Bobigny: 9 ans après la mort d’un vigile, nouveau procès pour un accusé en fuite
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Bobigny: 9 ans après la mort d’un vigile, nouveau procès pour un accusé en fuite

Dan Lampel, 29 ans, qui avait fui en Israël, a affirmé "regretter" et "vouloir dire toute la vérité" ; il a dénoncé une "instrumentalisation" de son premier procès par Dieudonné

Illustration : des livres de droit et un marteau de juge. (Crédit : Pixabay)
Illustration : des livres de droit et un marteau de juge. (Crédit : Pixabay)

Condamné à neuf ans de prison pour la mort d’un vigile en 2010, il avait fui en Israël le jour du verdict : à l’ouverture de son nouveau procès, Dan Lampel, 29 ans, a affirmé lundi « regretter » et « vouloir dire toute la vérité ».

« J’ai eu peur, le procès avait été une caricature. J’avais reçu des menaces sur les réseaux sociaux, sur mon téléphone », a déclaré l’accusé, sujet à de nombreux trous de mémoire. Ce Franco-Israélien a aussi dénoncé une « instrumentalisation » de son premier procès par le polémiste Dieudonné, qui y avait fait une brève apparition dans le public.

Un soir de mars 2010, Dan Lampel s’en était pris à Saïd Bourarach, un maître-chien marocain de 35 ans qui lui avait refusé l’accès à un magasin de bricolage sur le point de fermer, alors qu’il voulait acheter un pot de peinture.

Armé d’une manivelle de cric, il avait frappé et poursuivi le vigile en compagnie de son frère, d’un cousin et d’un ami. Le père de famille avait sauté dans le canal de l’Ourcq et s’était noyé.

L’agression avait été abondamment commentée, les quatre accusés étant Juifs et la victime maghrébine. L’enquête, comme le premier procès, avaient toutefois rapidement écarté le mobile racial.

Principal protagoniste de cette affaire, Dan Lampel s’était évaporé le 26 mars 2015, jour où la cour d’assises de Seine-Saint-Denis avait déclaré les quatre hommes – l’un ne s’était pas présenté au procès – coupables de violences avec arme et en réunion ayant entraîné la mort, leur infligeant des peines de quatre, cinq, six et neuf ans d’emprisonnement.

Arrêté en décembre 2016 en Israël pour possession de drogue, il a été emprisonné dans ce pays jusqu’en janvier 2019, date de son extradition vers la France où il est incarcéré à l’isolement.

Ayant été condamné en son absence, il a demandé à être jugé une seconde fois.

Lundi, près de dix ans après les faits, beaucoup de témoins et d’experts manquaient à l’appel. L’accusé, qui peinait à répondre à la moindre question, a assuré qu’il allait « tout faire pour se souvenir ».

« Comme la première fois, il joue la mémoire sélective et se souvient de ce dont il a envie de se souvenir », a dénoncé Dominique Cochain, l’une des avocates des parties civiles. « En plus, on exploite le fait que Dieudonné ait instrumentalisé cette affaire, mais ça n’a eu aucune incidence sur le déroulé du premier procès », a-t-elle ajouté.

Patrick Klugman, avocat de l’accusé, s’est quant à lui réjoui de voir ce deuxième procès « débuter dans de bonnes conditions, des conditions ordinaires ».

Le verdict est attendu vendredi.

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