Covid : Des artistes israéliens obtiennent une aide entrepreneuriale
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Covid : Des artistes israéliens obtiennent une aide entrepreneuriale

Creative Independence, une ONG dirigée par des professionnels de la danse, offre des conseils entrepreneuriaux de développement, malgré la fermeture des studios et autres théâtres

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

La propriétaire du studio de danse Beer Sheva et organisatrice communautaire Melina Gefterman (au centre, avec de courts cheveux blancs), qui s'est appuyée sur l'aide organisationnelle et le soutien moral de l'organisation à but non lucratif Creative Independence pendant le coronavirus. (Autorisation Melina Gefterman)
La propriétaire du studio de danse Beer Sheva et organisatrice communautaire Melina Gefterman (au centre, avec de courts cheveux blancs), qui s'est appuyée sur l'aide organisationnelle et le soutien moral de l'organisation à but non lucratif Creative Independence pendant le coronavirus. (Autorisation Melina Gefterman)

Dans les 25 années qui se sont écoulées depuis que Marina Gefterman a fondé son studio de danse à Beer Sheva, Top Dance, elle s’est occupée de jeunes gens – en majorité des immigrants russes à travers toutes les périodes d’incertitude.

Mais la pandémie de coronavirus l’a déconcertée.

Gefterman, travailleuse sociale diplômée, avait créé son studio pour en faire une sorte de groupe de soutien. C’était, pour elle, une manière d’occuper ses jeunes protégés.

En plus de continuer à faire fonctionner son entreprise au beau milieu de la pandémie, Gefterman a su qu’il fallait qu’elle reste stable au niveau émotionnel afin de donner un exemple de force pour ses élèves et pour ses professeurs.

« C’est bien davantage qu’une simple entreprise pour moi », explique Gefterman. « Mes filles avaient appris à danser ici, et maintenant c’est ma petite-fille. J’ai enseigné la danse à plusieurs générations de femmes ».

Melina Gefterman, au centre, avec certains de ses élèves au studio de danse, pendant le coronavirus (Autorisation : Melina Gefterman)

Gefterman s’est tournée vers Zachi Cohen pour obtenir de l’aide, qu’elle avait rencontré grâce à une session professionnelle sur Zoom.

Cohen, danseur professionnel, chorégraphe et producteur, a créé l’organisation à but non-lucratif Creative Independence pendant l’épidémie de coronavirus, aux côtés de Yair Vardi, fondateur et directeur de longue date du Centre de danse et de théâtre Suzanne Dellal, et avec deux autres entrepreneurs culturels des secteurs du théâtre et du mouvement.

Ils voulaient aider à enseigner des manières créatives d’exploiter les entreprises de manière plus efficace.

« Nous les orientons », commente Cohen. « Il ne s’agit pas de lancer quelque chose à partir de zéro ; il s’agit de travailler avec ce que les gens ont déjà ».

Gefterman, comme d’autres dans sa profession, est une artiste professionnelle qui a dû amorcer un tournant au cours des neuf derniers mois. Cela a aussi été le cas de nombreux autres professionnels du théâtre, de la musique et de la danse qui ont dû chercher un moyen de continuer à s’accomplir tout en gagnant un revenu.

Zachi Cohen, danseur, chorégraphe et producteur, offre ses compétences commerciales aux autres artistes qui luttent actuellement pour leur survie pendant la pandémie. (Autorisation : Zachi Cohen)

« En tant que propriétaire d’un studio, il faut donner de la force et de l’énergie aux enseignants et aux élèves et je manquais de cette énergie nécessaire pour prendre tout cela en charge », explique Gefterman. « Alors je me disais : ‘Il faut que je parle à Zachi, il faut que j’entende de sa part que tout ira bien, que je me confie à lui et qu’il me dise : OK, revenons au travail, maintenant’. »

Creative Independence est une ONG qui ne réclame que des frais basiques pour ses services de consultation. Elle travaille avec environ une dizaine de personnes à la fois, explique Cohen. L’organisation a travaillé avec des studios de danse qui étaient ouverts depuis des années mais qui avaient besoin de trouver une nouvelle orientation, avec des artistes gagnant encore un revenu, mais une somme insuffisante pour leur permettre de répondre à leurs besoins en cette période de la pandémie et d’autres artistes, encore, qui devaient trouver un moyen de gagner de l’argent.

