COVID: Israël a-t-il raison d’être optimiste ? Les chefs d’hôpitaux divergent
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COVID: Israël a-t-il raison d’être optimiste ? Les chefs d’hôpitaux divergent

A l'approche de la fête musulmane et de la saison des mariages en Israël, certains appréhendent la hausse des cas mais d'autres se détendent et comptent sur les vaccins

Un travailleur médical teste un jeune Israélien pour le coronavirus sur un terrain de basket transformé en centre de dépistage du coronavirus à Binyamina, en Israël, mardi 29 juin 2021. (Crédit : APPhoto/Ariel Schalit)
Un travailleur médical teste un jeune Israélien pour le coronavirus sur un terrain de basket transformé en centre de dépistage du coronavirus à Binyamina, en Israël, mardi 29 juin 2021. (Crédit : APPhoto/Ariel Schalit)

Les directeurs d’hôpitaux israéliens, dont les locaux sont calmes malgré le pic de diagnostics COVID, sont divisés sur la question de savoir s’il est temps de respirer ou de se préparer au pire.

Au Galilee Medical Center de Nahariya, le professeur Masad Barhoum pense que l’augmentation très lente du nombre de patients hospitalisés est temporaire et qu’il pourrait bientôt y en avoir beaucoup plus. Selon lui, le gouvernement « ne réagit pas assez » face à l’augmentation du nombre de cas de coronavirus, d’autant que l’Aïd al-Adha, une fête musulmane marquée par de grands rassemblements, commence dans deux semaines.

En revanche, à l’hôpital Shaare Zedek de Jérusalem, le professeur Jonathan Halevy s’oppose aux mesures mêmes souhaitées par Barhoum, comme la réactivation du laissez-passer vert, qui limitait l’accès à certains lieux aux seules personnes vaccinées et à celles qui se sont remises du coronavirus. « Je ne suis pas très inquiet et je ne crains certainement pas que les hôpitaux soient submergés », a déclaré Halevy, le président de l’hôpital, au Times of Israël. « Il ne s’agit certainement pas d’une quatrième vague. »

Barhoum, l’un des médecins arabes les plus éminents du pays, a déclaré au Times of Israël qu’il était particulièrement préoccupé par le timing du pic actuel, qui a porté le nombre total de cas actifs en Israël à 2 600. Israël est aux prises avec un nouveau nombre de cas quotidiens (environ 300) et fait face aux avertissements des experts selon lesquels ce nombre pourrait bientôt plus que tripler. « Il vaut mieux avoir des restrictions maintenant plutôt que lorsque nous aurons 600 ou mille patients par jour », a déclaré M. Barhoum, ajoutant que s’il ne craint rien de l’ampleur des trois premières vagues, il reste préoccupé par les semaines à venir.

Le gouvernement envisage de nouvelles restrictions, mais M. Barhoum pense que la distanciation sociale et l’application rigoureuse de gel hydro-alcoolique devraient être rétablies, tout comme le Passeport vert. « Nous ne réagissons pas assez actuellement », a-t-il déclaré.

Les analyses de Barhoum et Halevy ne convergent que sur la question de l’aéroport d’Israël, que tous deux reconnaissent comme le point d’entrée de nouveaux variants, et ils sont donc favorables à un contrôle accru. Mais au-delà, Barhoum souhaite la prudence, tandis que Halevy, qui se concentre moins sur le nombre de personnes diagnostiquées que sur les statistiques des hôpitaux, est confiant.

Lundi, 68 personnes étaient hospitalisées, dont 16 sous respirateur, ce qui témoigne d’une pression supplémentaire minime sur les hôpitaux depuis le début du pic des nouveaux cas. Les données du ministère de la santé suggèrent que le vaccin COVID de Pfizer-BioNTech prévient largement les hospitalisations et les cas graves, et M. Halevy a déclaré que cela se reflète sur le terrain, les patients vaccinés ne ressentant que très légèrement le virus. Il a ajouté que même ceux qui sont hospitalisés s’en sortent bien.

« Nous venons d’avoir un patient vacciné qui a été amené après avoir été testé positif. Il a été admis parce que son niveau de saturation en oxygène était inférieur à 92 % et qu’il avait besoin d’une oxygénation, mais il est sorti au bout de 24 heures. C’est le genre de choses que nous voyons dans tout Israël. »

Barhoum a déclaré qu’une grande partie de son inquiétude se concentre sur le secteur arabe et la communauté ultra-orthodoxe, deux moteurs de l’infection lors des vagues précédentes, et les populations mêmes où les taux de vaccination sont faibles et où les grands rassemblements risquent d’être particulièrement fréquents au cours des prochaines semaines. Si un nombre important de personnes issues de ces secteurs sont infectées, a-t-il dit, cela entraînera des niveaux d’hospitalisation disproportionnés, a-t-il prédit.

L’Aïd, ans le calendrier musulman, et le jour de jeûne du 9 Av dans le calendrier juif, qui tombent à peu près au même moment, marquent normalement le début d’une saison des mariages très active en Israël. M. Barhoum a fait remarquer que cela concerne de manière disproportionnée les membres de la communauté arabe et du secteur ultra-orthodoxe, avec leurs faibles taux de vaccination. L’Aïd sera marqué par de grandes réunions de famille, dont certaines impliqueront des parents palestiniens de la Cisjordanie, largement non vaccinée.

« Nous arrivons à l’Aïd al-Adha, et il y a des mariages et nous avons aussi des gens qui voyagent à l’étranger, donc nous aurons des problèmes », a-t-il prévenu. Halevy estime que même si virus se propage davantage, l’essentiel est que la majorité de la population est protégée par les vaccins. « Nous constatons jour après jour que le vaccin offre toujours une très bonne protection contre les formes grave de la maladies », a-t-il déclaré.

« Nous savons que le vaccin est la solution. Parmi ceux qui sont infectés, pratiquement aucun n’a de maladie grave », a déclaré Halevy.

Mais Barhoum pense qu’une réponse sérieuse est nécessaire malgré le vaccin. « Tout d’abord, cinq pour cent des personnes vaccinées ne le sont pas vraiment », a-t-il déclaré, notant que le vaccin est efficace chez 95 % des personnes qui le reçoivent, pas chez toutes.

« Deuxièmement, nous ne savons pas avec certitude dans quelle mesure le vaccin protège de la variante Delta et nous avons également des adultes qui ne sont pas vaccinés, et un nombre élevé de personnes âgées de 12 à 16 ans qui ne sont pas vaccinées. Nous devons être prudents. »

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