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Bennett et Macron s’accordent pour gérer le scandale NSO « de manière discrète »

Le groupe NSO a toujours nié que le président français figurait parmi les cibles de ses clients

Le Premier ministre Naftali Bennett (à gauche) rencontre le président français Emmanuel Macron lors du sommet climatique de l'ONU COP26 à Glasgow, en Écosse, le 1er novembre 2021. (Crédit : Haim Zach/GPO)
Le Premier ministre Naftali Bennett (à gauche) rencontre le président français Emmanuel Macron lors du sommet climatique de l'ONU COP26 à Glasgow, en Écosse, le 1er novembre 2021. (Crédit : Haim Zach/GPO)

GLASGOW, Écosse – Le Premier ministre Naftali Bennett s’est entretenu avec le président français Emmanuel Macron au sujet du scandale du logiciel espion NSO lors d’une réunion privée lundi après-midi en marge du sommet climatique COP26 à Glasgow.

« M. Bennett a évoqué le dossier NSO lors de sa rencontre avec le président Macron. Les deux dirigeants se sont entendus sur le fait que cette question doit continuer d’être traitée de manière discrète et professionnelle, et dans un souci de transparence entre les parties », a déclaré une source diplomatique à Jérusalem.

Le groupe NSO s’est retrouvé exposé cet été après des enquêtes publiées par un consortium de 17 médias internationaux, révélant que son logiciel Pegasus aurait permis d’espionner les numéros de journalistes, hommes politiques, militants ou chefs d’entreprises de différents pays.

Une fois installé dans un téléphone mobile, Pegasus permet d’espionner son utilisateur, accédant à ses messageries, ses données, ou activant l’appareil à distance à des fins de captation de son ou d’image.

Selon les informations du consortium, un numéro d’Emmanuel Macron, de l’ancien Premier ministre Edouard Philippe et de 14 membres du gouvernement figuraient dans la liste des numéros sélectionnés par un service de sécurité de l’Etat marocain.

Les téléphones mobiles d’au moins cinq ministres français et un diplomate rattaché à l’Elysée ont été infectés par le logiciel espion, avaient expliqué à l’AFP plusieurs sources proches du dossier.

Fin juillet, une délégation menée par le ministre israélien de la Défense Benny Gantz s’était rendue à Paris pour discuter du groupe NSO. Un haut responsable de NSO avait alors soutenu que le président Macron n’avait pas été ciblé.

Et le 22 octobre, l’Elysée avait fait état de discussions entre Emmanuel Bonne, proche collaborateur de M. Macron et Eyal Hulata, conseiller à la sécurité nationale de M. Bennett.

Selon le site spécialisé Axios, Eyal Hulata était venu à Paris pour faire des propositions pour tenter d’apaiser les tensions entre les deux pays après les révélations du volet français de l’affaire Pegasus.

Le groupe NSO avait nié que Macron figurait parmi les cibles de ses clients.

Dimanche, le groupe NSO a annoncé que son fondateur Shalev Hulio quittait son rôle de PDG pour devenir « président mondial » et vice-président du conseil d’administration. Il est remplacé par Isaac Benbenisti.

Le logiciel Pegasus doit, comme du matériel militaire, obtenir une licence d’exportation du ministère de la Défense israélien pour être vendu à un Etat étranger.

Les deux hommes ont aussi évoqué la question du programme nucléaire iranien et des dossiers bilatéraux, lors de cette rencontre « cordiale » et « chaleureuse », ont indiqué les services du Premier ministre israélien.

Il s’agissait de la première rencontre entre les deux dirigeants.

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