« Tout le monde tente de trouver une solution », explique Vardi, qui avait quitté Suzanne Dellal avant l’apparition du coronavirus après avoir passé 31 ans à sa barre.

« Il faut creuser, voir ce qu’on peut faire. Les choses peuvent revenir à la normale ou non », ajoute-t-il.

Ruth Segalis, professeure de danse, avait rencontré Cohen quand tous deux dansaient au festival annuel d’Akko. Elle lui a demandé de l’aide pour un projet portant sur des femmes créatives.

« Zachi a ce côté entrepreneurial et rationnel dont je suis dépourvue », dit Segalis, qui a continué à donner des cours sur Zoom et qui a repris les sessions d’apprentissage en présentiel au mois de novembre avec l’assouplissement du deuxième confinement national.

La danseuse Ruth Segalis a découvert qu’elle avait besoin d’aide pour s’orienter pendant la crise du coronavirus. (Autorisation : Ruth Segalis)

De nombreux artistes et enseignants ne savent pas comment créer une entreprise, a déclaré Vardi, et souvent ils ne parviennent pas à transformer leurs idées en entreprises. Le coronavirus a rendu ce processus encore plus difficile.

« Nous essayons de les aider à faire cela », a-t-il dit. « Tout change sans cesse pendant cette période, mais cela peut aussi être une excellente période pour changer de cap et essayer quelque chose de nouveau ».

Shaked Sabag Fine, professeur de danse hip-hop à Beit Hillel, au nord du pays, a eu l’impression que le temps s’arrêtait lorsque son studio a dû fermer à cause du coronavirus. Ses cours de hip-hop pour les enfants des kibboutz voisins avaient pris leur envol, et Sabag Fine se sentait ravie de travailler dans le domaine qu’elle aimait.

Elle a ouvert une chaîne sur la plate-forme de médias sociaux TikTok et a commencé à élargir son public avec ses spectacles de danse, après avoir travaillé avec Cohen et Vardi.

לקחתי חלק ביצירות עם רקדנים, וכשמגיע הרגע שלך זה תמיד מפחיד וחשוף אך מרגש ❤- צורות -משתפת פרומו קצר מיצירה שלי עם Yuval Razon המציג שילוב בין עולם הTutting (עבודת ידיים) למודרני, עם מוזיקה מקורית שלי ????זכרונות של מדבר – פסלים חיים – שרטוטים ונחשים תודה לך יובל על התמסרות מוחלטת ????תודה ל Roman Galperin שליווה אותי בתהליך המוזיקלי????תודה ל זיגוטה – מחול תנועה ופרפורמנס מרכז קלור למוסיקה ולמחול ולכל המורים שליוו אותי בתהליך המרתק הזה ????Zachi Cohen Ferry Stefan Ruth Segalis צילום : Itzik Amar עריכה : Ashrina Chenמוזיקה : שקד סבג פיין

Posted by ‎שקד סבג פיין‎ on Wednesday, November 18, 2020

« Je voulais être aussi créative que possible », a déclaré Sabag Fine, qui est rapidement passée de la danse sur TikTok à la composition de sa propre musique pour les pièces de danse, puis à la publication de vidéos de ces œuvres.

« Je dis tout le temps que tant de choses dépendent de la personne », dit Vardi, « son désir de changer de cap, son sens de l’entreprise ».

L’ancien directeur de Suzanne Dellal, Yair Vardi, qui fait maintenant partie d’une organisation à but non lucratif qui vise à aider les artistes du spectacle à se reconvertir et à gérer leurs entreprises pendant la pandémie. (Autorisation Yair Vardi)

Le travail avec Cohen et Vardi a fait toute la différence pour Gefterman, qui a bénéficié de tous les « conseils » de Cohen concernant l’ouverture des ateliers en été et la création de spectacles plus professionnels pour ses danseurs amateurs.

« Nous faisons tout à l’extérieur maintenant », a déclaré Mme Gefterman, qui a été condamnée à une amende de 5 000 NIS pour avoir donné des cours à l’intérieur du studio, alors qu’elle pensait avoir le droit d’avoir un certain nombre de personnes à l’intérieur. « C’était une véritable punition, en plus de tout le reste. C’est pourquoi il est utile d’avoir le soutien de quelqu’un qui comprend exactement ce que nous vivons ».

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