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Des chercheurs de Tel Aviv utilisent des thérapies à ARN contre le cancer ovarien

Les scientifiques espèrent qu'ils pourront développer des traitements pour les patientes atteintes de cancers métastasés résistants à la chimiothérapie et à l'immunothérapie

Illustration : Adénocarcinome ovarien métastatique - Bloc cellulaire du liquide pleural. (Crédit : Yale Rosen via Wikimedia Commons)
Illustration : Adénocarcinome ovarien métastatique - Bloc cellulaire du liquide pleural. (Crédit : Yale Rosen via Wikimedia Commons)

Des chercheurs de l’Université de Tel Aviv ont réussi à utiliser des nanomédicaments à base d’ARN pour cibler et faire taire un gène codant pour une protéine qui provoque la métastase du cancer de l’ovaire.

Cette percée réalisée par une équipe de recherche de l’Université de Tel Aviv dirigée par le professeur Dan Peer de l’école Shmunis de biomédecine et de recherche sur le cancer permet d’espérer un traitement possible des cancers agressifs et métastatiques résistants à la chimiothérapie et à l’immunothérapie.

Le Pr. Peer s’est récemment entretenu avec le Times of Israel au sujet de cette recherche, qui a été publiée en avril dans la revue Science Advances, et des raisons pour lesquelles il est enthousiaste quant à ce qu’elle pourrait éventuellement signifier pour les patientes pour lesquels toutes les autres options thérapeutiques ont été épuisées.

« Dans des cas comme le cancer de l’ovaire métastatique, l’oncologue ne dispose plus d’aucun arsenal. Il arrive un moment où la tumeur est fortement métastasée et où il n’y a plus rien à offrir à la patiente et à sa famille », a déclaré Peer.

Au niveau mondial, le cancer de l’ovaire touche une femme sur 78 et constitue la cinquième tumeur maligne la plus mortelle chez les femmes. Toutefois, la prévalence des mutations BRCA1 et BRCA2 chez les femmes juives ashkénazes augmente la probabilité qu’elles développent la maladie. On estime qu’une femme porteuse de la mutation BRCA1 a un risque de 39 à 46 % de développer un cancer de l’ovaire à l’âge de 70 ans.

Il n’existe pas de méthode de dépistage fiable du cancer de l’ovaire et les symptômes passent souvent inaperçus, ce qui conduit généralement à un diagnostic à un stade avancé de la maladie, lorsque celle-ci s’est déjà propagée à d’autres organes. En ce qui concerne les taux de survie, 93 % des femmes dont le cancer de l’ovaire est diagnostiqué à un stade précoce peuvent espérer vivre au moins cinq ans, mais seulement 31 % de celles diagnostiquées à un stade avancé peuvent espérer vivre aussi longtemps.

Peer et son équipe ont décidé de s’attaquer à un mécanisme fondamental dans les tumeurs cancéreuses : la division cellulaire incontrôlée.

« Nous avons décidé de bloquer ce processus de division en faisant taire un gène particulier qui code pour une protéine spéciale responsable de ces changements dans la division cellulaire », a-t-il déclaré.

Cette protéine spécifique est la CKAP5 (protéine associée au cytosquelette), qui est produite par une mutation génétiquement instable résistant à la fois à la chimiothérapie et à l’immunothérapie dans les tissus du cancer de l’ovaire. Les scientifiques ont ciblé les cellules métastasées du cancer de l’ovaire avec des nanoparticules lipidiques contenant de l’ARN pour réduire la CKAP5 au silence. Cela a provoqué l’effondrement des cellules et a permis d’atteindre un taux de survie de 80 % chez les cobayes (souris).

L’effet de l’inhibition de la CKAP5 a été mis en évidence par l’arrêt de la division cellulaire dans les cellules cancéreuses de l’ovaire, alors que les cellules de contrôle normales n’ont pas été affectées.

La déplétion (perte) de la CKAP5 montre des défauts dans le processus de division cellulaire. (Crédit : Université de Tel Aviv)

« Cela montre que la cytotoxicité n’est spécifique que pour les cellules présentant de fortes anomalies chromosomiques – une caractéristique des cellules cancéreuses de l’ovaire – absentes dans les cellules normales non cancéreuses, ce qui fait de la CKAP5 une cible unique et attrayante », a déclaré la Dr. Rachel Michaelson-Cohen, gynécologue-obstétricienne et directrice de l’unité de génétique prénatale à l’hôpital Shaare Zedek de l’Université hébraïque de Jérusalem.

Michaelson-Cohen, qui a examiné l’étude de l’Université hébraïque à la demande du Times of Israel, a déclaré qu’elle aimerait que cette approche soit testée sur les métastases du cancer de l’ovaire à un stade avancé, ainsi que sur d’autres cancers qui métastasent de la même manière dans la cavité intrapéritonéale, tels que le cancer du pancréas, le cancer colorectal et le cancer du foie.

Peer a confirmé qu’il avait l’intention de tester l’inhibition de la CKAP5 dans une variété d’autres cancers.

« La CKAP5 n’est pas seulement présente dans le cancer de l’ovaire. Nous avons utilisé le cancer de l’ovaire comme preuve de son efficacité, mais dans une semaine, nous aurons un autre article sur le myélome multiple avec la même cible », a déclaré Peer.

Il estime que cette technologie fera l’objet d’essais sur l’homme d’ici deux à trois ans.

« Une société californienne a repris ces technologies et travaille avec nous. Elle s’attaque principalement à un cancer hématologique du sang appelé leucémie myéloïde aiguë (LMA), mais le cancer de l’ovaire vient en deuxième position », a déclaré Peer.

Le Professeur Dan Peer. (Crédit : Université de Tel Aviv)

Il s’est personnellement investi dans la recherche d’un traitement contre le cancer de l’ovaire, qui a emporté sa belle-mère à un jeune âge.

« Nous nous sommes engagés à trouver une solution à ce problème depuis 2005 », a-t-il déclaré.

L’objectif ultime est non seulement de faire taire les gènes à l’origine de la métastase du cancer de l’ovaire et d’autres cancers, mais aussi de les supprimer complètement du génome. Cela ferait la différence entre des traitements réguliers et la possibilité d’arrêter la maladie en une ou deux doses d’un nanomédicament à base d’ARN.

« Il existe actuellement des preuves que cela peut être fait cliniquement dans le cas d’une maladie génétique rare du foie. Une seule dose est injectée. Cela fait déjà trois ans et les données sont très bonnes », a déclaré Peer.

« Mais il s’agit d’une maladie génétique rare, causée par un seul gène. Il n’y a qu’un seul gène à éliminer. Le cancer est un peu plus complexe. Nous pouvons supprimer deux ou trois gènes en même temps. Mais commençons par un seul », a-t-il déclaré.

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