Des « anti-masques » forment une chaîne humaine à la frontière germano-suisse
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Des « anti-masques » forment une chaîne humaine à la frontière germano-suisse

La participation semblait être largement en deçà des attentes des participants, qui ambitionnaient initialement de faire le tour du lac jusqu'à l'Autriche

Des citoyens participent à une chaîne humaine pour protester contre le port du masque et les restrictions liés à la pandémie de coronavirus à Constance, dans l'ouest de l'Allemagne, le 3 octobre 2020. (SEBASTIEN BOZON / AFP)
Des citoyens participent à une chaîne humaine pour protester contre le port du masque et les restrictions liés à la pandémie de coronavirus à Constance, dans l'ouest de l'Allemagne, le 3 octobre 2020. (SEBASTIEN BOZON / AFP)

Des milliers de personnes ont formé une chaîne humaine samedi à la frontière germano-suisse, en signe de protestation contre les mesures de restrictions liées à la pandémie, sous forte présence policière face aux craintes d’éventuels débordements.

Pendant trente minutes environ, les manifestants se sont rassemblés au bord du lac de Constance, à cheval sur l’Allemagne, la Suisse et l’Autriche, sous un large soleil et dans le calme.

Face aux eaux bleu roi de ce vaste lac, ils étaient reliés les uns aux autres à l’aide d’écharpes, de bouts de tissus ou de cordes et la chaîne humaine s’étendait des deux côtés de la frontière entre l’Allemagne et la Suisse qui passe dans un parc de Constance, selon un journaliste de l’AFP sur place.

Mais la participation semblait être largement en deçà des attentes des participants qui, avec 15 000 personnes prévues du côté allemand, ambitionnaient initialement de faire le tour du lac jusqu’à l’Autriche. Un objectif qui pour la chaîne de télévision n-tv semblait « très, très difficile » à atteindre.

Un manifestant brandit une pancarte indiquant : « Fake news : [Le président américain Donald] Trump a été testé positif » pour protester contre le port du masque et les restrictions liées à la pandémie de Covid-19, à Constance, dans l’ouest de l’Allemagne, le 3 octobre 2020. (SEBASTIEN BOZON / AFP)

« Pas aussi dangereux »

« Je suis persuadée que le virus n’est pas aussi dangereux que cela », assurait à l’AFP une participante, Ester, 55 ans.

« Les gens doivent réfléchir un peu plus à tout ça (…) et ne pas avoir si peur de la nature car les virus, les bactéries font partie de la nature », soulignait de son côté Ella, 51 ans.

La police évoquait « un millier de participants sur le secteur de Constance » et une situation « très calme », ne relevant que quelques incidents épars et mineurs.

Cette manifestation se tenait à l’initiative de « libres penseurs », un rassemblement hétéroclite d’opposants aux mesures liées à la pandémie de Covid-19 qui ont déjà tenu deux manifestations avec des dizaines de milliers de personnes à Berlin durant l’été.

L’une d’elles s’était soldée par des débordements qui avaient choqué l’Allemagne.

Dix-sept défilés ou rassemblements devaient se tenir dans la journée à Constance mais dans l’après-midi, la police a indiqué que certains rassemblements n’avaient même pas eu lieu ou avec beaucoup moins de participants que prévu, sans doute en raison de la pluie en matinée.

Dimanche, 12 rassemblements sont également annoncés dans le centre-ville même si, comme l’a souligné la Ville, une majorité d’entre eux, n’interviennent pas à l’initiative d’ « anti-masques » mais entendent exprimer leur solidarité en ces temps de pandémie mondiale.

Des citoyens participent à une chaîne humaine pour protester contre le port du masque et les restrictions liés à la pandémie de coronavirus à Constance, dans l’ouest de l’Allemagne, le 3 octobre 2020. (SEBASTIEN BOZON / AFP)

Recrudescence

La police était présente en nombre dans la ville et ses alentours face aux risques de débordements éventuels.

Ces défilés interviennent en pleine recrudescence des infections en Allemagne, pays pourtant plutôt épargné par le nouveau coronavirus jusqu’ici.

Samedi le nombre de nouvelles infections en 24 heures se situait au-dessus de la barre des 2 500, soit le niveau d’avril.

La chancelière Angela Merkel, qui se dit très préoccupée de cette augmentation, a annoncé mardi de nouvelles restrictions portant notamment sur les fêtes privées, avec des amendes à la clé pour des contrevenants qui ne respecteraient pas certaines règles.

La responsable des questions sanitaires de la Ville de Berlin a également réclamé l’interdiction de vendre et de servir de l’alcool entre 23h et 6h du matin face à la forte augmentation des infections dans la capitale.

La municipalité de Constance a interdit aux manifestants de brandir des signes distinctifs du régime nazi ou des « drapeaux du Reich » allemand en souvenir de l’Empire ayant disparu après la Première guerre mondiale, comme ils l’avaient fait à Berlin.

Elle a également exigé le port du masque quand les mesures de distanciation ne pouvaient pas être respectées.

Lors du dernier rassemblement fin août, plusieurs centaines de manifestants avaient forcé des barrières de sécurité pour monter sur les marches du Reichstag, siège de la chambre des députés (Bundestag), marquant une nouvelle étape dans la radicalisation du mouvement.

Ces manifestations rassemblent une foule hétéroclite composée de militants anti-vaccin, de complotistes, de citoyens authentiquement préoccupés par les restrictions liées au Covid-19 mais aussi, et de plus en plus selon les autorités, de sympathisants d’extrême droite.

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