COVID: sept jours d’isolement pour les cas-contacts et les voyageurs
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COVID: sept jours d’isolement pour les cas-contacts et les voyageurs

Le ministère de la Santé souhaite à nouveau restreindre l'accès à certains lieux publics ; des tests rapides seront proposés dans tout le pays

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Des gens portent un masque de protection au marché Sanora de Tel Aviv, le 13 juillet 2021. (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)
Des gens portent un masque de protection au marché Sanora de Tel Aviv, le 13 juillet 2021. (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Les ministres ont décidé mardi de réduire la période d’isolement à sept jours alors même que le ministère de la Santé cherche à renforcer d’autres restrictions afin de réduire la recrudescence des cas de coronavirus.

Les Israéliens non-vaccinés ou ceux qui n’ont jamais attrapé la COVID-19 et qui sont exposés à un porteur avéré du virus seront tenus de passer seulement une semaine en isolement et non plus dix à quatorze jours, comme c’est le cas actuellement. Cette règle qui s’appliquera également aux personnes non-vaccinées revenant de l’étranger.

Au septième jour, les personnes en isolement pourront effectuer un test de dépistage et quitter l’isolement si les résultats de ce dernier sont négatifs.

Actuellement, la période d’isolement est de dix jours – avec deux résultats de test négatifs – et de 14 jours en l’absence de test de dépistage. Les Israéliens qui n’ont pas été vaccinés ou qui n’ont jamais contracté le coronavirus sont dans l’obligation de se placer en isolement après un contact avec un porteur confirmé ou au retour d’un déplacement à l’international. Les personnes vaccinées ou en rémission sont dispensées de quatorzaine à moins d’avoir été confirmées positives à la COVID-19 – même si tous les voyageurs revenant de l’étranger devront bientôt se mettre en isolement pendant 24 heures ou jusqu’à l’obtention d’un test négatif, et ce même s’ils ont été immunisés.

Lors d’une rencontre du cabinet chargé de la lutte contre le coronavirus, un groupe de ministres chargé d’établir les politiques face à la crise sanitaire, le Premier ministre Naftali Bennett a expliqué que le gouvernement optait pour des mesures susceptibles d’accompagner au mieux la vie du public.

« Nous espérons que tous les Israéliens se conformeront pleinement aux obligations de l’isolement : aux tests à la fin de la période d’isolement, aux vaccinations et au port du masque », a dit Bennett.

Le Premier ministre Naftali Bennett à la Knesset de Jérusalem, le 13 juillet 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Nous nous engageons à faire tout ce qui est possible de façon à protéger la santé publique avec un impact minimal sur la vie quotidienne », a continué le ministre de la Santé Nitzan Horowitz.

Lors de la réunion du cabinet, les ministres ont aussi pris la décision de mettre en place des sites de dépistage rapides dans tout le pays.

Le ministère a aussi présenté une proposition visant à réintroduire partiellement un cadre limitant l’accès à certains événements publics.

Le système dit du Passeport vert, qui a été temporairement utilisé dans le passé, serait ainsi appliqué aux événements organisés dans des espaces clos réunissant plus de cent personnes : mariages, concerts, salles de gym, restaurants, cafétérias et lieux de culte.

Les personnes non-vaccinées ou qui ne sont pas guéries du coronavirus seront interdites d’entrée à moins d’effectuer un test rapide ou de présenter un résultat négatif de test de dépistage datant de moins de 48 heures.

Le système ne s’appliquera pas aux centres commerciaux, aux zones commerciales ou aux transports publics.

La proposition faite par le ministère de la Santé stipule que les enfants de moins d’un an ne seront pas dans l’obligation d’effectuer un test de dépistage dans le cadre du Passeport vert et que les tests pratiqués sur les enfants de moins de 12 ans – qui ne sont pas éligibles à l’immunisation – seront payés par l’État.

Le ministère a aussi demandé une enveloppe supplémentaire d’un milliard et demi de shekels dans la lutte contre le virus. Sur cette somme, 300 millions de shekels seront utilisés pour acheter un plus grand nombre de vaccins, a noté la Treizième chaîne.

