Beyrouth va « documenter sérieusement » le désarmement du Hezbollah
Les responsables libanais, américains, saoudiens et français ont par ailleurs acté le principe de la tenue d'une conférence de soutien aux forces armées libanaises début 2026

Les forces armées libanaises vont « documenter sérieusement » leurs avancées en matière de désarmement du groupe terroriste chiite pro-Iran du Hezbollah, décision prise à l’issue de réunions jeudi à Paris en présence de responsables libanais, américains, saoudiens et français qui souhaitent écarter la menace de nouvelles représailles israéliennes.
Le désarmement du Hezbollah est prévu dans le cadre de l’accord de cessez-le feu qui a mis fin il y a plus d’un an à la guerre entre le mouvement pro-iranien et Israël.
Mais Israël accuse le Hezbollah de se réarmer avec l’aide de l’Iran et met en doute l’efficacité de l’armée libanaise, qui s’est engagée à démanteler d’ici la fin de l’année toutes les structures militaires du Hezbollah entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord.
Lors d’une série de réunions à Paris, le général libanais Rodolphe « Haykal a pu présenter les avancées de la mise en œuvre du plan de restauration du monopole de l’Etat libanais sur les armes », a indiqué Pascal Confavreux, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères lors d’une conférence de presse.
En outre, M. Haykal a fait état « des besoins précis des forces armées libanaises » pour continuer ce travail, a-t-il ajouté.
Du côté des partenaires libanais, l’appréciation collective est « positive » sur l’engagement des forces armées libanaises « et les sacrifices également consentis par ces forces armées libanaises dans cet effort », a-t-il encore relevé.
Pour autant, « il y a un consensus pour documenter sérieusement ces avancées et nous travaillons sur ce sujet dans le cadre du mécanisme » de surveillance du cessez-le-feu constitué des Etats-Unis et de la France.
C’est l’envoyé spécial du président français pour le Liban, Jean-Yves Le Drian, qui a dirigé les réunions qui se sont tenues en présence notamment d’Anne-Claire Legendre, la conseillère d’Emmanuel Macron pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, de l’envoyée spéciale des Etats-Unis Morgan Ortagus et de l’émissaire saoudien Yazid ben Farhane, selon plusieurs sources informées des discussions.
Jean-Yves Le Drian et Anne-Claire Legendre se sont tous deux rendus récemment à Beyrouth, où les craintes d’une nouvelle guerre lancée par Israël se sont accrues ces dernières semaines.
Côté libanais, on assure être en mesure d’achever le travail de désarmement du Hezbollah au sud du Litani, comme le prévoit l’accord de cessez-le-feu.
« Il y a effectivement cette date butoir du 31 décembre. Notre travail, c’est d’appuyer les efforts libanais pour qu’elle soit respectée », a souligné Pascal Confavreux. « Et s’il y a besoin de la repousser, les partenaires en discuteront », a-t-il ajouté sans « préempter leur décision, qui sera forcément prise dans les jours à venir ».
Mais pour l’heure, il faut documenter les actions conduites sur le terrain comme le démantèlement des caches d’armes et les réseaux de tunnels du Hezbollah pour crédibiliser et visibiliser les Forces armées libanaises auprès des Israéliens.
Le mécanisme de surveillance du cessez-le-feu prévoit que la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) peut contribuer à ce travail de documentation en accompagnant les forces libanaises sur le terrain, ont relevé deux sources ayant connaissance du dossier.
Les contingents français devraient ainsi participer à ce travail de documentation.
En outre, les participants ont acté le principe de la tenue d’une conférence de soutien aux forces armées libanaises début 2026.
« Les participants sont convenus de créer un groupe de travail tripartite chargé de préparer la conférence internationale en soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure, qui se tiendra en février 2026 », a indiqué l’Elysée dans un communiqué.
Avec en toile de fond, la volonté d’appuyer le Liban dans le recouvrement de sa souveraineté.







