Des affrontements anti-Abbas éclatent dans 3 camps de réfugiés de Cisjordanie
Les forces de sécurité de l’AP auraient utilisé des balles réelles pour arrêter une manifestation ; il y aurait 2 blessés

De vifs affrontements ont éclaté mardi soir dans trois camps de réfugiés entre jeunes Palestiniens et forces de sécurité de l’Autorité palestinienne (AP), après la répression d’une manifestation contre la récente expulsion d’un élu palestinien du Fatah.
Au moins deux personnes auraient été blessées par des balles réelles au cours des affrontements, qui ont eu lieu dans les camps de réfugiés d’al-Amari, près de Ramallah, de Balata, près de Naplouse, et de Jénine.
Les affrontements ont commencé quand la sécurité de l’AP a refusé d’autoriser une manifestation de soutien à Jihad Tummaleh, exclu dimanche du Fatah par le président de l’AP, Mahmoud Abbas, près du domicile de Tummaleh, dans le camp de réfugiés d’al-Amari.
L’éviction de Tummaleh a eu lieu après qu’il a organisé une conférence à al-Amari en soutien à « l’unité du parti ». L’évènement a été perçu par certains à Ramallah comme une tentative d’appel à la réconciliation entre Abbas et son rival politique, Mohammad Dahlane.
Tummaleh est entré au Parlement palestinien pour la première fois en 2006 en tant que représentant régional de Ramallah et El Bireh. Il n’a été précédé à l’élection primaire régionale que par le très populaire Marwan Barghouti. Barghouti, considéré par beaucoup de Palestiniens comme un des favoris pour succéder à Abbas à la présidence de l’AP, purge actuellement une peine de prison à perpétuité en Israël pour meurtre et terrorisme.
Le Fatah n’a donné aucune explication officielle pour l’éviction de Tummaleh samedi, mais la mesure avait été recommandée par le « Tajannuh », le Comité anti-délinquance, qui a été utilisé dans le passé pour des mesures contre les partisans de Dahlane.
Il n’a pas été précisé si les affrontements simultanés à Jénine et Naplouse étaient directement liés aux évènements de Ramallah.
L’agence de presse palestinienne Maan a annoncé qu’un nombre important de forces de sécurité avait été déployé dans le camp d’al-Amari pour empêcher les partisans de Tummaleh de quitter la zone.
Des réseaux sociaux palestiniens ont montré des photographies de Tummaleh aux côtés de ses partisans, dans le camp.
#صور.. مواجهات بين الشبان وأمن السلطة، في مخيم الأمعري جنوب رام الله، على خلفية فصل القيادي بحركة فتح جهاد طملية. pic.twitter.com/U6CxXhXNrZ
— المركز الفلسطيني للإعلام (@PalinfoAr) October 25, 2016
Les forces de sécurité de l’AP ont également arrêté mardi soir le porte-parole officiel du Fatah à Jérusalem, Rafat Alayan, qui avait précédemment participé à un rassemblement de soutien à Tummaleh.
عائلة عليان:عناصر الوقائي اعتقلوا الناطق باسم فتح بالقدس رأفت عليان بطريقة وحشية تم فيها الاعتداء،ونؤكد أن الاعتقال جاء بقرار من الرئيس عباس pic.twitter.com/qZVQy9HUY8
— شبكة قدس الإخبارية (@qudsn) October 25, 2016
Dahlane, qui a été l’un des plus importants dirigeants du Fatah et est perçu comme un successeur possible d’Abbas, a été expulsé de la bande de Gaza en 2011 après une querelle avec Abbas.
Le président de l’AP avait même sous-entendu que Dahlane, qui vit actuellement aux Emirats arabes unis mais maintient d’étroites relations avec ses partisans à Gaza et en Cisjordanie, aurait pu empoisonner Yasser Arafat, le dirigeant palestinien mort en 2004.
Les dirigeants arabes, particulièrement ceux du Quartet dit arabe, composé de la Jordanie, de l’Egypte, des Emirats arabes unis et de l’Arabie saoudite, ont récemment fait pression sur Abbas pour qu’il apaise les conflits au sein du Fatah et se réconcilie avec Dahlane.
Abbas a jusqu’à présent refusé d’accueillir à nouveau Dahlane, et a même fustigé de manière très inhabituelle « les capitales [arabes] » en septembre, déclarant que « personne ne nous dictera une position ou une idée. »