Il y aurait un désaccord entre les responsables de la santé et les ministres concernant l’application des restrictions et la manière d’évaluer au mieux leur potentielle nécessité. Si les autorités sanitaires estiment que le critère à prendre en compte est le nombre de nouveaux cas quotidiens du coronavirus qui s’élève rapidement, les ministre préfèrent s’appuyer sur le nombre de malades gravement atteints et sur le nombre de décès. Si le nombre de cas quotidiens a grimpé en flèche ces dernières semaines, le chiffre des cas graves a connu une hausse nettement plus lente.

Mardi, le ministère de la Santé a fait savoir qu’il y avait 4 831 cas actifs du virus et que 745 personnes avaient été diagnostiquées positives à la COVID-19 lundi.

45 personnes sont dans un état grave. 6 439 Israéliens sont décédés des suites de complications de la COVID-19 depuis l’apparition de la maladie dans le pays.

Il y a un mois, le 16 juin, seulement 25 nouveaux cas de coronavirus avaient été enregistrés – une différence frappante. Et, le même jour, 27 personnes se trouvaient dans un état grave.

Le ministre de la Santé Nitzan Horowitz au centre médico-psychologique Abarbanel de Bat Yam, le 22 juin 2021. (Crédit :Avshalom Sassoni/FLASH90)

Cette augmentation du nombre de nouveaux cas survient alors que la rentrée scolaire point à l’horizon. Haim Bibas, président de la Fédération des autorités locales, a demandé à Bennett et à Horowitz, mardi, d’approuver un système qui permettrait de réaliser des tests de dépistage rapides dans les écoles et dans les crèches de tout le pays en préparation de la rentrée qui aura lieu le 1er septembre, a indiqué la Treizième chaîne.

Bibas a affirmé que ce système était nécessaire pour empêcher les perturbations qui ont été connues l’année dernière, lorsque des élèves contaminés entrés dans les établissements scolaires et dans les jardins d’enfants avaient entraîné la mise en quatorzaine préventive de tous ceux qui avaient été en contact avec eux. La ministre de l’Éducation Yifat Shasha-Biton ne s’oppose pas à cette mesure même si l’origine du financement d’une telle initiative reste indéterminée, a noté le reportage.

Bibas a proposé la mise en place d’un programme-pilote dans les camps de vacances et dans les écoles d’été afin d’examiner la manière dont un tel système pourrait fonctionner.

Le sujet devrait être présenté au cabinet pour y être débattu, selon la chaîne.

Si le ministère de la Santé ne cherche pas officiellement à vacciner les enfants de moins de onze ans, la division épidémiologique au sein du ministère a d’ores et déjà préparé une recommandation prônant la vaccination des enfants âgés de 5 à 11 ans présentant des comorbidités susceptibles de nuire à leur système immunitaire, a indiqué la Douzième chaîne.

La campagne nationale de vaccination israélienne est actuellement ouverte aux pré-adolescents et adolescents âgés de 11 à 15 et à tous les Israéliens de plus de 16 ans.

Un adolescent israélien reçoit un vaccin COVID-19 dans une clinique Maccabi à Tel Aviv, le 22 juin2021 (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Tandis que le document qui a été présenté reconnaît qu’actuellement, il n’y a pas d’initiative de vaccination d’ampleur des enfants âgés de 5 à 11 ans, il note qu’il « y a des situations particulières dans lesquelles la vaccination peut être envisagée à ces âges » – comme les cas où il y a un risque raisonnable de complications de la maladie ou de mort.

Il précise aussi que les enfants appartenant au groupe des 5 à 11 ans doivent bénéficier de doses équivalent à un tiers de celle qui est administrée aux adultes et qu’un contrôle particulièrement minutieux des enfants sera nécessaire pour identifier les effets secondaires potentiels.

Après être parvenu à faire baisser le nombre d’infections, l’État juif avait largement levé les restrictions imposées au cours de l’année écoulée pour réduire la morbidité. Néanmoins, avec la hausse récente des cas, les responsables ont évoqué la nécessité de réimposer certaines directives.

La résurgence de l’épidémie de coronavirus dans le pays a été largement attribuée à la propagation du variant Delta, qui a été détecté pour la première fois en Inde et qui serait deux fois plus contagieux que la souche Alpha de la COVID-19.

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