Jour 292

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Barkat lance un ultimatum aux groupes alimentaires qui ont relevé leurs prix

Le ministre de l'Économie leur donne 72 heures pour annuler les hausses ou être "blacklistés" pour "coordination illégale des prix"

Le ministre de l'Économie Nir Barkat s’exprimant à la Knesset, à Jérusalem, le 6 décembre 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre de l'Économie Nir Barkat s’exprimant à la Knesset, à Jérusalem, le 6 décembre 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre de l’Économie Nir Barkat a lancé un ultimatum lundi aux entreprises alimentaires israéliennes qui ont augmenté leurs prix depuis l’assaut terroriste du Hamas du 7 octobre et la guerre qui s’en est suivie. Il les a averties qu’elles seraient désignées publiquement sur une « liste noire » si elles ne revenaient pas sur leur décision.

Qualifiant cette mesure « d’humiliation publique réglementaire », Barkat a également laissé entendre que les groupes semblaient avoir agi de manière concertée pour fixer leurs prix, violant ainsi les lois sur les monopoles.

Un certain nombre de représentants de l’industrie ont critiqué Barkat, affirmant que la faute incombe au gouvernement, qui fait monter les prix en imposant des charges sur les importations et d’autres secteurs de la chaîne de production alimentaire, charges qu’il pourrait réduire au profit du consommateur. D’autres ont souligné le nombre de ministères gouvernementaux que les critiques jugent superflus.

Parmi les entreprises qui ont augmenté leurs prix de manière substantielle depuis le début de la guerre, on peut citer Tnuva, Osem et Strauss, qui ont augmenté le prix de certains articles de 25 % en janvier.

Dans une lettre adressée à une liste de grandes entreprises de fabrication de produits alimentaires, Barkat a écrit : « À notre grand étonnement à tous, en ces temps de guerre, nous assistons à des augmentations de prix de produits alimentaires pratiquées par de grandes entreprises, des fournisseurs et des détaillants, dans un effort presque parfaitement coordonné. »

Il a déploré ne pas avoir les pouvoirs du commissaire à la concurrence, « qui, à mon avis, pourrait mettre un terme à l’augmentation des prix qui semble s’être produite ‘simultanément’, par une main invisible ».

Des personnes achetant des produits laitiers au supermarché Shufersal Deal, à Katzrin, le 28 novembre 2022. (Crédit : Michael Giladi/Flash90)

Barkat a ajouté qu’il était regrettable que ses appels à un gel des prix jusqu’à la fin de la guerre aient été ignorés, et a accusé les entreprises de « cracher au visage des consommateurs qui vous sont loyaux et qui enrichissent vos caisses et vos poches ».

Il a averti les entreprises qu’elles avaient 72 heures pour annuler les hausses de prix, et que toute entreprise qui ne le ferait pas serait inscrite sur une liste noire publique.

On ignore quelles entreprises figurent sur la liste et quel impact celle-ci pourrait avoir, mais Barkat a déclaré qu’elle serait rendue publique afin que les consommateurs israéliens puissent en juger par eux-mêmes.

Le ministre a également déclaré qu’il examinait diverses mesures susceptibles d’empêcher les entreprises de reproduire ce scénario à l’avenir.

Barkat a indiqué qu’il rejetait les explications données par les entreprises pour justifier l’augmentation des prix, affirmant que la guerre en cours l’emportait sur d’autres considérations, en particulier « lorsque, dans la plupart des cas, elles en viennent à augmenter leur marge bénéficiaire aux dépens du public ».

Quelques heures après l’envoi de la lettre de Barkat, la société Shamir Salads a annoncé qu’elle annulait sa hausse de prix.

Le président de l’Association des fabricants israéliens, Ron Tomer, a déclaré dans un communiqué qu’il avait « honte » du gouvernement qui, selon lui, était responsable de l’augmentation du coût de la vie au cours des sept dernières années en raison des hausses des tarifs de l’eau, de l’électricité, du carburant et de l’impôt foncier.

Il a ajouté que le gouvernement aurait suffisamment de liquidités s’il ne soutenait pas « dix ministères inutiles ».

Ron Tomer, président de l’Association des fabricants israéliens. (Crédit : Sivan Farig)

En ce qui concerne les coûts de fabrication, Ron Tomer a déclaré ne pas douter du fait que si « le gouvernement n’avait pas augmenté les taux sur tous les comptes dont il est responsable, cela aurait eu un effet positif sur le prix final pour le consommateur ».

Il a appelé le gouvernement à baisser les prix de la taxe foncière, de l’électricité, du carburant, de l’eau et « la chaîne des augmentations de prix dont il est responsable » afin de « contribuer de manière significative à la réduction du coût de la vie en Israël, qui affecte tous les citoyens ».

Uriel Lynn, président de la Fédération des chambres de commerce israéliennes, a déclaré à Ynet que l’approche de Barkat était « regrettable » et qu’il existait des lois définissant clairement les outils dont dispose le ministère de l’Économie pour contrôler les prix.

« Avant de proférer des menaces, il serait bon d’analyser et d’examiner précisément les raisons des augmentations de prix », a-t-il déclaré. « Cette analyse ne semble pas encore avoir été effectuée au sein du ministère de l’Économie. »

Il a également insisté sur le fait « qu’il est toujours désirable que le gouvernement examine en premier lieu le rôle direct qu’il joue dans la hausse des prix dans l’économie ».

La guerre a éclaté le 7 octobre lorsque le groupe terroriste palestinien du Hamas a lancé un assaut meurtrier contre Israël, faisant près de 1 200 morts, pour la plupart des civils. Israël a répondu par une campagne militaire visant à éliminer le Hamas, à le chasser du pouvoir à Gaza et à libérer les 253 otages enlevés lors de l’attaque et emmenés à Gaza. 136 otages seraient encore détenus dans l’enclave, dont le plus jeune a un an.

Un sondage publié par l’Israel Democracy Institute (IDI) l’année dernière, avant le début de la guerre, a révélé que la principale préoccupation du public israélien était le coût élevé de la vie. Deux tiers des personnes interrogées ont estimé que le prix des denrées alimentaires était le facteur le plus important, la moitié a mis en cause le coût du logement et 29 % la fiscalité indirecte.

Selon la majorité des personnes interrogées, le coût élevé de la vie est imputable à l’inaction des pouvoirs publics. Selon les résultats de l’enquête, 27 % seulement accusent les géants de la distribution et 3 à 4 % attribuent la responsabilité aux producteurs locaux, aux importateurs ou aux chaînes de supermarchés.

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