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De nouvelles allégations d’agression sexuelle émergent contre Arie Levine

Le chef du service de gastro-entérologie pédiatrique à l'hôpital Wolfson fait l'objet de multiples accusations, dont 10 officielles

Le professeur Arie Levine comparaît devant le tribunal de première instance de Tel Aviv le 4 octobre 2021 (Capture d'écran/Channel 12 news)
Le professeur Arie Levine comparaît devant le tribunal de première instance de Tel Aviv le 4 octobre 2021 (Capture d'écran/Channel 12 news)

Jeudi, un tribunal a prolongé de six jours la détention provisoire d’un important professeur accusé d’avoir agressé sexuellement des patientes, et notamment d’avoir violé une mineure, alors que de nouvelles femmes se sont manifestées pour dire qu’elles avaient été ses victimes.

Cinq femmes avaient déjà porté plainte contre le professeur Arie Levine lorsque l’affaire a été rendue publique en début de semaine, et cinq autres se sont manifestées depuis.

Levine, 64 ans, est directeur de l’unité de gastro-entérologie et de nutrition pédiatriques à l’hôpital Wolfson de Holon et exerce par ailleurs dans une clinique privée. Il est comparu jeudi devant le tribunal de première instance de Tel Aviv pour une audience sur sa détention provisoire, après avoir été placé en détention en début de semaine.

Il nie avoir commis des actes répréhensibles.

La police a déclaré lundi que parmi ses crimes présumés, commis sur plusieurs années, figurait le viol d’une jeune fille âgée de moins de 14 ans.

Le tribunal de première instance de Tel Aviv (Nati Shohat/Flash90)

Selon la Douzième chaîne, plusieurs autres femmes ont été en contact avec la police mais n’ont pas encore déposé de plainte officielle. Les enquêteurs craignent que des dizaines de femmes aient été agressées pendant plusieurs années à l’hôpital et dans la clinique privée de Levine, sous couvert de traitements médicaux.

La juge Christina Hilou-Assad, du tribunal de première instance de Tel Aviv, a déclaré lors de l’audience de renvoi que « le soupçon raisonnable s’est renforcé et s’est étendu à d’autres incidents. »

Le médecin « profitait de la détresse des patients et, dans la plupart des cas, les délits sexuels présumés ont été commis sous le couvert d’un traitement », a déclaré la police.

L’arrestation a fait suite à une enquête sous couverture menée en collaboration avec les procureurs du district de Tel Aviv sur les allégations contre le médecin, qui n’a pas été nommé dans la déclaration initiale de la police. Avec l’arrestation, la police a également saisi des documents et d’autres preuves qui pourraient être pertinents pour l’affaire.

La police a déclaré qu’elle était prête à faire face à la possibilité que d’autres femmes se manifestent à la suite de la publication des détails de l’affaire.

Les autorités ont pris connaissance de l’affaire lorsqu’une femme a déposé une plainte auprès du responsable du harcèlement sexuel de l’hôpital il y a deux mois, alléguant que le médecin l’avait violée neuf ans plus tôt alors qu’elle était mineure, selon les rapports.

La femme qui a déposé la plainte a d’abord refusé de se rendre à la police, mais a finalement été persuadée de le faire. Une autre des personnes qui auraient été agressées par le médecin est la mère d’un patient qui était mineur.

Au fur et à mesure de l’avancée de l’enquête, la police a été en contact avec des femmes et des jeunes filles de tout le pays qui auraient été victimes du médecin, indique le communiqué.

Sur les dix plaintes, trois concernent des filles mineures et comprennent deux incidents de viol présumé contre une mineure et une femme adulte, a-t-elle déclaré.

« Je doute qu’on puisse soutenir qu’il s’agit d’un traitement médical au vu de la nature de la plainte », a déclaré Mme Hilou-Assad.

La police a révélé à la cour qu’en 2015, Levine a reçu un avertissement d’une commission médicale sur sa méthode de réalisation des examens.

Selon les rapports, les victimes décrivent le médecin comme un « Dieu » en raison de sa capacité à traiter leurs conditions médicales difficiles et disent qu’elles se sont senties « trahies » par ses agressions.

Les plaintes initiales concernaient des incidents survenus il y a des années, le plus récent datant de 2014. Les nouvelles plaintes incluent des événements qui se sont produits au cours de la dernière année et demie, a déclaré la police au tribunal.

« La vie des patients a été détruite », a déclaré un enquêteur de la police. « Les témoignages font état de cas choquants ».

L’avocat de Levine, Lior Epstein, a déclaré aux médias que seule une évaluation médicale appropriée des demandes permettra de clarifier s’il y a eu un quelconque acte répréhensible.

« Ni moi ni la police n’avons les connaissances médicales nécessaires. L’incident médical est à la base de cette affaire et la question doit être examinée en profondeur », a déclaré Epstein. « Comprendre ce qui s’est passé, dans ce cas, c’est comme essayer de comprendre ce qui se passe dans un match de football lorsque vous êtes à l’extérieur du stade. »

Lors de l’interrogatoire de la police, Levine a entièrement rejeté les affirmations de l’une de ses victimes présumées et a maintenu que dans tous les autres cas, il effectuait des examens et des traitements médicaux, a rapporté la Douzième chaîne. Il a ajouté qu’il n’a jamais eu l’intention de tenter d’abuser sexuellement de ses patients.

Une femme a déclaré à Kan News que, de tous les experts qu’elle avait consultés lorsqu’elle avait besoin d’un traitement pour une maladie dont elle souffrait, Levine était le seul à lui avoir demandé d’enlever son soutien-gorge lorsqu’il examinait son estomac.

« C’était une expérience désagréable », a-t-elle déclaré à la station et a noté que lorsqu’elle en a parlé à son mari, il était également perplexe face à cette demande.

« Nous n’y avons pas trop pensé, mais je ne suis pas retournée le voir », a déclaré la femme, qui n’a pas été identifiée dans le reportage.

Avec la révélation de l’affaire, « nous avons rapidement compris que ce que j’avais vécu n’était rien comparé aux autres filles malheureuses », a-t-elle ajouté.

Une source policière anonyme citée par le quotidien Haaretz lundi a déclaré que les experts avaient contredit l’affirmation de la défense selon laquelle les actes de Levine étaient nécessaires pour procéder aux traitements.

Hagit Peer, chef du groupe de défense des droits des femmes Naamat, a qualifié l’affaire de « choquante » et a demandé qu’un soutien moral soit apporté aux femmes qui se sont manifestées.

« Il est horrible de découvrir qu’une personne comme celle-ci a perpétré ces actes dans un lieu qui était censé être l’endroit le plus sûr qui soit pour ces femmes, comme un hôpital ou une clinique médicale », a-t-elle déclaré.

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