Défiant les Etats-Unis, Rouhani promet de continuer le développement des missiles
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Défiant les Etats-Unis, Rouhani promet de continuer le développement des missiles

Le président iranien affirme que ses missiles ne contreviennent pas aux accords internationaux, et attaque Trump, qui n'a pas re-certifié l'accord nucléaire

Hassan Rouhani, le président iranien, pendant un discours télévisé à Téhéran, le 20 mai 2017. (Crédit : Atta Kenare/AFP)
Hassan Rouhani, le président iranien, pendant un discours télévisé à Téhéran, le 20 mai 2017. (Crédit : Atta Kenare/AFP)

Le président iranien Hassan Rouhani a affirmé dimanche que l’Iran continuera à développer des missiles balistiques malgré les critiques des Américains. Il a souligné le caractère défensif de ces armes, et précisé qu’elles ne contreviennent pas aux accords internationaux.

« Pour défendre notre nation et notre intégrité territoriale, nous construirons toutes les armes dont nous aurons besoin », a déclaré Rouhani lors d’un discours au Parlement diffusé par la télévision d’État.

« Nous avons construit des missiles, nous en construisons et nous allons en construire car cela ne viole aucune règle internationale, pas même la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies », a-t-il ajouté.

La résolution 2231 enjoint l’Iran « de ne mener aucune activité liée aux missiles balistiques conçus pour pouvoir emporter des armes nucléaires, y compris les tirs recourant à la technologie des missiles balistiques » pendant huit ans au plus.

Depuis lors, l’Iran a réalisé plusieurs tirs d’essai de missiles balistiques. Téhéran justifie ces tirs en affirmant que la République islamique ne cherchant pas à produire des armes nucléaires, aucun de ses missiles n’est conçu pour porter de telles armes, mais pour plusieurs membres du Groupe des Six, notamment la France et les États-Unis, ces tirs ne sont pas conformes à la résolution 2231.

Le nouveau missile iranien à longue portée Khoramshahr durant une parade militaire annuelle marquant l'anniversaire de l'éclatement de la guerre de huit ans contre l'Irak de Saddam Hussein en 1980, le 22 septembre 2017. (Crédit : STR/AFP)
Le nouveau missile iranien à longue portée Khoramshahr durant une parade militaire annuelle marquant l’anniversaire de l’éclatement de la guerre de huit ans contre l’Irak de Saddam Hussein en 1980, le 22 septembre 2017. (Crédit : STR/AFP)

Le 26 octobre, la Chambre des représentants américaine a adopté en première lecture un projet de loi visant à imposer « des sanctions contre les entités du gouvernement iranien impliqués dans le développement du programme balistique » du pays.

Pour Téhéran, les nouvelles sanctions américaines et les déclarations hostiles du président américain Donald Trump constituent une violation de l’accord nucléaire de 2015. Devant les députés, Rouhani a accusé une nouvelle fois les États-Unis d’être responsables de l’ « insécurité » au Moyen-Orient.

Au début du mois, Trump a décidé de ne pas re-certifier l’accord passé en 2015 avec l’Iran, dont l’objectif était de limiter le programme nucléaire de Téhéran. Trump affirme que l’accord n’est pas parvenue à réduire le programme balistique de l’Iran, ni à mettre un terme aux tentatives de déstabilisation du Moyen Orient par la République islamique.

Dans son allocution, Rouhani a attaqué Trump, qui a dé-certifié l’accord alors que l’observatoire mis en place par les Nations unies a déclaré que l’Iran se conformait à ses termes.

« Vous ne prenez pas en compte les négociations et les accords passés qui ont été approuvés par le Conseil de sécurité des Nations unies, et vous vous attendez à ce que les autres négocient avec vous », a-t-il dit.

« A cause du comportement qu’ils ont adopté, les Etats-Unis doivent oublier tous pourparlers et accords futurs avec les autres pays », a-t-il ajouté, référence apparente à la Corée du Nord et à son programme nucléaire.

Tandis que les autres parties prenantes dans l’accord sur le nucléaire ont indiqué qu’elles maintiendront ce dernier malgré la décision des Etats-Unis, le président français Emmanuel Macron a estimé la semaine dernière qu’il fallait faire plus pour s’attaquer au programme balistique de la République islamique pour rassurer « les états dans la région et les Etats-Unis. »

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