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Blinken : Ryad exige des mesures en faveur d’une solution à 2 États

Le secrétaire d'État a déclaré que les Saoudiens ont clairement indiqué que la composante palestinienne était essentielle

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken, lors d'une conférence de presse conjointe avec le ministre saoudien des Affaires étrangères après une réunion ministérielle de la Coalition mondiale pour vaincre l'État islamique, à Ryad, le 8 juin 2023. (Crédit : Ahmed Yosri/Pool/AFP)
Le secrétaire d'État américain Antony Blinken, lors d'une conférence de presse conjointe avec le ministre saoudien des Affaires étrangères après une réunion ministérielle de la Coalition mondiale pour vaincre l'État islamique, à Ryad, le 8 juin 2023. (Crédit : Ahmed Yosri/Pool/AFP)

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a déclaré mercredi que l’Arabie saoudite avait fait savoir aux États-Unis que la promotion d’une solution à deux États au conflit israélo-palestinien était une composante essentielle d’un accord de normalisation potentiel que Washington négocie entre Ryad et Jérusalem.

Ces derniers mois, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a insisté sur le fait que la question palestinienne n’était pas aussi importante pour l’Arabie saoudite que beaucoup pourraient le croire et qu’elle n’avait pas été un élément significatif des négociations de normalisation que Ryad avait menées avec Washington.

Dans un entretien accordé au podcast Pod Save the World, Blinken a répété la position de l’Administration Biden selon laquelle les efforts visant à étendre les Accords d’Abraham ne peuvent se substituer à la paix israélo-palestinienne.

« Selon nous, cela doit impliquer une solution à deux États », a-t-il déclaré.

« Il ressort également clairement de ce que nous disent les Saoudiens que si ce processus [de normalisation d’Israël] doit aller de l’avant, le volet palestinien sera également très important », a poursuivi Blinken. « Il s’agit clairement d’un élément important pour les Saoudiens dans le cadre de tout éventuel accord. Ce serait également important pour nous. »

Le principal collaborateur de Netanyahu, le président du Conseil de Sécurité nationale Tzahi Hanegbi, a déclaré lundi qu’Israël « soutenait une composante palestinienne significative dans l’accord avec l’Arabie saoudite », tout en précisant que toute concession israélienne dans ce domaine ne pouvait se faire au détriment de la sécurité.

Mais il a été rapidement rabroué par le ministre d’extrême-droite des Finances, Bezalel Smotrich, qui a déclaré que Hanegbi ne parlait pas au nom de la majorité du gouvernement, qui s’oppose aux concessions faites aux Palestiniens.

Le dirigeant de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, à gauche, rencontrant le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane, dans la ville portuaire saoudienne de Jeddah, le 19 avril 2023. (Crédit : Wafa)

Smotrich et le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, se sont également empressés de critiquer Netanyahu mercredi pour avoir accepté de transférer des véhicules blindés à l’Autorité palestinienne (AP) – une mesure soutenue par les services de sécurité israéliens, qui considèrent Ramallah comme un partenaire dans la lutte contre les activités terroristes en Cisjordanie.

Le degré de rejet d’un transfert relativement marginal qui a été approuvé à maintes reprises ces dernières années par les gouvernements précédents met en évidence la faible marge de manœuvre dont disposera Netanyahu au sein de sa coalition actuelle pour faire des concessions aux Palestiniens dans le cadre d’un accord de normalisation avec l’Arabie saoudite.

Mercredi, Blinken a également été pressé d’expliquer pourquoi l’Administration Biden dépense autant de capital politique pour soutenir les dirigeants d’Israël et d’Arabie saoudite, avec lesquels Washington est en désaccord en ce qui concerne leur bilan en matière de protection des principes démocratiques et des droits de l’Homme.

Le secrétaire d’État a répondu. « Il ne s’agit pas de dirigeants ou de gouvernements individuels. Il s’agit du fond du problème et de la question de savoir si nous pouvons faire progresser un monde un peu plus pacifique, un peu plus prospère et un peu plus riche en opportunités. »

« Il ne fait, pour moi, aucun doute que si nous pouvions contribuer à la normalisation entre Israël et l’Arabie saoudite, le monde irait dans cette direction », a-t-il ajouté. « Nous avons connu des troubles extraordinaires dans cette partie du monde depuis au moins 1979 (…). S’éloigner de cela, avoir des dynamiques plus modératrices et inclusives pour faire avancer les choses (…) serait un changement profond pour le bien – un changement qui ne serait pas lié à un gouvernement spécifique mais aux intérêts fondamentaux des pays impliqués. »

« Si le premier pays musulman du monde fait la paix avec Israël, cela aura des effets bénéfiques bien au-delà de la région », a déclaré Blinken.

La semaine dernière, l’Arabie saoudite a accueilli des délégations de hauts fonctionnaires de Washington et de Ramallah pour discuter d’un éventuel accord de normalisation.

Des Palestiniens brûlant des photos du prince héritier émirati Mohammed bin Zayed al-Nahyan,en haut, et du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, lors d’une manifestation contre l’accord entre les Émirats arabes unis et Israël visant à normaliser les relations diplomatiques, à Ramallah, en Cisjordanie, le 15 août 2020. (Crédit : Abbas Momani/AFP/Dossier)

Plutôt que de boycotter le processus comme elle l’a fait lors des précédentes négociations de normalisation, l’AP s’engage auprès des parties concernées, dans le but de tirer parti d’un accord potentiel afin de renforcer sa position.

Elle a notamment présenté une série de mesures qu’elle souhaiterait obtenir des États-Unis, de l’Arabie saoudite et d’Israël dans le cadre des négociations de normalisation, mais qui sont loin de répondre à la demande d’un État à part entière. Cette dernière exigence a historiquement servi de veto efficace à la normalisation des liens entre les alliés du Moyen-Orient et Israël, et le monde arabe l’a longtemps soutenue. Toutefois, sa pertinence a subi un coup dur en 2020, lorsque l’Administration Trump avait réussi à convaincre les Émirats arabes unis, le Bahreïn et le Maroc de normaliser leurs liens avec Israël, en l’absence d’une solution fondée sur la coexistence de deux États.

Après le voyage de la délégation américaine à Ryad, l’un de ses principaux membres, la secrétaire d’État adjointe aux affaires du Proche-Orient Barbara Leaf, s’est rendue en Israël pour informer les responsables des négociations sur la normalisation.

Les parties reprendront probablement les négociations la semaine prochaine, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.

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