La barre des 2 000 morts dépassée ; déconfinement progressif au programme
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La barre des 2 000 morts dépassée ; déconfinement progressif au programme

La seconde vague de la pandémie a tué autant de personnes en à peine un mois qu'entre les mois de mars et septembre ; la majorité des victimes sont âgées de plus de 70 ans

Un mémorial de 2000 bougies sur la place de Paris, à Jérusalem, en hommage aux 2000 personnes mortes des suites du coronavirus, le 12 octobre 2020. (Crédit : Darkeinu)
Un mémorial de 2000 bougies sur la place de Paris, à Jérusalem, en hommage aux 2000 personnes mortes des suites du coronavirus, le 12 octobre 2020. (Crédit : Darkeinu)

Israël a franchi un cap bien sombre : celui des 2 000 morts entraînées par le coronavirus, a fait savoir le ministère de la Santé lundi. Ainsi, plus d’un millier de personnes sont décédées en un peu plus d’un mois, le bilan s’accélérant au cours de la deuxième vague de l’épidémie qui s’est abattue sur le pays.

Ce pic a été atteint alors même que la contagion semble baisser, avec des taux de contamination qui déclinent après un mois de confinement national encore en cours.

Lundi, 3 097 personnes ont été testées positives pour le coronavirus sur les 47 136 tests effectués.

Le seuil fixé pour l’assouplissement des restrictions, qui devrait commencer dimanche, est de 2 000 nouveaux cas par jour. Les ministres doivent désormais se réunir pour établir un plan de déconfinement national.

Samedi et dimanche, le nombre de nouveaux cas a considérablement diminué, avec respectivement 907 et 1 624 cas, mais ces jours-là ont également été marqués par une baisse significative du nombre de tests – comme chaque week-end.

Selon le ministère de la Santé, le nombre de nouvelles infections a fortement augmenté lundi en raison de l’augmentation des tests.

Selon le ministère de la santé, 7 % des tests sont revenus positifs lundi – le taux le plus bas depuis le 27 août (5,9 %).

Les taux de positivité ont oscillé autour de 12-13 % en septembre et début octobre, atteignant à un moment donné un pic de 15 %, mais ils ont fortement chuté la semaine dernière, le confinement national semblant freiner la propagation du virus. Un nombre réduit de tests devrait normalement faire augmenter le taux de positivité.

L’Etat juif avait enregistré son premier décès des suites du coronavirus le 21 mars, avec la mort d’un survivant de la Shoah âgé de 88 ans, Aryeh Even, et avait franchi le cap de 500 morts en date du 30 juillet.

En seulement un mois de plus, le pays a connu encore 500 décès supplémentaires, atteignant les 1 000 le 5 septembre. Et à peine un mois plus tard, le 12 octobre, ce chiffre a été multiplié par deux.

En date de mardi matin, 2 021 Israéliens avaient succombé à la maladie sur 295 037 cas confirmés de virus depuis l’apparition de l’épidémie dans le pays, a noté le ministère de la Santé.

Sur 51 205 cas actifs, 801 se trouvent actuellement dans un état grave, et notamment 242 sous respirateur. 274 malades sont dans un état modéré, les autres ne présentant que des symptômes légers, voire une forme asymptomatique de COVID-19.

Un travailleur de la « Hevra Kadisha », la société funéraire juive officielle d’Israël, prépare un corps pour les funérailles, dans une morgue spéciale pour les victimes du COVID-19 à Holon, le 23 septembre 2020. (AP Photo / Oded Balilty)

La majorité des personnes décédées – soit environ 1 650 personnes – avaient plus de 70 ans, selon les statistiques du ministère.

Un enfant de moins de 9 ans et trois adolescents âgés de 10 à 19 ans sont morts des suites de la maladie.

Au début de la pandémie, chaque décès, dans le pays, était accompagné d’un nom et d’une histoire. Ces décès sont ensuite restés majoritairement anonymes, le bilan ne cessant ne s’élever.

Selon le ministère de la Santé, les cinq localités ayant le plus grand nombre de cas actifs pour 10 000 habitants étaient toutes en majorité ultra-orthodoxes : Modiin Illit (302 cas actifs pour 10 000 habitants), Tifrah (285), Rechasim (245), Bnei Brak (230) et Elad (184).

