Bolton dément un « compromis » sur l’ambassade après que Trump a évoqué un « prix »
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Bolton dément un « compromis » sur l’ambassade après que Trump a évoqué un « prix »

Le conseiller à la sécurité nationale a minimisé les propos du président qui a dit que "les Palestiniens obtiendront quelque chose de très bon", niant un changement politique

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le conseiller à la sécurité nationale américain, l'ambassadeur John Bolton, lors d'une conférence de presse à Jérusalem, le 22 août 2018 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le conseiller à la sécurité nationale américain, l'ambassadeur John Bolton, lors d'une conférence de presse à Jérusalem, le 22 août 2018 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Un haut-conseiller du président américain Donald Trump a déclaré mercredi qu’il n’y avait aucun « compromis » impliqué dans la décision du transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem par l’administration Trump, quelques heures après que l’occupant de la Maison Blanche a laissé entendre qu’Israël paierait « un prix plus élevé » lors des négociations de paix avec les Palestiniens en raison de sa reconnaissance de la ville comme capitale de l’Etat juif.

S’adressant aux journalistes alors que s’achevait sa visite de trois jours en Israël, John Bolton a expliqué que les propos du président ne représentaient pas un changement dans la politique de l’administration sur les négociations de paix ou sur la nécessité pour Israël de faire des concessions.

« Je ne pense pas qu’il y ait un changement dans la politique. Je pense que le président a réfléchi à cette reconnaissance de Jérusalem en tant que capitale israélienne et que son inévitable conséquence a été que l’ambassade américaine devait se trouver dans la capitale du pays, ce qui est la décision juste et naturelle à prendre », a-t-il indiqué. « Ce n’est pas une question de compromis ».

Mardi soir, alors qu’il prenait la parole lors d’un rassemblement de campagne à Charleston, en Virginie occidentale, Trump a déclaré que les Palestiniens « obtiendront quelque chose de très bien » lors de toute négociation future.

« S’il doit y avoir un jour la paix avec les Palestiniens, alors c’était une bonne chose à faire », a déclaré Trump au sujet de la reconnaissance de Jérusalem et de la relocalisation de l’ambassade des États-Unis dans la capitale.

« Nous avons retiré cette question de la table. Dans les négociations passées, Jérusalem a toujours été mise à l’écart. Maintenant, Israël devra payer un prix plus élevé, parce que la question n’est plus à l’ordre du jour. Les Palestiniens obtiendront quelque chose de très bien, parce que c’est leur tour à présent ».

Bolton a partagé le point de vue du président en estimant que la décision avait permis de mettre à l’écart le sujet controversé du statut de Jérusalem.

Le président américain Donald Trump signe la déclaration de reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, à la Maison Blanche, le 6 décembre 2017. (Crédit : Chip Somodevilla/Getty Images via JTA)

« Il a souligné que la question avait été un point d’accrochage dans les négociations entre Israël et les Palestiniens. Et comme il l’a également dit la nuit dernière, il a enlevé le problème de la table », a-t-il ajouté.

En mai, le ministre israélien de la Défense Avigdor Liberman avait également reconnu qu’Israël paierait probablement « un prix » pour le déménagement de l’ambassade, expliquant : « Il n’y a pas d’acte gratuit ». Mais, avait-il ajouté, « cela vaut la peine de le payer. Nous devrions accepter et être prêts à payer le prix ».

Malgré les assertions de Trump, Bolton a suggéré que le président avait été déçu par les réactions des Palestiniens face à cette initiative.

« En tant qu’homme de transaction, il a pu s’attendre à ce que les Palestiniens disent : ‘OK, bien, on n’a pas eu ça – maintenant on veut quelque chose d’autre’. On verra ce qu’il se passera », a-t-il poursuivi.

Au lieu de cela, les responsables de l’Autorité palestinienne ont refusé de rencontrer les membres du cabinet Trump, les déclarant inaptes à tenir le rôle d’intermédiaires honnêtes au cours des négociations.

Bolton a toutefois précisé que « le président a fait ce qu’il fallait faire en déplaçant l’ambassade dans la capitale d’Israël et cela en soit amène place les négociations dans la réalité ».

« Cela a été une avancée très positive non seulement pour Israël mais également pour les Palestiniens », a-t-il insisté.

L’ambassadeur américain en Israël David Friedman, à gauche, et le conseiller américain à la sécurité nationale John Bolton visitent l’ambassade de Jérusalem, le 21 août 2018 (Crédit :Matty Stern/Ambassade américaine de Jérusalem)

Bolton n’a rien dit sur ce que de telles négociations pourraient impliquer ou sur ce que voudraient peut-être obtenir les Etats-Unis de l’Etat juif, disant qu’il était « fondamental » que les deux parties dictent les termes des pourparlers et non un tiers. « Tout accord entre Israël et les Palestiniens exigera l’entente entre les parties sur les différents sujets. Les Etats-Unis ne se préparent pas à les placer dans une situation de contrainte », a-t-il affirmé.

L’administration Trump a fait savoir la semaine dernière que ni les Israéliens, ni les Palestiniens ne seraient « pleinement satisfaits » de son plan de paix tant attendu au Moyen-Orient, dont le contenu est l’un des secrets les mieux gardés à Washington.

Bolton a refusé de donner un calendrier sur le dévoilement du plan, disant que tandis que « le travail continue, qu’il y a beaucoup de consultations en cours, il n’y a pas de décisions sur les détails ou sur le moment où le plan sera annoncé ».

Répondant à une question sur le positionnement américain face aux négociations que mènerait actuellement Israël avec le groupe terroriste du Hamas pour la mise en place d’un cessez-le-feu à Gaza, Bolton a déploré que « tout ce qu’ont les Palestiniens, c’est le choix entre le Hamas et l’Autorité palestinienne ».

Il a ajouté qu’il y a « un grand nombre de perspectives pour trouver des moyens, ici, qui soient aptes à résoudre certains de ces problèmes et pour offrir à la population de Palestine, qui a été utilisée comme agent par des leaders radicaux au fil des années au service de leurs propres desseins politiques, la chance d’une vie décente et d’avancer ».

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