Biden : Peres incarnait ‘l’âme et la conscience’ d’Israël
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Peres pensait que “nous pouvons être les artisans de notre propre destinée,” a dit Biden

Biden : Peres incarnait ‘l’âme et la conscience’ d’Israël

Lors d'une cérémonie rendant hommage à Peres à Washington, le vice-président s'est qualifié lui-même de sioniste et a vivement recommandé à la communauté juive et aux Israéliens de perpétuer l'héritage de l'ancien grand homme d'Etat

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Le vice-président américain Joe Biden rencontre l'ancien président Shimon Peres à Jaffa le 8 mars 2016. (Crédit : Centre Peres pour la paix)
Le vice-président américain Joe Biden rencontre l'ancien président Shimon Peres à Jaffa le 8 mars 2016. (Crédit : Centre Peres pour la paix)

WASHINGTON — Le vice-président américain Joe Biden a rendu hommage jeudi à l’ancien Premier ministre et président israélien, saluant en lui « la conscience et l’âme d’Israël ».

Lors d’un service national organisé à sa mémoire qui a eu lieu à la Congrégation Adas Israel, la plus grande synagogue conservatrice de Washington DC, Biden a comparé l’ancien homme d’Etat israélien aux pères fondateurs de l’Amérique, encourageant la communauté juive à poursuivre sa quête de paix.

L’événement, organisé par l’Ambassade israélienne et des organisations juives, était la première cérémonie d’hommage à Peres rassemblant la communauté juive communale aux Etats-Unis depuis son décès, le 28 septembre, des suites d’une attaque cérébrale survenue deux semaines auparavant.

Les funérailles de Peres qui ont eu lieu vendredi dernier au cimetière du mont Herzl avaient rassemblé des dizaines de leaders venus du monde entier, dont le président Barack Obama, venu à la tête d’une délégation de trente-trois responsables à l’occasion d’une visite de six heures en Israël, qui aura duré le temps de la cérémonie.

Le président américain Barack Obama pendant les funérailles d'État de l'ancien président israélien Shimon Peres au mont Herzl, à Jérusalem, le 30 septembre 2016. (Crédit : Emil Salman/Pool)
Le président américain Barack Obama pendant les funérailles d’État de l’ancien président israélien Shimon Peres au mont Herzl, à Jérusalem, le 30 septembre 2016. (Crédit : Emil Salman/Pool)

Obama lui-même avait pris la parole devant la Congrégation Adas à l’occasion du mois de l’Héritage juif américain en mai 2015. C’était toutefois la première fois, jeudi, qu’un président en exercice et un vice-président se tenaient côte à côte dans la synagogue historique.

Le vice-président a qualifié Peres d’exemple de « cette qualité indispensable du caractère israélien », soulignant son rôle dans le développement de l’état juif, la sécurité de son peuple et son engagement à faire la paix avec les voisins d’Israël.

Au cours de l’allocution, Biden s’est qualifié lui-même de “sioniste” et a rappelé l’époque où, dans sa carrière, il avait été critiqué pour s’être identifié comme tel. « Vous n’avez pas besoin d’être Juif pour être sioniste”, a-t-il expliqué.

Peres a démontré pourquoi Israël devait exister, a poursuivi Biden, et que son existence est “l’incarnation de ce pourquoi nous donnons corps à l’obligation sacrée du “Plus Jamais ça”.

Biden, évoquant le travail qu’il a effectué aux côtés de chaque Premier ministre israélien depuis Golda Meir, a déclaré que Peres resterait pour lui l’un des plus chers, citant “son engagement pour la valeur inhérente à chaque être humain”.

“Au coeur de l’hostilité extrême et de la division, Shimon a insisté sur le fait que chaque homme, chaque femme, chaque enfant, israélien ou palestinien, juif, chrétien ou musulman, que chacun avait le même droit à être traité avec dignité », a-t-il déclaré. « Je l’ai connu pendant 45 ans. Je ne l’ai jamais vu, dans la guerre ou dans la paix, dévier de cette certitude absolue qu’il avait en lui que chaque être humain méritait d’être traité avec dignité ».

Biden avait rencontré Peres pour la dernière fois au mois de mars, lorsqu’il s’était rendu au Centre pour la Paix qui porte son nom à Tel Aviv. Il a évoqué la manière dont Peres s’était entretenu des périls de la guerre, non en termes de bilan israélien mais bien de détresse des Palestiniens.

« Je ne veux pas les voir perdre encore une fois », lui avait expliqué Peres.

“Qui d’autre pourrait avoir dit ça ?,” a ajouté Biden.

Dans l’un des moments les plus émouvants de la cérémonie, Biden s’est référé à la poésie irlandaise, notamment celle de William Butler Yeats : « un sacrifice trop long peut faire d’un cœur une pierre », que Biden a adapté : « Une souffrance trop longue peut faire un coeur de pierre ».

“Ce n’était pas le cas de Shimon,” a déclaré Biden.

Sur un ton plus léger, Biden a souligné que l’amour de la poésie était l’une des choses que les Irlandais et les Juifs partageaient en commun, « au-delà du sentiment de culpabilité ».

Le vice-président a achevé son allocution en demandant à l’auditoire de perpétrer “l’héritage de Peres”, à l’instar du pape François.

Il a alors ajouté que : « Cette conviction que nous pouvons nous-mêmes déterminer notre propre destinée, c’est ce pourquoi Shimon Peres a toujours été si profondément connecté avec le peuple américain, juifs et non juifs, parce que finalement, la relation entre Israël et les Etats Unis, ce n’est pas les systèmes de défense ou l’assistance sécuritaire, c’est cette âme que nous partageons ensemble ».

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