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« Dénazification » de l’Ukraine: Poutine offense la mémoire des déportés

Des associations de déportés, Yad Vashem et le musée de la Shoah ont dénoncé la terminologie utilisée par le président russe pour justifier l'attaque contre l'Ukraine

Une affiche du président russe Vladimir Poutine est utilisée comme cible le long d'une tranchée sur la ligne de front avec des séparatistes soutenus par la Russie près du village de Zolote, dans la région de Lougansk, le 21 janvier 2022. (Crédit :  Anatolii STEPANOV / AFP)
Une affiche du président russe Vladimir Poutine est utilisée comme cible le long d'une tranchée sur la ligne de front avec des séparatistes soutenus par la Russie près du village de Zolote, dans la région de Lougansk, le 21 janvier 2022. (Crédit : Anatolii STEPANOV / AFP)

Des associations de déportés ont dénoncé l’utilisation par le président russe des mots « dénazification » et « génocide » pour justifier l’attaque contre l’Ukraine, dans une déclaration transmise mercredi à l’AFP.

« Nous ne pouvons accepter que ces mots soient galvaudés », ont écrit les représentants des comités des anciens camps de concentration et d’extermination nazis.

Nous sommes « dépositaires de la mémoire des victimes » et « attachés à des réalités historiques fondatrices », ont rappelé les signataires, originaires de plus de dix pays.

Ils représentent entre autres les comités de Mauthausen, d’Auschwitz, de Dachau, de Buchenwald-Dora et de Ravensbrück.

Lors de son allocution annonçant l’intervention armée de la Russie en Ukraine jeudi, le président russe Vladimir Poutine a affirmé vouloir défendre les populations russophones d' »un génocide de la part du régime de Kiev ».

Notre but est la « dénazification de l’Ukraine et la traduction en justice de ceux qui ont commis des crimes sanglants contre des civils, y compris contre des citoyens de la Fédération de Russie », a-t-il ajouté.

Depuis, Moscou conditionne la fin de son offensive à une « dénazification » de l’Etat ukrainien.

« Parmi les survivants soviétiques des camps nazis, les plus nombreux furent souvent Russes et Ukrainiens », rappelle la déclaration des représentants des anciens camps, qui « condamne la guerre menée contre l’Ukraine ».

En Israël, l’Institut international pour la mémoire de la Shoah Yad Vashem a déploré des « comparaisons totalement inexactes avec les actions nazies », une « banalisation » et « une déformation des faits historiques concernant l’Holocauste ».

Le Musée du mémorial de l’Holocauste des Etats Unis a estimé que Vladimir Poutine « déforme et détourne l’histoire » en affirmant « à tort que l’Ukraine démocratique doit être dénazifiée ».

« Tout aussi infondées sont ses affirmations selon lesquelles les autorités ukrainiennes commettent un « génocide » pour justifier l’invasion de l’Ukraine », a ajouté l’institution basée à Washington.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, lui-même d’ascendance juive, a accusé Moscou mercredi de chercher à « effacer » l’Ukraine et son histoire et appelé les Juifs « à ne pas rester silencieux ».

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