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"Une récompense pour le terrorisme"

Camouflet pour Biden, le cabinet rejette la création d’un État palestinien

La déclaration rejette les « diktats internationaux » qui poussent à la solution à deux États ; Gideon Saar compare la proposition américano-arabe à la politique d'apaisement en 1938

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, 2e à gauche, dirigeant la réunion hebdomadaire du cabinet au ministère de la Défense, à Tel Aviv, le 7 janvier 2024. (Crédit : Ronen Zvulun/AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, 2e à gauche, dirigeant la réunion hebdomadaire du cabinet au ministère de la Défense, à Tel Aviv, le 7 janvier 2024. (Crédit : Ronen Zvulun/AFP)

Le cabinet israélien a approuvé dimanche, à l’unanimité, une déclaration rejetant les « diktats internationaux » faisant la promotion d’un État palestinien, en réaction à des informations faisant état d’un projet de plan conçu par les États-Unis et plusieurs pays arabes en vue d’un accord de paix global entre Israël et les Palestiniens et assorti d’un « calendrier ferme » en vue de la création d’un État palestinien.

« Israël rejette catégoriquement les diktats internationaux de règlement permanent avec les Palestiniens », peut-on lire dans la décision du cabinet.

« Si solution il doit y avoir, elle sera le fruit de négociations directes entre les parties, sans conditions préalables. »

« Israël continuera à s’opposer à la reconnaissance unilatérale d’un État palestinien », ajoute la motion. « Une telle reconnaissance à la suite du massacre du 7 octobre serait une récompense de taille et absolument sans précédent pour le terrorisme de nature à hypothéquer tout accord de paix. »

Cette déclaration fait écho aux propos tenus par le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une conférence de presse, samedi soir, en réponse à un article du Washington Post sur la question.

Des membres du parti de Netanyahu et des ministres de l’aile droite de sa coalition avaient publiquement réagi à cette information dès la semaine passée : un ministre du Likud avait ainsi invité les autorités israéliennes à menacer de revenir sur les accords d’Oslo, à l’origine de l’Autorité palestinienne.

Mais la déclaration de dimanche a également été approuvée par les membres centristes du gouvernement d’urgence, dont les ministres Benny Gantz et Gadi Eisenkot.

Le Washington Post avait fait savoir que le moment de l’annonce de ce plan dépendrait en grande partie de la capacité d’Israël et du Hamas à parvenir à un accord pour mettre fin aux combats à Gaza. Le conflit actuel a été déclenchée par le massacre perpétré par le groupe terroriste, le 7 octobre dernier, dont des milliers de terroristes ont pénétré en territoire israélien pour tuer près de 1 200 personnes et en kidnapper plus de 250 autres, essentiellement des civils, victimes de grandes brutalités et d’agressions sexuelles.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une conférence de presse au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 17 février 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Ce projet de plan comprendrait des mesures déjà précédemment refusées par Israël, à commencer par l’évacuation de nombreuses implantations de Cisjordanie et l’établissement d’une capitale palestinienne à Jérusalem-Est, sans oublier la création d’un appareil de sécurité et de gouvernement commun pour la Cisjordanie et Gaza.

Après le vote unanime du cabinet, Gantz a déclaré que si Israël reconnaissait que la victoire militaire serait le fruit de la coopération avec les Américains et d’autres partenaires étrangers, il s’élevait contre les « mesures unilatérales ».

« Quand nous disons ‘Ensemble, nous vaincrons’ – nous voulons dire aussi avec nos partenaires américains – républicains et démocrates », a déclaré Gantz lors d’un rassemblement de dirigeants juifs américains à Jérusalem. « Cette victoire va de pair avec notre volonté d’étendre le périmètre de la paix et de former un axe régional uni face à l’Iran. Pour cette raison, le processus de normalisation avec l’Arabie saoudite est un effort important que nous devons poursuivre – et j’y travaille personnellement. »

Le ministre du Cabinet de guerre Benny Gantz prend la parole lors de la Conférence des présidents des principales organisations juives américaines à Jérusalem, le 18 février 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Après les massacres du 7 octobre, a-t-il dit, « la voie vers la stabilité et la paix régionales ne passe pas par des actions unilatérales comme la reconnaissance d’un État palestinien. C’est en facilitant les processus à long terme que l’on consolidera une architecture régionale face à l’axe terroriste iranien, et en promouvant la conclusion d’accords internationaux de nature à améliorer la vie des populations de la région et de favoriser la stabilité et la paix. »

Selon le site d’information Ynet, le ministre Gideon Saar, membre du parti Kakhol lavan de Gantz, aurait déclaré que la proposition américaine de fixer un « calendrier ferme » pour la création d’un État palestinien « s’apparentait au sacrifice de la Tchécoslovaquie en 1938 », allusion aux accords de Munich de 1938 et à la stratégie ratée de l’Europe d’apaiser les nazis dans l’espoir d’éviter un conflit.

« Les affirmations selon lesquelles un État palestinien nous apportera la sécurité sont d’une profonde absurdité », a déclaré Saar, plus à droite que Gantz et opposant de longue date à toute idée d’un État palestinien.

La chaîne publique Kan a indiqué que cette déclaration avait ajoutée en toute dernière minute à l’ordre du jour du Conseil des ministres.

Le ministre de l’Energie et ministre des Affaires étrangères jusqu’au mois dernier, Eli Cohen, membre du Likud, a déclaré au micro de la radio militaire que la normalisation avec l’Arabie saoudite ou tout autre pays ne valait pas le risque sécuritaire de permettre aux Palestiniens d’avoir leur propre État.

« Si le prix à payer pour faire progresser les accords de paix est un État palestinien, alors j’abandonne les accords de paix », a-t-il déclaré.

Le Secrétaire d’État américain Antony Blinken (à gauche) est accueilli par le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Fayçal ben Farhan Al-Saoud, à Riyad, en Arabie saoudite, le 5 février 2024. (Crédit : AP Photo/Mark Schiefelbein, Pool)

Les responsables saoudiens ont publiquement fait part de leur volonté de normaliser les relations avec Israël, même depuis le 7 octobre, mais ils ont souligné – tout comme les États-Unis – qu’aucun accord ne serait conclu sans cessez-le-feu à Gaza ni voie irréversible vers l’avènement d’un État palestinien.

Netanyahu s’est par le passé prononcé contre la création d’un État palestinien, tout comme d’autres, qui ont eux aussi rejeté les propos de Washington et d’ailleurs suggérant que les pourparlers sur la fin des combats à Gaza, déclenchés par le déchaînement brutal du Hamas dans le sud d’Israël le 7 octobre, soient utilisés pour relancer les initiatives moribondes de solution à deux États.

Certains acteurs étrangers estiment que ces violences rendent plus nécessaires que jamais la conclusion d’un accord de paix, mais les dirigeants israéliens affirment que l’attaque a souligné l’extrême danger d’avoir une entité palestinienne autonome à proximité de ses centres de population.

Et dans un contexte de regain de popularité du Hamas parmi les Palestiniens à la suite des atrocités, il semble y avoir peu d’appétit au sein de la population israélienne pour les initiatives de paix.

Sam Sokol et Lazar Berman ont contribué à cet article.

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