Benjamin Netanyahu sera dimanche au Tchad, une première
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Benjamin Netanyahu sera dimanche au Tchad, une première

Lors d'un voyage d'une journée à N'Djamena, le Premier ministre et le dirigeant de l'Etat africain à majorité musulmane, Déby, officialiseront la reprise des relations après 47 ans

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) serre la main du Président tchadien Idriss Déby lors de leur conférence de presse conjointe à Jérusalem, le 25 novembre 2018. (Ronen Zvulun/Pool/AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) serre la main du Président tchadien Idriss Déby lors de leur conférence de presse conjointe à Jérusalem, le 25 novembre 2018. (Ronen Zvulun/Pool/AFP)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu se rendra dimanche à N’Djamena, la première visite d’un chef de gouvernement israélien dans ce pays africain à majorité musulmane avec lequel Israël s’apprête à renouer, ont annoncé ses services jeudi.

Cette visite, qui ne devrait durer qu’une journée, fait suite à celle du président tchadien Idriss Déby Itno en Israël en novembre.

M. Netanyahu avait alors dit son intention d’annoncer le rétablissement des relations diplomatiques entre Israël et le Tchad lors d’un prochain voyage à N’Djamena.

Au cours de son voyage d’une journée dimanche à N’Djamena, la capitale du pays d’environ 15 millions d’habitants, M. Netanyahu rencontrera le président tchadien Idriss Déby pour une rencontre et une déclaration officielle des deux dirigeants sur le rétablissement des relations diplomatiques, qui ont été rompues il y a 47 ans.

En novembre, Déby a effectué une visite surprise en Israël, au cours de laquelle il s’est dit intéressé par le rétablissement de relations diplomatiques complètes. Alors qu’il quittait le pays après un voyage de trois jours, au cours duquel il a également visité le mémorial de la Shoah de Yad Vashem à Jérusalem, Netanyahu a promis de se rendre « bientôt » dans la capitale pour rétablir des liens officiels.

« Les relations entre nos deux pays ont été rompues en 1972 pour des raisons historiques spécifiques, mais nos relations spécifiques ont continué tout ce temps », avait alors déclaré Déby, qui dirige le Tchad depuis 1990.

Les dirigeants israéliens et tchadiens ont reconnu que les contacts clandestins se sont poursuivis même après que les relations ont été rompues.

« La visite que nous effectuons actuellement dans votre beau pays exprime notre désir de reprendre les relations qui existaient depuis toujours et de les renforcer », avait déclaré Déby.

M. Netanyahu est engagé dans une campagne active pour nouer ou renouer des liens, y compris en Afrique, avec des pays refusant de reconnaître Israël ou ayant pris leurs distances à cause du conflit avec les Palestiniens.

« La reprise des relations diplomatiques avec votre pays, à laquelle j’aspire, ne nous fait pas ignorer la question palestinienne », a poursuivi Déby. « Mon pays est profondément attaché au processus de paix et a contribué à l’initiative de paix arabe, aux négociations de Madrid et aux accords existants. »

En novembre, Benjamin Netanyahu et Idriss Déby Itno avaient refusé de dire si leurs discussions incluaient des accords d’armement.

Pour faire face à des rébellions dans le nord et l’est du pays, l’armée tchadienne et l’Agence nationale du renseignement se sont équipées de matériels militaires israéliens, avaient cependant indiqué à l’AFP des sources sécuritaires tchadiennes.

Le Tchad est l’un des Etats africains engagés dans la lutte contre les organisations jihadistes Boko Haram et Etat islamique en Afrique de l’Ouest. A ce titre, il a reçu en novembre des Etats-Unis, grand allié d’Israël, des véhicules et navires militaires d’une valeur de 1,3 million de dollars (environ 1,15 million d’euros).

Le Tchad est situé à un endroit potentiellement important sur le plan stratégique pour Israël, car il pourrait permettre aux avions israéliens de réduire de plusieurs heures les trajets aériens vers l’Amérique latine (bien que pour cela, Israël devrait également obtenir des droits de survol du Soudan, ce qui ne semble pas envisageable pour l’instant).

La pression des nations africaines musulmanes, accentuée par les guerres israélo-arabes de 1967 et de 1973, ont conduit un certain nombre d’Etats africains à rompre avec l’Etat hébreu.

La République du Tchad a coupé les liens diplomatiques avec Jérusalem en 1972. Près de 15 millions de personnes vivent aujourd’hui au Tchad, dont 55 % sont musulmans. Environ 40 % sont chrétiens.

Mais ces dernières années, Israël a offert des perspectives de coopération dans des domaines allant de la sécurité à la technologie, en passant par l’agriculture, afin de développer ses relations sur le continent africain.

Au cours des deux dernières années, Netanyahu s’est rendu trois fois en Afrique, au Kenya, au Rwanda, en Éthiopie, en Ouganda et au Libéria.

Il fait régulièrement le vœu d’étendre ses liens avec tous les pays du continent, y compris ceux qui n’ont pas de relations diplomatiques avec Israël.

En juillet 2016, la République de Guinée, petit pays d’Afrique de l’Ouest à majorité musulmane, a renoué des relations diplomatiques avec Israël, après avoir coupé ses liens avec l’État juif en 1967. Depuis lors, M. Netanyahu a rencontré des dirigeants d’autres États africains à majorité musulmane, tels que le Mali et la Somalie.

Le Président Idriss Deby du Tchad (à gauche) est accueilli à l’aéroport Ben Gurion par le ministre de la Coopération régionale Tzachi Hanegbi (C) et le conseiller pour la sécurité nationale Meir Ben Shabbat, le 25 novembre 2018. (Avi Hayon/Ministère des Affaires étrangères)

M. Netanyahu, qui est également ministre des Affaires étrangères, prévoit actuellement au moins une autre visite à l’étranger avant les élections à la Knesset du 9 avril.

Fin mars, Netanyahu devrait se rendre à Washington pour participer à la conférence annuelle de l’AIPAC. Il devrait également rencontrer le président américain Donald Trump et pourrait même être invité à un dîner officiel à la Maison Blanche.

Jeudi, le Premier ministre a annulé sa visite éclair la semaine prochaine à Davos, en Suisse, où il devait assister au Forum économique mondial.

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