Décès de Kurt Salomon, survivant suisse de la Shoah
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Décès de Kurt Salomon, survivant suisse de la Shoah

L'homme, auquel il "importait de ne jamais se taire", avait un seul regret à la fin de sa vie : "celui de ne pas être allé témoigner dans les écoles plus tôt"

Kurt Salomon. (Crédit : Fondation Gamaraal)
Kurt Salomon. (Crédit : Fondation Gamaraal)

Kurt Salomon, un des derniers Genevois survivants de la Shoah, est décédé le 2 août dernier à Genève, a rapporté la Tribune de Genève. Il était âgé de 86 ans.

Né en décembre 1935 à Aix-la-Chapelle, en Allemagne, il a fui alors enfant avec sa famille en Hollande et en Belgique suite aux persécutions nazies.

Pour leur propre protection, sa sœur Ruth et lui ont été baptisés pendant la guerre et ont ensuite été cachés dans un couvent. Ils ont ensuite rejoint leurs parents dans le camp de rassemblement pour Juifs de Malines, en Belgique. Après la libération du camp par les soldats américains, Kurt et sa famille sont retournés à Aix-la-Chapelle.

Ingénieur en textile, il a déménagé en Suisse en 1963 où il s’est marié. Il a eu un fils et une fille, ainsi que deux petits-enfants.

Il a notamment témoigné de son histoire dans les écoles suisses et pour la Fondation Gamaraal, qui soutient les survivants de la Shoah et qui est engagée dans l’éducation sur la Shoah.

« L’histoire de sa vie a ému plus d’un écolier et plus d’une écolière », a écrit la présidente de la fondation, Anita Winter, dans un hommage à M. Salomon publié dans le journal Le Temps. « Ces élèves ont compris ce que cela signifie de se faire priver de sa dignité humaine et de ses droits. Ces élèves ont compris ce que signifie l’humiliation. Ces élèves ont compris que l’Holocauste a encore des conséquences sur la société d’aujourd’hui. »

Si Mme Winter explique qu’il souriait en permanence, il avait cependant déclaré dans un entretien : « Lorsque quelqu’un me demande comment j’ai fait face à l’Holocauste, je réponds toujours que je n’en ai gardé aucune blessure, parce que j’ai le cuir épais. Mais ce n’est pas la vérité. J’ai été profondément meurtri. Je ne fais plus confiance aux êtres humains. Je n’ai confiance qu’en moi-même. »

« Il a toujours gardé l’étoile jaune de sa jeunesse sur lui, car c’est le symbole même du racisme et de l’antisémitisme », a expliqué Mme Winter. « Il plaçait tous ses espoirs dans les générations futures. Juste avant son décès, il m’a dit au téléphone qu’il avait un regret : celui de ne pas être allé témoigner dans les écoles plus tôt. Il lui importait de ne jamais se taire, de ne jamais être indifférent, de ne jamais haïr et de ne jamais oublier. Jamais. »

Les obsèques de Kurt Salomon ont eu lieu au cimetière Saint-Georges à Genève ce 11 août dans l’intimité familiale.

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