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Bennett jure aux chefs de la coalition que son gouvernement se maintiendra

Le parti islamiste Raam était absent de la réunion ; les leaders du parti ont nommé Boaz Toporovesky, député de Yesh Atid, comme chef temporaire de la coalition

Le Premier ministre Naftali Bennet dirige une rencontre du cabinet au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 8 mai 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Le Premier ministre Naftali Bennet dirige une rencontre du cabinet au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 8 mai 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le Premier ministre Naftali Bennett a rencontré dimanche les chefs de la coalition à Jérusalem pour préparer la prochaine session d’été à la Knesset alors que le gouvernement chancelle, au bord de l’effondrement après avoir perdu sa majorité à la Knesset.

Le Parlement israélien a repris ses activités lundi et les partis de l’opposition pourraient tenter dès mercredi de renverser la coalition de huit partis qui est actuellement au pouvoir, même s’il est incertain qu’ils bénéficient, pour ce faire, du nombre de votes nécessaire.

Au cours de la réunion de dimanche, les dirigeants des formations ont convenu « d’œuvrer à maintenir le gouvernement et la coalition dans l’intérêt des citoyens d’Israël », a dit un communiqué.

Ils ont aussi discuté d’un certain nombre de lois programmées pour la prochaine session de la Knesset, notamment de mesures visant à réduire le coût de la vie, du budget de l’État et des initiatives de lutte contre le crime dans les communautés arabes.

Grand absent de cette rencontre, le parti islamiste Raam qui a gelé sa participation à la coalition suite aux agitations et aux émeutes qui ont eu lieu sur le Mont du Temple de Jérusalem.

Le chef de la faction, Mansour Abbas, qui se trouve actuellement à l’étranger et n’a pas donc pas pu prendre part à la réunion, a écrit samedi sur Facebook que son parti déterminerait son positionnement sur le mont sur la base de celui du roi de Jordanie Abdallah II qui, a-t-il rappelé, est le tuteur légitime du lieu saint.

Connu sous le nom de Haram al-Sharif ou de mosquée al-Aqsa chez les musulmans, le Mont du Temple est le lieu le plus saint du Judaïsme et le troisième sanctuaire le plus sacré de l’Islam. Les tensions, sur le Mont du Temple, ont entraîné des affrontements violents, ces dernières semaines, des pressions croissantes de la part des alliés de l’État juif et des menaces de la part des terroristes du Hamas, accentuant également la crise qui ébranle actuellement la coalition israélienne au pouvoir.

Le leader de Raam, le député Mansour Abbas, lors de la conférence de l’INSS à Tel Aviv, le 11 avril 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/FLASH90)

La coalition, qui a pris le pouvoir au mois de juin dernier, ne dispose actuellement que de 60 sièges au parlement – soit la moitié très exactement des fauteuils au parlement, fort de 120 députés. Si Raam se retire de la coalition avec ses quatre sièges, le gouvernement se retrouvera alors en minorité.

Dans un entretien qui a été publié vendredi, Abbas a déclaré que son parti ne renverserait pas le gouvernement et qu’il travaillait avec la Jordanie pour trouver un moyen de résoudre les tensions sur le Mont du Temple.

Pendant la réunion de dimanche, les leaders des partis ont aussi convenu que le député Boaz Toporovsky, issu de Yesh Atid, occuperait temporairement le poste de chef par intérim de la coalition après le ralliement à l’opposition d’Idit Silman, législatrice élue sous l’étiquette Yamina, qui assumait cette fonction.

La coalition se trouve en état de survie depuis que Silman a privé le gouvernement de sa mince majorité à la Knesset.

Le membre du parti Yesh Atid Boaz Toporovsky en plénière de la Knesset, le 20 mai 2019. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Malgré le manque de majorité du gouvernement, il n’y a pas de moyen clair de déterminer quels députés pourraient remplacer la coalition, une situation boiteuse qui pourrait continuer jusqu’à ce qu’un nouveau scrutin soit organisé.

Bennett a évoqué la stabilité du gouvernement au cours de la réunion, mettant en garde contre les conséquences de sa dissolution.

« Le gouvernement doit pouvoir continuer à travailler de manière à ce que les entreprises affectées par la vague Omicron soient indemnisés, de manière à ce que les festivités organisées cette année pour Lag BaOmer sur le mont Meron aient lieu dans une sécurité optimale et qu’elles ne se terminent pas en une tragédie somme toute évitable », a-t-il dit.

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