Condamnation du Palestinien dont le cou avait été comprimé au sol par un soldat
Rechercher

Condamnation du Palestinien dont le cou avait été comprimé au sol par un soldat

Khairi Hannoun a été condamné pour incitations après avoir signé un arrangement judiciaire admettant avoir posté des contenus liés au groupe terroriste du FPLP

Des soldats israéliens placent en détention du manifestant palestinien pendant une manifestation contre l'expansion de l'implantation israélienne dans le village de Sufah, au sud-est de Tulkarem, en Cisjordanie, le 1er septembre 2020 (Crédit :  JAAFAR ASHTIYEH / AFP)
Des soldats israéliens placent en détention du manifestant palestinien pendant une manifestation contre l'expansion de l'implantation israélienne dans le village de Sufah, au sud-est de Tulkarem, en Cisjordanie, le 1er septembre 2020 (Crédit : JAAFAR ASHTIYEH / AFP)

Un homme palestinien qui avait fait les gros titres, le mois dernier, après des images qui l’avaient montré immobilisé au sol, le cou bloqué sous le genou d’un soldat israélien – une méthode similaire à celle qui avait entraîné la mort de George Floyd, aux Etats-Unis – a été condamné par un tribunal militaire de Cisjordanie pour incitations et pour avoir publié des symboles liés à une association illégale.

Khairi Hannoun, 65 ans, avait été arrêté pour ce que la police des frontières avait qualifié de « participation active à des émeutes » et pour incitations à la violence sur les réseaux sociaux en référence à cinq posts qui avaient été publiés sur son compte Facebook.

Il avait été arrêté à nouveau deux semaines après son interpellation initiale, qui était devenue virale sur internet.

Hannoun a signé un accord judiciaire et a été condamné mercredi à une peine de prison avec sursis d’un mois et un jour ainsi qu’à une amende de 1 000 shekels, a indiqué le quotidien Haaretz.

Les posts incriminés sur Facebook – le plus récent datait du mois de juin – faisaient l’éloge de terroristes et présentaient une photo de Hannoun brandissant une bannière du Front populaire de Libération de la Palestine, groupe que l’UE, les Etats-Unis, le Canada et Israël ont classé comme terroriste.

Des soldats israéliens détiennent le Palestinien Khairi Hannoun lors d’une manifestation contre l’expansion des implantations israéliennes dans le village de Shufa en Cisjordanie, le mardi 1er septembre 2020. (AP/Majdi Mohammed)

Sahar Francis, directrice de l’ONG palestinienne Addameer, qui a fourni les services d’un avocat à Hannoun, avait qualifié pour sa part cette arrestation de « clairement politique », indiquant qu’elle était liée au fait que l’homme avait porté plainte contre le soldat filmé en train d’appuyer son genou sur sa nuque.

« Les réseaux sociaux sont devenus un moyen de contrôle et de répression, au lieu de permettre la liberté d’expression. Tous les défenseurs des droits humains palestiniens, qui s’opposent à l’occupation, subissent des harcèlements similaires », avait-elle déclaré – des propos repris par Haaretz.

Francis avait également condamné ce qu’elle avait qualifié de « manque d’options » offertes aux accusés palestiniens devant les tribunaux militaires israéliens. Elle avait affirmé qu’ils étaient placés dans l’obligation de signer des arrangements judiciaires à cause de procédures longues qui prenaient souvent plus de temps que les peines imposées en définitive par les magistrats.

Après sa première arrestation très médiatisée, Khairi Hannoun avait déclaré à l’agence de presse officielle de l’Autorité palestinienne qu’il était en train de manifester contre les tentatives de résidents d’implantations israéliennes de se saisir de terres situées à proximité du village palestinien de Shufa, aux abords de Tulkarem, lorsqu’il avait été immobilisé par un soldat, qui avait placé son genou sur sa nuque. L’armée israélienne avait nié tout acte répréhensible, et avait indiqué qu’une enquête serait ouverte sur l’incident.

Dans une vidéo, Hannoun apparaissait debout, les bras tendus, devant les soldats. Un officier l’attrapait alors soudainement, le projetant à terre.

Khairi Hannoun face à un policier israélien lors d’une manifestation contre l’expansion des implantations israéliennes dans le village de Shufa en Cisjordanie, le mardi 1er septembre 2020. (AP/Majdi Mohammed)

Le soldat finissait par pousser Hannoun en position allongée avant de poser son genou sur la nuque du Palestinien pendant une longue minute et de le menotter.

« Ce que le soldat de l’occupation m’a fait subir, c’est le comble de l’acte criminel… Il ne s’est pas préoccupé de mon âge avancé, il a appuyé sa jambe de toutes ses forces sur ma tête et sur mon cou », avait commenté Hannoun, des propos repris par l’agence Wafa.

Si Hannoun avait affirmé à Wafa qu’il manifestait pacifiquement, cet ancien prisonnier sécuritaire et père de cinq enfants originaire du village d’Anabta avait déclaré que la rixe avait commencé lorsqu’il avait poussé un soldat qui avait pointé son fusil en direction des manifestants.

Pour sa part, l’armée israélienne avait indiqué que Hannoun, un militant du « Comité populaire pour la résistance au mur et aux colonies », était « bien connu comme un acteur central et un participant à de nombreuses violations de l’ordre public en Judée et en Samarie ».

Le Comité populaire est organisatrice de manifestations en Cisjordanie – notamment d’un mouvement de protestation hebdomadaire à Kufr Quddum, qui se termine régulièrement par des affrontements violents entre les émeutiers et les soldats israéliens.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...