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De nouvelles enclaves juives en vue dans les quartiers palestiniens de Jérusalem

Environ 200 unités de logement à Abu Dis, Umm Tuba et Ras-al-Amoud, ainsi qu'une proposition portant sur un nouveau quartier, sont avancés par la ville et par des groupes de droite

Shalom Yerushalmi est analyste politique pour Zman Israël, le site en hébreu du Times of Israël sur l'actualité israélienne.

Des chevaux appartenant à une famille palestinienne dans un paddock installé devant Har Homa, une implantation israélienne de Jérusalem-Est qu'Israël considère comme un quartier de sa capitale, le 23 février 2023. (Crédit : AP Photo/Mahmoud Illean)
Des chevaux appartenant à une famille palestinienne dans un paddock installé devant Har Homa, une implantation israélienne de Jérusalem-Est qu'Israël considère comme un quartier de sa capitale, le 23 février 2023. (Crédit : AP Photo/Mahmoud Illean)

La municipalité de Jérusalem fait actuellement avancer des plans qui portent sur la construction de milliers de nouveaux logements dans les quartiers palestiniens et dans leurs environs, à Jérusalem – des habitations qui seront commercialisées auprès du public juif. Sont notamment concernés des secteurs où la présence juive n’est pas perceptible pour le moment.

Parmi ces plans, des centaines de logements à Abu Dis, une grande ville palestinienne qui se situe partiellement dans les frontières de la municipalité de Jérusalem, et des habitations à Umm Tuba, au Sud-Est de Jérusalem, et dans ses alentours, a fait savoir vendredi Zman Yisrael, le site en hébreu du Times of Israel.

Des constructions sont aussi envisagées à Ras al-Amoud, un quartier palestinien qui accueille déjà l’enclave juive israélienne de Maale Hazeitim. L’adjoint au maire d’extrême-droite de cette communauté, Arieh King, a été l’artisan de ces nouveaux projets immobiliers qui sont soutenus par des investisseurs et par des groupes privés, avec l’aide de la municipalité de Jérusalem. Cela fait longtemps que King est impliqué dans des acquisitions foncières à Jérusalem-Est.

S’il est mené à bien, ce plan pourrait radicalement modifier la démographie de la capitale tout en créant de nouveaux points de frictions dans une ville d’ores et déjà fragmentée. Des projets similaires suscitent habituellement de fortes condamnations à l’international et occasionnellement, des pressions exercées par les diplomates en faveur de leur abandon.

A Abu Dis, les responsables de la planification espèrent pouvoir construire 250 à 450 nouvelles habitations sur deux parcelles de terrain qui, selon un groupe de droite, appartiennent aux Juifs depuis 1920.

Les archives révèlent qu’en 1992, la ville avait envisagé la possibilité de développer le terrain en estimant que 500 unités de logement pourraient y être implantées. Les registres comprennent notamment une note non-datée adressée à King, répondant à une requête faite sur ces terrains. Le projet actuel est mis en place avec l’aide d’Ateret Kohanim, un groupe d’extrême-droite doté de gros moyens financiers qui achète des terrains pour permettre aux Juifs de s’implanter à Jérusalem-Est.

Abu Dis. Illustration. (Crédit : Kobi Gideon/Flash90)

Abu Dis, une ville qui avait été envisagée, dans le passé, comme la possible future capitale d’un État palestinien, accueille actuellement seulement environ une dizaine de familles juives qui vivent dans deux petits bâtiments résidentiels qui avaient été achetés par l’Américain Irving Moskowitz.

Le secteur se situe dans les profondeurs de Jérusalem-Est, mais il touche une artère de circulation actuellement en construction qui court le long de la bordure orientale de Jérusalem et qui relie les implantations du Sud de la ville à celles du Nord et de l’Est. La « Route américaine » comprendra un tunnel en-dessous d’Abu Dis, qui devrait traverser les parcelles où la nouvelle enclave juive a été planifiée.

A proximité du terminus de la route, au sud, dans le quartier palestinien d’Umm Tuba, ce sont 400 autres unités de logement dont la construction est envisagée, ce qui serait la toute première tentative d’implanter une présence juive dans le village. Les terrains ont été achetés, pour ce projet, par des acquéreurs privés.

Jérusalem cherche aussi à inaugurer un quartier complètement nouveau, qui serait construit sur le versant d’une colline, entre Umm Tuba et le quartier de Gilo, à Jérusalem, où 1 500 habitations pourraient être installées. L’existence de ce projet de quartier, qui devrait porter le nom de l’aqueduc romain qui, dans le passé, acheminait l’eau dans la capitale, avait été initialement annoncée par la chaîne Kan.

Des ouvriers font une pause avant la visite de responsables de l’Union européenne sur le chantier de construction du quartier de Givat Hamatos, à Jérusalem-Est, le 16 novembre 2020. (Crédit : AP Photo/Maya Alleruzzo)

S’il est terminé, ce quartier sera contigu à Givat Hamatos, où des plans de construction de nouvelles habitations ont été entravés de manière répétée par les pressions internationales. Les critiques affirment que les constructions israéliennes dans le secteur, qui accueille déjà d’importants quartiers juifs, Har Homa et Gilo, ancreront l’isolement de Jérusalem et du nord de la Cisjordanie.

1 500 résidents Juifs vivent déjà à Ras al-Amoud, dans l’enclave de Maaleh Hazeitim, l’un des quartiers de la ville où les Israéliens de droite tentent d’implanter une présence juive dans les profondeurs des quartiers palestiniens, causant frictions et heurts.

Les responsables de la planification cherchent dorénavant à ajouter 400 unités de logement qui seront commercialisées auprès des Juifs israéliens dans le cadre de deux projets résidentiels. L’un d’entre eux sera construit sur un ancien commissariat de police et l’autre remplacera une station-service qui appartenait à un Juif.

Le quartier juif de Maale Hazeitim, au coeur du quartier arabe de Ras al-Amoud, sur le mont des Oliviers, au mois de mai 2011 (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)

Lors de sommets organisés en Égypte et en Jordanie, cette année, le gouvernement israélien s’était engagé à ne pas faire avancer de nouveaux projets d’implantation pendant quatre mois et à ne pas légaliser d’avants-postes illégaux en Cisjordanie pendant six mois dans le cadre d’un accord conclu avec l’Autorité palestinienne, accord qui visait à réduire les tensions en amont de la période du ramadan et de Pessah.

Israël avait capturé Jérusalem-Est, alors sous le contrôle de la Jordanie, en 1967, annexant ultérieurement la partie orientale de la ville pour en faire sa capitale indivisible. L’État juif a le droit de faire construire partout dans la ville et il rejette les affirmations faites par la communauté internationale qui estime, pour sa part, que les constructions à Jérusalem-Est sont illégales.

L’équipe du Times of Israel a contribué à la rédaction de cet article.

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