Contrant Netanyahu, un sénateur US met en garde Israël face au régime syrien
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Contrant Netanyahu, un sénateur US met en garde Israël face au régime syrien

Sans le soutien d'Assad, le Hezbollah et l'Iran ne se trouveraient pas "à la porte d'entrée d'Israël", a déclaré le législateur de Caroline du sud Lindsey Graham

Le sénateur américain Lindsey Graham pendant une conférence de presse au Caire, le 3 avril 2016. (Crédit : Mohamed el-Shahed/AFP)
Le sénateur américain Lindsey Graham pendant une conférence de presse au Caire, le 3 avril 2016. (Crédit : Mohamed el-Shahed/AFP)

Un important législateur américain a réitéré jeudi une mise en garde contre un accord entre Israël et la Russie sur l’avenir de la Syrie, avertissant que le régime de Damas a permis à l’Iran et à son groupe mandataire libanais du Hezbollah de s’installer sur les frontières de l’Etat juif.

Le sénateur de Caroline du sud Lindsey Graham, ancien candidat républicain à la présidence, a tweeté cet avertissement avec une référence à des propos tenus dans la journée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, dans lesquels il disait que Jérusalem n’avait « pas de problèmes » avec le régime d’Assad.

« Sans l’Iran/le Hezbollah, Assad ne serait pas au pouvoir en Syrie et il n’aurait pas eu la possibilité de massacrer presque un demi-million de Syriens », a écrit Graham, faisant le lien avec les commentaires de Netanyahu. « Sans la bénédiction d’Assad, les drapeaux du Hezbollah et des gardiens de la révolution iraniens ne flotteraient pas à la porte d’entrée d’Israël ».

Netanyahu avait déclaré lors d’un point-presse avec les journalistes avant de revenir en Israël depuis la Russie que « nous n’avons pas de problème avec le régime d’Assad. Pendant 40 ans, pas une seule balle n’a été tirée sur le plateau du Golan ».

Le Premier ministre était à Moscou pour évoquer la situation en Syrie avec le président Vladimir Poutine, ainsi que les inquiétudes de l’Etat juif face à un éventuel ancrage militaire de l’Iran dans le pays, dont le patron est la Russie.

« À nos amis en Israël – soyez très prudents en concluant des accords avec la Russie au sujet de la Syrie qui affecteraient les intérêts américains », avait tweeté Lindsey Graham dans la matinée de jeudi.

« Je n’ai aucune confiance en la Russie pour surveiller l’Iran ou quiconque en Syrie. Les États-Unis doivent maintenir leur présence en Syrie pour s’assurer que l’Etat islamique ne reviendra pas et pour contrer l’influence de la Russie et de l’Iran », avait-il ajouté.

Le président russe Vladimir Poutine (à droite) serre la main du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors de leur rencontre au Kremlin à Moscou le 11 juillet 2018. (AFP/Pool/Yuri Kadobnov)

« Un retrait des troupes américaines de Syrie serait « un désastre majeur pour les alliés kurdes, les intérêts américains et la stabilité régionale », avait-il précisé.

Les propos de Graham se sont incrits dans le contexte de la supposition selon laquelle le président américain Donald Trump et son homologue russe, Vladimir Poutine, envisagent un accord sur l’avenir de la Syrie lors de leur prochain sommet bilatéral à Helsinki.

L’ancien ambassadeur des États-Unis en Israël, Dan Shapiro, a approuvé le sénateur républicain.

« Le sénateur Graham a tout à fait raison », a-t-il écrit sur son compte Twitter.

« Mais il ignore que Trump essaie d’élaborer un ‘accord’ qui permettrait aux troupes américaines de quitter la Syrie, se fondant sur de vagues promesses russes d’expulser l’Iran, et paie tout cela en monnaie européenne – sanctions contre l’Ukraine, annexion de la Crimée, affaiblissement de l’OTAN et de l’UE ».

M. Graham « devrait faire part de sa préoccupation à la Maison Blanche, plutôt qu’aux Israéliens », a ajouté M. Shapiro, chercheur invité à l’Institut d’études sur la sécurité nationale de l’Université de Tel Aviv.

Trump a déclaré dans le passé qu’il avait l’intention de retirer les troupes américaines de ce pays déchiré par la guerre.

Israël cherche officiellement à s’assurer que l’Iran quittera entièrement la Syrie mais a indiqué que le pays chercherait un compromis dans un accord qui garantirait le maintien des forces iraniennes et de leurs alliées à des douzaines de kilomètres de la frontière.

« Notre point de vue selon lequel l’Iran doit quitter la Syrie est bien connu ; nous ne vous apprenons rien », a déclaré M. Netanyahu au président russe, d’après une information fournie par le cabinet du Premier ministre.

Rencontrant Poutine quelques heures après qu’un drone syrien est entré dans l’espace aérien israélien et a été abattu par l’armée de l’air israélienne, Netanyahu s’est engagé à « continuer à prendre des mesures énergiques contre tout tir que ce soit et contre toute intrusion dans l’espace aérien ou le territoire d’Israël ».

La coopération entre la Russie et Israël est « un élément clé pour prévenir l’escalade [des hostilités] et la détérioration de la situation d’une manière ou d’une autre », a déclaré M. Netanyahu.

Un haut responsable de l’entourage de Netanyahu à Moscou a déclaré plus tard aux journalistes israéliens que la Russie a commencé à faire pression pour que les forces syriennes évacuent la frontière israélienne.

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