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Biden : « Seul le Seigneur tout-puissant pourrait m’obliger à me retirer de la course »

Insistant sur le fait qu'il est apte à se représenter, le président énumère les réalisations de son mandat dont "un plan de paix pour le Moyen-Orient qui est peut-être en train de porter ses fruits"

Le président américain Joe Biden lors d'une interview avec George Stephanopoulos sur ABC, le 5 juillet 2024. (Crédit : ABC ; utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur les droits d'auteur)
Le président américain Joe Biden lors d'une interview avec George Stephanopoulos sur ABC, le 5 juillet 2024. (Crédit : ABC ; utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur les droits d'auteur)

MADISON, Wisconsin – Le président des États-Unis Joe Biden, qui lutte pour assurer sa réélection, a profité d’une interview télévisée très attendue pour refuser à maintes reprises de se soumettre à une évaluation médicale indépendante qui montrerait aux électeurs qu’il est en mesure de briguer un nouveau mandat, tout en attribuant sa performance désastreuse lors du débat qui l’a opposé à Trump à un « mauvais passage » et en affirmant qu’il n’y a « aucune indication laissant penser à une quelconque maladie grave ».

Biden a expliqué à George Stephanopoulos, de la chaîne ABC, qu’il était soumis à un test cognitif tous les jours, en référence aux tâches qu’il doit accomplir quotidiennement dans le cadre d’un travail rigoureux. « Chaque jour, je suis soumis à ce test. Tout ce que je fais. Vous savez, non seulement je fais campagne, mais je dirige le monde. »

Biden, âgé de 81 ans, a réussi à mener à bien cet entretien de 22 minutes sans commettre de gaffe majeure susceptible de nuire davantage à sa candidature en péril, mais il est apparu peu probable qu’il parvienne à apaiser totalement les inquiétudes concernant son âge et son aptitude à assumer quatre années supplémentaires à la Maison Blanche, ainsi que sa capacité à vaincre Donald Trump en novembre.

Biden s’est retrouvé dans une impasse face à une faction non négligeable de son parti, à quatre mois du scrutin et à quelques semaines de la convention nationale du parti démocrate. Un feuilleton interminable qui pourrait favoriser les efforts de Biden pour rester dans la course en limitant les options du parti pour le remplacer. Mais il pourrait aussi détourner l’attention des initiatives essentielles qui sont prises actuellement visant à faire de ce scrutin de 2024 un référendum sur Trump.

Au cours de l’interview, Biden a insisté sur le fait qu’il n’était pas plus fragile qu’au début de sa présidence. Il a déclaré que ses médecins personnels procédaient à une « évaluation permanente » et qu’ils « n’hésitaient pas à me dire » si quelque chose n’allait pas.

« Puis-je courir le 100 mètres en 10 minutes ? Non. Mais je suis toujours en bonne forme », a affirmé Biden.

À la question « Êtes-vous le même homme aujourd’hui que lorsque vous avez pris vos fonctions il y a trois ans et demi ? », Biden a répondu : « En termes de succès, oui. »

« Je suis aussi celui qui a élaboré un plan de paix pour le Proche-Orient qui est peut-être en train de porter ses fruits », a-t-il ajouté au milieu d’une liste de ses réalisations, faisant référence au plan audacieux de son administration qui commence par la mise en œuvre d’un accord de cessez-le-feu et de libération d’otages par étapes entre Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas. Ce projet permettrait à l’Autorité palestinienne (AP) de reprendre le contrôle de Gaza avec l’aide d’alliés arabes, notamment l’Arabie saoudite, qui accepterait alors de normaliser ses relations avec Israël.

Le plan américain repose sur le fait qu’Israël accepte d’ouvrir la voie à un futur État palestinien et que l’État juif permettre à l’AP de jouer un rôle à Gaza, conditions que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a rejetées à de multiples reprises.

En ce qui concerne le débat, « je n’ai pas écouté mon instinct concernant la préparation », a reconnu Biden.

