Discours de Barack Obama aux funérailles de Shimon Peres
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« Shimon, toda raba, haver yakar »

Discours de Barack Obama aux funérailles de Shimon Peres

Le président américain a rendu hommage à son cher ami tout en rappelant la nécessité d'entreprendre rapidement des actions pour la paix

Le président américain Barack Obama a souligné vendredi aux obsèques de Shimon Peres à Jérusalem que la paix entre Israël et les Palestiniens dont rêvait le prix Nobel décédé mercredi restait un “chantier inachevé”.

M. Obama, au début de son éloge funèbre, a noté la présence exceptionnelle dans l’assistance du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas : elle est “le rappel que la paix est un chantier inachevé”, selon lui.

Il a souligné que Peres “nous a montré que la justice et l’espoir sont au cœur de l’idée sioniste. Une vie libre dans une patrie retrouvée. Une vie sûre dans un pays qui peut se défendre, par lui-même. Une vie pleine d’amitié avec les nations qui peuvent compter sur les alliés, toujours”.

“Ce fut la vie de Shimon Peres. Ceci est l’Etat d’Israël. Ceci est l’histoire du peuple juif au cours du siècle dernier.”

Obama a abordé la première vie de Peres, se référant à l’Holocauste et à la perte de ses parents.

“Et donc à un âge précoce, Shimon assiste à la cruauté des êtres humains que chacun peut infliger à l’autre… la folie particulière de l’antisémitisme, telle une tache dans l’Histoire.”

Obama raconte, « Shimon a dit : le message du peuple juif à l’humanité est que la foi et la morale peuvent triompher face à l’adversité ». Ajoutant que grâce à « sa foi il a trouvé sa maison, il a trouvé son but, il a trouvé le travail de sa vie ».

Obama est revenu sur l’adolescence de Peres « il était un adolescent lorsque son grand-père a été brûlé vivant par les Nazis dans la ville où il est né. La Synagogue où il priait est devenu un enfer. Le train qui l’a emmené vers la terre promise a également mené tant gens vers les camps de la mort ».

Cette compréhension l’a rendu vigilant, mais “son coeur ne s’est jamais endurci. Sa foi ne s’est jamais éteinte. Au contraire, il a élargi son imagination morale. Il lui a donné la capacité de voir chacun mériter de la dignité et du respect. Il a aidé à voir, pas seulement le monde comment il est, mais le monde comment il devrait être”, a dit Obama.

Obama a salué ce que Peres « a fait pour construire l’histoire d’Israël » avant de raconter : « Il a commencé dans le Kibbutz qu’il a créé avec son amour Sonia, il a travaillé pour construire une communauté modèle. Ben Gourion l’a appelé pour servir au sein de l’Etat-Major de la Haganah, pour s’assurer que le peuple juif disposait bien d’armements et de l’organisation nécessaire pour assurer leur liberté ».

Le président américain poursuit, « après l’indépendance, entouré d’ennemis qui reniaient l’existence d’Israël, l’enfant qui voulait être un « poète des étoiles » devint l’homme qui créa l’industrie de la défense israélienne, qui a conduit à la création d’une formidable force armée qui ont permis de gagner les guerres d’Israël ».

Obama a dit de Peres qu’il “a jeté les bases pour les formidables forces armées qui ont remporté les guerres d’Israël.”

“Son audace a envoyé des commandos israéliens à Entebbe” et a sauvé des Juifs d’Ethiopie et ses obligations d’homme d’Etat ont construit des liens avec d’autres pays, dit le président américain.

Peres “a fait des choix difficiles, pour faire reculer l’inflation”, dit-il, et a “transformé ce petit pays dans une plate-forme centrale de l’ère numérique.”

Les jeunes générations se souviennent de Peres pour des accords d’Oslo, a-t-il dit.

Obama affirme que les contributions de Peres sont “si fondamentales, si répandues, que peut-être parfois il pouvait être négligé.”

Obama a ainsi considéré que les jeunes générations pouvaient “entendre des critiques de la gauche qui a avancé que Shimon ne comprenait pas totalement les défauts de son pays, ou peut-être des critiques plus acerbes de la droite qui a estimé qu’il refusait de voir la terrible vérité du monde et l’a qualifié de « naïf ».

“Mais quoi qu’il partageait avec sa famille ou ses amis les plus proches, dans le monde, il a repoussé ses critiques. Et je sais de mes conversations avec lui, que sa quête de la paix n’a jamais été naïve ».

Chaque Yom HaShoah, nous lisons les noms des membres de sa famille qui ont péri. Dans son jeune âge, il avait nourri son village en travaillant dans les champs. La nuit tombée, il protégeait son village en transportant un fusil.

Obama dit que Peres a “compris à quel point la paix serait difficile” [à atteindre] dans une région où la jeunesse arabe a souvent appris à haïr.

Il était en colère et amusé d’entendre ses détracteurs le qualifier de désespérément naïf sur l’infrastructure de défense qu’il avait lui-même mise au point.

“Je ne crois pas qu’il était naïf. Mais il a compris de l’expérience durement acquise, que la véritable sécurité passe par la paix avec vos voisins”.

