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De rares osselets donnent un aperçu des jeux hellénistiques dans l’ancien Israël

530 "astragales" portant des instructions de jeu, avec des rôles différents et des noms de divinités - dont Eros ou Hermès - découverts dans le sud d'Israël ont enfin été examinés

Une collection rare d'astragali datant de la période hellénistique. (Crédit : Yoli Schwartz/ IAA)
Une collection rare d'astragali datant de la période hellénistique. (Crédit : Yoli Schwartz/ IAA)

Selon l’Autorité israélienne des antiquités (IAA), une collection rare de jeu d’osselets d’animaux, utilisés il y a 2 300 ans durant la période hellénistique, a été découverte, assortie d’inscriptions de noms de divinités et d’instructions diverses de jeu.

Les « astragales », osselets de chèvres, de moutons et de bovins, étaient utilisés comme dés dans des jeux et ils étaient aussi utilisés pour la divination rituelle principalement par les femmes et les enfants.

Les 530 astragales avaient été découverts il y a plusieurs années dans un vaste complexe de grottes souterraines dans le parc national de Maresha-Bet Guvrin, dans les contreforts de la Judée, dans le sud d’Israël. Les recherches sur leurs inscriptions et leur utilisation ont été publiées pour la première fois récemment dans la revue Levant.

De nombreux osselets portent des inscriptions grecques et notamment des gravures comportant « les noms des dieux associés dans l’Antiquité aux souhaits et aux désirs humains », a déclaré l’IAA dans un communiqué.

Parmi les noms inscrits sur les astragales figurent Aphrodite, la déesse de la fertilité, de l’amour et de la beauté, Eros, le dieu de l’amour, le dieu Hermès, la déesse Héra et Niké, la déesse de la victoire.

Les chercheurs ont découvert que certains osselets portaient des instructions et des rôles de jeu tels que « Voleur », « Stop ! » et « Tu es détruit ».

Certains des astragales ont été modifiés, polis, perforés ou remplis de plomb pour les faire rouler plus efficacement.

Une rare collection d’astragali datant de la période hellénistique porte des noms de dieux et des instructions de jeu. (Crédit : Roi Shafir/Université de Haïfa)

La collection a été étudiée par les auteurs de l’article : Lee Perry-Gal de l’IAA, le professeur Adi Erlich de l’Institut d’archéologie Zinman de l’Université de Haïfa, et Avner Ecker, du département des études sur la terre d’Israël de l’Université Bar Ilan. Ian Stern, de l’école d’archéologie Nelson Glueck du Hebrew Union College de Jérusalem, qui a été le premier à découvrir les ossements, a également participé à l’examen des objets.

« La collection atteste du fait que dans les anciennes périodes de détresse, tout comme aujourd’hui, les gens cherchaient de l’aide dans la magie, dans les sorts et dans le monde de l’inconnu », a déclaré Perry-Gal, zoo-archéologue de l’IAA et chercheuse à l’université de Haïfa. « Dans le passé, les êtres humains, et surtout les femmes, tentaient de contrer les facteurs d’incertitude, tels que la mort, l’accouchement et les problèmes de santé, et ils essayaient de se protéger à l’aide de la magie. »

La croyance dans le pouvoir des astragales était si forte que ces osselets étaient parfois enterrés sous le seuil des maisons, pour apporter chance et prospérité.

« Nous avons des exemples d’enfants enterrés avec des osselets similaires », a noté Perry-Gal.

Eli Eskosido, directeur de l’IAA, a déclaré que les astragales fournissent des informations précieuses sur les us et coutumes de ceux qui vivaient dans la région dans l’ancien temps, mais qu’ils nous rappellent aussi « que le monde tout entier regorge de gens ordinaires ».

« Ils rêvent et ils espèrent, et malgré la dureté du quotidien, ils trouvent le temps de jouer et de se divertir », a-t-il ajouté.

Eskosido décrit Maresha-Bet Guvrin comme « l’un des lieux de rassemblement de l’époque dans le sud du Levant ».

Lee Perry-Gal, zoo-archéologue de l’IAA, tenant une collection rare d’astragali datant de la période hellénistique. (Crédit : Yoli Schwartz/IAA)

Les os des articulations étaient souvent trouvés à côté d’ostraca, des tessons de poterie sur lesquels étaient inscrites des incantations magiques en araméen, a expliqué Perry-Gal.

« Différentes populations et différentes cultures vivaient ici côte à côte dans un esprit de bon voisinage, tous subordonnés à la règle hellénistique », a déclaré Perry-Gal. « Il y avait ici des Édomites, des Phéniciens, des Nabatéens et des Juifs, et les différents peuples et cultures s’influençaient mutuellement. »

L’époque hellénistique s’étend de la fin de l’époque classique – à la mort d’Alexandre le Grand en 323 avant l’ère commune – jusqu’à la défaite de Cléopâtre VII à la bataille d’Actium en 31 avant l’ère commune.

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