Biden a laissé entendre que les perturbations provoquées par Trump – à quelques mètres de lui – l’avaient troublé : « Je me suis rendu compte que même lorsque je répondais à une question et que son micro était coupé, il continuait à crier et je me suis laissé distraire. Je n’en suis pas responsable. Mais je me suis rendu compte que je ne contrôlais pas la situation. »

Biden a parfois divagué au cours de l’interview, qui a été diffusée dans son intégralité et sans montage, selon ABC. À un moment donné, il a commencé à expliquer sa performance lors du débat, puis a dévié vers un sondage du New York Times, avant de revenir sur les mensonges proférés par Trump au cours de la discussion. Biden a également indiqué que la « vague rouge » des élections de mi-mandat se produirait en 2020 plutôt qu’en 2022.

Interrogé sur la manière dont il pourrait renverser la course, Biden a affirmé que l’une des clés serait des rassemblements importants et énergiques comme celui qu’il a tenu vendredi dans le Wisconsin. Lorsqu’on lui a rappelé que Trump attirait régulièrement des foules plus importantes, le président s’en est pris à son adversaire.

« Trump est un menteur pathologique », a déclaré Biden, accusant Trump d’avoir mal géré la réponse fédérale à la pandémie de COVID-19 et de ne pas avoir créé d’emplois. « Vous avez déjà vu quelque chose que Trump a fait qui a profité à quelqu’un d’autre et pas à lui ? »

L’interview, associée à une campagne de week-end dans le Wisconsin et la Pennsylvanie, fait partie des efforts rigoureux déployés par Biden pour corriger le tir après sa performance difficile lors du débat. Mais les frustrations internes au parti continuent de s’envenimer, avec un sénateur démocrate influent qui travaille actuellement sur une toute nouvelle initiative qui vise à encourager le président à se retirer de la course et avec des démocrates qui discutent discrètement de la prochaine étape si le président devait se retirer – ou de ce que cela signifierait s’il restait en lice.

« C’est au président Biden de décider s’il reste ou non dans la course. Les électeurs ont choisi notre candidat et ils l’ont choisi », a déclaré Ro Khanna, député de Californie et membre du comité consultatif national de la campagne de Biden. « Maintenant, il doit prouver à ces électeurs qu’il est à la hauteur de la tâche et cela nécessitera plus que cette seule interview. »

Un démocrate qui a assisté à l’entretien a déclaré qu’il avait trouvé Biden encore fragile dans des conditions contrôlées et a prédit que d’autres l’appelleraient à quitter la course.

Pourtant, dans le Wisconsin, le président s’est attaché à prouver qu’il était capable d’exercer un second mandat. Lorsqu’on lui a demandé s’il allait arrêter sa campagne, il a répondu aux journalistes qu’il « excluait totalement cette possibilité » et qu’il était « certain » de pouvoir effectuer un nouveau mandat de quatre ans. Lors d’un rassemblement devant des centaines de partisans, il a reconnu sa piètre performance lors du débat, mais a insisté : « Je me présente et je vais gagner à nouveau. »

Si l’angoisse des parlementaires, donateurs et stratèges démocrates est profonde depuis le débat, la plupart des membres du parti ont gardé le silence en attendant de voir si le président parviendra à rétablir la confiance grâce à ses déplacements du week-end et à la façon dont il a géré l’entretien. Les principaux responsables de la campagne de Biden ont envoyé des SMS aux législateurs pour les encourager à s’abstenir de tout commentaire public sur la situation et à donner au président une chance de répondre, selon un démocrate qui a accepté l’anonymat pour discuter de la situation.

À cette fin, le sénateur Mark Warner a contacté ses collègues sénateurs tout au long de la semaine pour discuter de l’opportunité de demander à Biden de se retirer de la course, selon trois personnes au fait de cette démarche qui ont requis l’anonymat pour parler de conversations privées.

L’ancien président américain Donald Trump (à gauche) débattant avec le président Joe Biden (à droite) avant l’élection présidentielle américaine de 2024, le 27 juin 2024. (Crédit : Capture d’écran via YouTube)

Les démarches du démocrate de Virginie sont notables compte tenu de sa présidence de la commission sénatoriale du renseignement et de sa réputation. En effet, ce législateur soutient Biden et il entretient des relations de travail avec ses collègues des deux partis. La démarche de Warner a été rapportée pour la première fois par le Washington Post.