Obama : Peres appartient à la catégorie des “géants” comme Mandela

Le président américain Barack Obama a classé vendredi le prix Nobel de la paix Shimon Peres parmi “les géants du 20e siècle” comme le leader sud-africain Nelson Mandela, lors des obsèques de l’ancien président israélien à Jérusalem.

Obama a dit que Peres a vu la nécessité d’un Etat palestinien.

“Sur les difficultés de la diaspora, il a trouvé une place dans son cœur pour les autres qui ont souffert”, a dit Obama.

Nous les avons toutes gagnées, les batailles d’Israël, mais nous n’avons pas obtenu la plus grande victoire à laquelle nous aspirons tous : ne plus avoir besoin de gagner. Et, de la même manière qu’il comprenait la nécessité d’obtenir la paix, Shimon pensait que le caractère exceptionnel d’Israël était enraciné dans la fidélité du peuple juif, mais surtout dans la morale et la vision éthiques des préceptes de sa foi juive.

Le peuple juif n’est pas né pour diriger les autres peuples, disait Peres. Depuis le début, nous sommes contre le système maitre/serviteurs. Des difficultés de la diaspora, il a trouvé dans son cœur une place pour ceux qui souffrent. Il détestait passionnément les préjugés, comme quelqu’un qui en a déjà été la cible.

“Même face à des attaques terroristes, même après plusieurs échecs” dans les négociations, il insistait qu’en tant qu’êtres humains, les Palestiniens devaient être traités avec la même dignité que les juifs, il a reconnu l’auto-détermination des Palestiniens, dit le président américain.

“Il croyait que l’idée sioniste serait mieux protégée une fois que les Palestiniens auraient aussi leur propre état”, a-t-il dit.

Peres “n’a jamais vu son rêve de paix accompli. La région traverse une période chaotique. Les menaces sont toujours présentes. Et pourtant, il n’a pas cessé de rêver et il n’a pas cessé de travailler”.

« Au moment où je suis arrivé pour travailler avec Shimon, il était dans le crépuscule de sa vie, bien qu’il ne saurait l’admettre », poursuit Obama.

Obama a dit qu’il était le dixième président américain à “tomber en proie à ses charmes.”

“A bien des égards, il me rappelait d’autres géants du 20e siècle que j’ai eu l’honneur de rencontrer. Des hommes comme Nelson Mandela, des femmes comme sa majesté la reine Elizabeth”, a-t-il dit.

Obama ajoute : « En tant qu’Américains et les Israéliens, nous parlons souvent des liens indestructibles entre nos nations. Et, oui, ces obligations englobent des intérêts communs – une coopération vitale qui rend nos deux pays plus sûr. Mais aujourd’hui, on nous rappelle que les liens qui comptent le plus sont plus profonds. Ancrés dans une tradition judéo-chrétienne, nous croyons à la valeur irréductible de chaque être humain. Nos nations ont été construites sur cette idée. Ils ont été construits en grande partie par des idéalistes tenaces. Nos deux nations ont des défauts. Mais parce que nos fondateurs ont planté les graines de la démocratie, nous avons la capacité de poursuivre toujours un monde meilleur. Nous avons la capacité de faire ce qui est juste”.

Obama souligne encore, « l’histoire de Shimon, l’histoire d’Israël, l’expérience du peuple juif, je crois qu’elle est universelle. C’est l’histoire d’un peuple qui, au fil des siècles dans le désert, n’a jamais renoncé à ce désir humain fondamental de rentrer chez lui. C’est l’histoire d’un peuple qui a souffert de la botte de l’oppression et pourtant n’a jamais renoncé à croire en la bonté. C’est l’histoire d’un homme qui n’a jamais perdu espoir ».
“Il savait mieux que le cynique que si vous regardez sur l’arc de l’Histoire, les êtres humains ne doivent être remplis de peur, mais d’espoir.”

Peres “croit aux miracles, parce qu’en Israël, il a vu des miracles se réaliser.”

Obama : Peres est un rappel qu’Israël “n’a pas été construit par ces cyniques”

Obama a réaffirmé les liens et les points communs entre les États-Unis et Israël.

Obama a dit que les deux pays ont des défauts dans leur histoire, qu’ils sont hésitants à aborder. Mais étant donné que la démocratie y est une valeur inhérente depuis le début, « nous avons la capacité de faire ce qu’il faut. »

Obama raconte qu’il a partagé « un amour des mots, des livres et de l’histoire » avec Peres. Et peut-être, comme tous les politiciens, nous partagions une grande satisfaction à nous écouter parler.

Pour Obama, le sionisme est une histoire universelle.

Peres nous rappelle qu’Israël, comme les États-Unis, « n’a pas été construite par des cyniques ».

« Et Shimon Peres n’a jamais été cynique. »

Peres à accompli le travail « d’un millier d’hommes ».

Désormais, le processus de paix est entre les mains de la prochaine génération d’Israël et de des amis, a déclaré Obama

Il conclut par une citation biblique « vous choisirez la vie », en hébreu et en anglais.

« Shimon, toda raba, haver yakar, », dit-il en hébreu : « Shimon, merci beaucoup, cher ami. »

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