Des démocrates juifs demandent à Trump d’évincer Bannon
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Des démocrates juifs demandent à Trump d’évincer Bannon

Jerrold Nadler de New York, Ted Deutch de Floride, et 48 autres élus mentionnent l’hostilité à l’islam de l’ancien rédacteur en chef de Breitbart ; D'autres démocrates ont demandé le retrait du décret anti-réfugiés

Stephen Bannon pendant le discours de Donald Trump, alors candidat républicain à l'élection présidentielle américaine, pendant le dernier meeting de la campagne, à Grand Rapids, Michigan, le 7 novembre 2016. (Crédit : AFP/Mandel Ngan)
Stephen Bannon pendant le discours de Donald Trump, alors candidat républicain à l'élection présidentielle américaine, pendant le dernier meeting de la campagne, à Grand Rapids, Michigan, le 7 novembre 2016. (Crédit : AFP/Mandel Ngan)

WASHINGTON — Deux membres juifs de la Chambre des représentants des Etats-Unis sont à l’initiative d’une lettre adressée par 50 élus démocrates au président américain Donald Trump pour lui demander d’évincer Stephen Bannon du Conseil national de sécurité (CNS).

Envoyée vendredi à l’initiative des élus démocrates Jerrold Nadler, de New York, et Ted Deutch, de Floride, la lettre critique le renvoi du président des chef des armées et du directeur des renseignements nationaux du Conseil, et leur remplacement par Bannon, le stratège politique en chef de Trump, et Reince Priebus, son directeur de cabinet.

La lettre vise particulièrement Bannon et son rôle important au CNS, soulignant son passé à la tête de Breitbart News avant de rejoindre la campagne de Trump l’été dernier. Bannon a une fois décrit Breitbart News comme la plate-forme de la « droite alternative », un rassemblement hétérogène de groupes contre les élites qui comprend des antisémites mais aussi des défenseurs véhéments d’Israël.

Un sujet d’unité de l’extrême-droite a été son hostilité à l’islam, et les auteurs de la lettre soulignent que Bannon est un choix tout particulièrement inapproprié, alors que les Etats-Unis sont confrontés au groupe terroriste Etat islamique (EI).

Ted Deutch, représentant de Floride, au quatrième jour de la Convention nationale démocrate, à Philadelphie, le 28 juillet 2016. (Crédit : Alex Wong/Getty Images via JTA)
Ted Deutch, représentant de Floride, au quatrième jour de la Convention nationale démocrate, à Philadelphie, le 28 juillet 2016. (Crédit : Alex Wong/Getty Images via JTA)

« Les allégations très troublantes, selon lesquelles M. Bannon soutiendrait ou serait tolérant face aux points de vue antisémites et anti-musulmans, prennent une dimension particulière s’il est amené à servir en tant que membre du comité principal du CNS, est-il écrit dans la lettre. Au moment où les Etats-Unis mènent le combat contre l’EI, nous ne devrions pas donner à nos partenaires dans le monde arabe, qui combattent aux côtés des troupes américaines, des raisons de douter de l’engagement américain dans nos alliances avec des pays à majorité musulmane. »

Nadler, dans un communiqué accompagnant la lettre, souligne les liens de Bannon avec l’extrême droite.

« Le manque d’expérience en politique étrangère de Stephen Bannon et son travail à la tête d’un site internet étroitement lié à l’extrême droite anti-musulmane et antisémite devraient le disqualifier de servir à un tel niveau pour une poste de sécurité nationale », a-t-il déclaré.

Les porte-paroles de Trump ont souligné que le CNS est constitué de personnes nommées par le président, et ont déclaré que les responsables du renseignement et les militaires sont toujours les bienvenus aux réunions.

Sur les 50 membres de la Chambre des représentants qui ont signé la lettre, huit sont juifs. La Chambre compte 20 démocrates juifs.

Des démocrates soutiennent la suspension du décret Trump

Un groupe de personnalités du parti démocrate aux Etats-Unis, dont les ex-secrétaires d’Etat John Kerry et Madeleine Albright, a demandé lundi à une cour d’appel fédérale de poursuivre le blocage du décret migratoire du président Donald Trump.

Ce décret « mal conçu, mal mis en oeuvre et mal expliqué » porte atteinte à la sécurité nationale, font-ils valoir dans un mémoire adressé à une cour d’appel fédérale de San Francisco.

Signé le 27 janvier et suspendu depuis vendredi par la justice américaine en attendant l’examen d’une plainte des Etats de Washington et du Minnesota, ce décret interdit l’entrée du territoire américain aux ressortissants de sept pays majoritairement musulmans (Iran, Irak, Libye, Somalie, Soudan, Syrie, Yémen).

Madeleine Albright (photo credit: Wikimedia Commons)
Madeleine Albright (Crédit : Wikimedia Commons)

Un appel de l’administration Trump contre la suspension du décret a été rejeté dimanche par la cour d’appel fédérale de San Francisco, à laquelle de nombreux mémoires et documents étaient envoyés tôt lundi.

Le groupe de personnalités démocrates signataires du mémoire comprend également plusieurs responsables de l’administration de l’ancien président Barack Obama comme l’ex-conseillère à la sécurité nationale Susan Rice, l’ex-chef de la CIA Leon Panetta ou l’ex-secrétaire à la Sécurité intérieure Janet Napolitano.

« Nous considérons ce décret comme susceptible en fin de compte de nuire à la sécurité nationale des Etats-Unis plutôt que d’améliorer notre sécurité », estiment-ils. « Le fait de remettre en vigueur ce décret ferait des ravages dans des vies innocentes ainsi que dans les principales valeurs américaines ».

Le mémoire estime notamment que ce décret pourrait mettre en danger les soldats américains sur le terrain et désorganiser la coopération anti-terroriste, tout en nourrissant la propagande du groupe jihadiste Etat islamique (EI) qui affirme que les Etats-Unis sont en guerre avec l’islam.

Trump a pour sa part critiqué la décision de la justice, tweetant dimanche : « N’arrive pas à croire qu’un juge mette notre pays en pareil péril. Si quelque chose arrive, tenez-le pour responsable ainsi que le système judiciaire. Les gens affluent. Mauvais ».

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