La stratégie reste fluide. L’une des personnes ayant connaissance des efforts de Warner a déclaré qu’il y avait suffisamment de sénateurs démocrates préoccupés par la capacité de Biden à se représenter pour prendre des mesures, bien qu’il n’y ait pas encore de consensus sur la nature de ces mesures. Certains sénateurs démocrates pourraient se réunir dès lundi pour décider de la marche à suivre.

Les principaux démocrates des commissions de la Chambre des représentants prévoient de se réunir virtuellement dimanche pour discuter de la situation, selon une personne familière de la réunion qui a accepté l’anonymat pour en parler.

Au moins quatre démocrates de la Chambre des représentants ont demandé que Biden renonce à son poste de candidat. Sans aller aussi loin, la gouverneure du Massachusetts, Maura Healey, a déclaré vendredi, dans un communiqué soigneusement rédigé, que Biden devait maintenant prendre une décision sur « la meilleure façon d’aller de l’avant ».

« Je l’exhorte à écouter le peuple américain et à évaluer soigneusement s’il reste notre meilleur espoir de vaincre Donald Trump », a assuré Healey.

Dans l’interview, on a demandé à Biden comment il pourrait être convaincu de se retirer de la course. Il a répondu en riant : « Si le Seigneur tout-puissant vient me le dire, je le ferai peut-être. »

Quelques signes de mécontentement ont également été observés lors du meeting de campagne de Biden vendredi, une personne sur scène ayant brandi une pancarte sur laquelle on pouvait lire « Passez le flambeau Joe » lorsque le président est sorti. Son cortège a également été accueilli par quelques personnes lui demandant de passer à autre chose.

Mais Rebecca Green, une scientifique de l’environnement de 52 ans originaire de Madison, a déclaré qu’elle avait trouvé l’énergie de Biden rassurante. « Nous attendions simplement qu’il se montre à nouveau fort et combatif, comme nous savons qu’il l’est. »

Le président Joe Biden s’exprimant lors d’un meeting de campagne, à la Sherman Middle School, à Madison, dans le Wisconsin, le 5 juillet 2024. (Crédit : Morry Gash/AP)

De nombreux législateurs démocrates, qui reçoivent des nouvelles de leurs électeurs pendant la semaine de congés, sont profondément frustrés et divisés sur la question de savoir si Biden doit rester ou partir. En privé, les discussions entre les démocrates de la Chambre des représentants se sont enflammées cette semaine lorsque la rumeur s’est répandue que certains d’entre eux étaient en train de rédiger des lettres publiques suggérant que le président devait quitter la course.

Biden semble s’être rapproché de sa famille tout en essayant de prouver qu’il reste la meilleure option pour les démocrates.

L’omniprésence de Hunter Biden dans la West Wing depuis le débat est devenue une dynamique inconfortable pour de nombreux membres du personnel, selon deux démocrates proches de la Maison Blanche qui ont requis l’anonymat pour discuter de ce sujet sensible.

Pour de nombreux collaborateurs, le fait de voir Hunter Biden, quelques semaines seulement après sa condamnation pour port d’arme, jouer un rôle plus important dans le conseil de son père a été déstabilisant et un choix discutable, ont-ils déclaré.

Le président américain Joe Biden (au centre) et son fils Hunter Biden (à droite) quittant l’église catholique St. Edmond, à Rehoboth Beach, dans le Delaware, le 1er juin 2024. (Crédit : Susan Walsh/AP)

Lors d’une réunion organisée à la hâte avec plus de 20 gouverneurs démocrates mercredi soir, Biden a reconnu qu’il devait dormir davantage et limiter les événements en soirée afin d’être reposé pour son travail. La secrétaire de presse de la Maison Blanche, Karine Jean-Pierre, a tenté d’expliquer ces propos en soulignant que Biden « travaille 24 heures sur 24 » mais qu’il « reconnaît également l’importance de trouver un équilibre et de prendre soin de lui-même ».

Le gouverneur du Kentucky, Andy Beshear, qui a assisté à la réunion, a déclaré que Biden « s’est certainement engagé avec nous sur des questions compliquées ».

« Mais encore une fois, c’est un sujet sur lequel il doit non seulement rassurer les gouverneurs démocrates, mais aussi le peuple américain », a souligné Beshear.

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