Conversions : pour Saar, Netanyahu est « rançonné » par les politiciens Haredim
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Conversions : pour Saar, Netanyahu est « rançonné » par les politiciens Haredim

Le chef de Tikva Hadasha dit que le Premier ministre "a peur" de prendre des décisions" et que les partis ultra-orthodoxes ont "forcé la paralysie" en refusant les compromis

Benjamin Netanyahu (à gauche) et Gideon Saar lors d'une réunion de la faction du Likud à la Knesset, le 21 novembre 2005. (AP Photo/Oded Balilty)
Benjamin Netanyahu (à gauche) et Gideon Saar lors d'une réunion de la faction du Likud à la Knesset, le 21 novembre 2005. (AP Photo/Oded Balilty)

Le leader du parti de droite Tikva Hadasha, Gideon Saar, a déclaré samedi que le Premier ministre était « rançonné » par les partis politiques ultra-orthodoxes.

Saar évoquait à ce moment-là une décision prise par la Haute-cour, la semaine dernière, de reconnaître les conversions effectuées par le biais des courants réformés et massortis au sein de l’Etat juif.

Cette décision exige qu’Israël offre la citoyenneté aux personnes qui, dans le pays, choisissent de se convertir au judaïsme sous des auspices non-orthodoxes. Si elle aura peu d’impact sur le terrain, elle vient entamer le contrôle du rabbinat, dominé par les orthodoxes, sur la conversion et elle a entraîné la polémique.

Les formations Haredim Shas et Yahadout HaTorah, alliées politiques de longue date de Netanyahu, ont raillé cette décision prise par les magistrats de la plus haute instance judiciaire du pays et ils ont fait savoir qu’ils ne rejoindraient qu’une coalition déterminée à contourner ce jugement par le biais d’une législation.

Les deux partis avaient, dans le passé, rejeté un compromis qui aurait accepté les conversions au judaïsme réalisées par certains rabbins orthodoxes relativement libéraux – ce qui a amené la Haute-cour à intervenir après quinze ans d’impasse.

« Ce sont les partis Haredim qui ont forcé la paralysie », a estimé Saar dans un entretien diffusé sur la Douzième chaîne alors qu’il était interrogé sur la décision de la Haute-cour.

Le leader de Tikva Hadasha a ajouté que Netanyahu lui-même avait obligé à cette prise de décision des juges après avoir cédé à Shas et à Yahadout HaTorah, s’inclinant devant leur refus d’accepter un compromis.

« Ils tentent de faire plier le système politique. Netanyahu a peur de prendre des décisions, il est paralysé par la crainte », a déclaré Saar. « Dans la mesure où ce qui est le plus important pour Netanyahu, c’est de rester au pouvoir, il doit leur donner tout ce qu’ils veulent : et c’est la raison pour laquelle il n’a jamais pris de décision sur la question de la conversion ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, (à gauche), et le ministre de la Santé Yaakov Litzman tiennent une conférence de presse sur le coronavirus, au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 8 mars 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Laissant entendre qu’il s’oppose lui-même à la décision de légitimer la conversion non-orthodoxe, Saar a expliqué tout de même soutenir un compromis qui avait été initialement proposé par Moshe Nissim, un ancien ministre. Selon ce plan, le système de conversion aurait été réexaminé dans tout le pays et il aurait été soustrait du contrôle du rabbinat dominé par les ultra-orthodoxes – en établissant à la place une nouvelle Autorité publique dirigée par le mouvement orthodoxe.

Saar a ajouté qu’il soutenait un compromis qui offrirait une certaine reconnaissance aux « courants [Juifs] des Etats-Unis » et qui donnerait « à toutes les communautés ce qu’elles méritent ».

Depuis le jugement émis par la Haute-cour, Shas et Yahadout HaTorah ont diffusé des vidéos de campagne s’attaquant aux Juifs réformés.

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