L’Etat juif a été placé en confinement national il y a trois semaines pour tenter de contenir une seconde vague de grande ampleur de la pandémie, avec jusqu’à 9 000 nouveaux cas ayant pu être enregistrés certains jours.

Toutefois, ces derniers jours, le nombre de nouvelles contaminations et le pourcentage de tests de dépistage positifs ont baissé dans ce contexte de restrictions drastiques imposées au public.

La police à un barrage routier temporaire au carrefour d’Amiad dans le nord d’Israël, le 25 septembre 2020. (Crédit : David Cohen/Flash90)

Selon des informations transmises par les médias, le plan du ministère de la Santé visant à alléger graduellement les limitations induites par le confinement durera environ quatre mois et dépendra de la baisse du nombre des nouveaux cas quotidiens, mais les chefs d’entreprise, les parents et certains politiques font déjà pression pour que les activités commerciales et les écoles rouvrent rapidement.

Le plan propose des dates-cibles pour les différentes phases de la levée des restrictions, mais ces assouplissements des règles pourront être repoussés s’il s’avère que les taux d’infection n’ont pas suffisamment décliné.

Un membre du personnel médical du centre médical Shaare Zedek de Jérusalem en tenue de protection effectue un prélèvement pour un test de COVID-19, le 8 octobre 2020. (Nati Shohat / Flash90)

Les responsables de la santé devraient annoncer aux ministres que la première étape du plan, qui doit commencer le 18 octobre, dépendra de la baisse du nombre de nouveaux cas quotidiens à 2 000, avec 30 000 tests administrés par jour, et seulement 3 % des personnes infectées par le virus considérées comme gravement malades, a rapporté mardi la Treizième chaîne.

Les responsables de la santé cherchent également à atteindre un taux de propagation de 0,8 nouvelle infection par porteur ou moins avant de mettre en œuvre le plan.

Dans un premier temps, il est prévu de rouvrir les écoles maternelles ainsi que les entreprises qui ne servent pas les clients. Toutefois, une décision finale sur les structures destinées à la petite enfance ne serait pas attendue avant la fin de la semaine

La secrétaire générale du Syndicat des enseignants Yaffa Ben-David s’exprime lors d’une manifestations à Tel Aviv, le 29 août 2019. (Hadas Parush/Flash90)

Le syndicat national des enseignants a par ailleurs averti mardi que le système éducatif ne rouvrirait pas dimanche en raison de l’absence de protocoles de sécurité, le chef du syndicat refusant d’exclure la possibilité de déclarer un conflit de travail puis de faire grève.

« Le système éducatif ne peut pas rouvrir dimanche », a déclaré la secrétaire générale du syndicat des enseignants israéliens, Yaffa Ben David, au site d’information Ynet. « Ce n’est pas à cause de nous, mais à cause du manque de préparation des ministères. »

Selon Ben David, il y a quatre problèmes principaux : un manque de protection du personnel enseignant, une pénurie de personnel supplémentaire, le brassage du personnel enseignant et d’enfants des localités rouges et vertes, et un manque d’application des protocoles par les parents.

Quand Israël était entré, le mois dernier, dans son deuxième confinement, le Premier ministre avait reconnu que son gouvernement avait rouvert trop rapidement l’économie lors du dernier bouclage du pays au printemps.

Le plan de sortie du deuxième confinement aura recours au programme dit des « feux de signalisation », qui divise les villes en différentes catégories – avec les couleurs rouge, orange et verte en fonction de la gravité de l’épidémie qu’elles expérimentent.

Les responsables ont fait savoir que les villes pourraient avoir des calendriers différents dans la levée du confinement. Ce système s’était néanmoins effondré, cet été, lorsque le public ultra-orthodoxe avait protesté, ayant le sentiment que le programme le stigmatisait.

Le ministre de l’intérieur Aryeh Deri, chef du parti ultra-orthodoxe Shas, a déclaré ces derniers jours qu’il soutiendrait le plan si celui-ci permettait au reste du pays de rouvrir complètement, selon les médias.

Le coronavirus aurait fait 1 075 000 morts dans le monde entier, selon une étude de la Johns Hopkins University. Il y a eu plus de 37 millions de cas confirmés.

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