Des députés français à la (re)découverte d’Israël
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Des députés français à la (re)découverte d’Israël

Une délégation du groupe d'amitié France Israël a récolté des idées pour la France et écouté la communauté française

De g. à dr. : le député (LR) Guy Teissier, le député (Verts) Christophe Cavard, l'ambassadeur de France en Israël Patrick Maisonnave, le député (PS) Pascal Popelin et la députée (PS) Marie-Arlette Carlotti, à la résidence de l'ambassadeur à Jaffa, le 4 juillet 2016. (Crédits : Héloïse Fayet / Times of Israel)
De g. à dr. : le député (LR) Guy Teissier, le député (Verts) Christophe Cavard, l'ambassadeur de France en Israël Patrick Maisonnave, le député (PS) Pascal Popelin et la députée (PS) Marie-Arlette Carlotti, à la résidence de l'ambassadeur à Jaffa, le 4 juillet 2016. (Crédits : Héloïse Fayet / Times of Israel)

« Ici, je me sens bien, je me sens chez moi. Cette région, c’est la mienne : quand il se passe quelque chose ici, je tremble à Marseille ; quand vous êtes heureux ici, on est heureux là-bas aussi ».

Avec cette déclaration pleine d’émotion, Marie-Arlette Carlotti, députée des Bouches-du-Rhône et ancienne ministre, s’attire les applaudissements et les remerciements de la cinquantaine de Français présents lundi 4 juillet, à la Résidence de l’ambassadeur à Jaffa, pour une réception officielle.

Aussi conseillère municipale de Marseille, comme elle aime à le rappeler, elle fait partie de la délégation du groupe d’amitié France Israël de l’Assemblée nationale : quatre députés de diverses sensibilités politiques, choisis parmi la centaine de députés qui composent ce groupe d’amitié, l’un des plus grands de l’Assemblée.

Une courte semaine, au programme chargé : rencontre avec leurs homologues de la Knesset, où existe également un groupe d’amitié Israël France, discussions sur l’appréhension du terrorisme en Israël – « un sujet auquel la France est maintenant confrontée », reconnaissent les députés –, visite de start-ups… C’est aussi l’occasion de découvrir le pays « autrement que par les – excellents – rapports du Quai d’Orsay », plaisantent les députés face à l’ambassadeur de France, Patrick Maisonnave.

Mais Pascal Popelin, président du groupe d’amitié et député (PS) de la Seine Saint-Denis, le rappelle : « il ne s’agit pas de singer le voyage du président ou du Premier ministre » – Manuel Valls s’étant rendu en Israël et dans les territoires palestiniens fin mai. « Nous faisons de la diplomatie parlementaire », explique-t-il aux quelques journalistes présents lors de la conférence de presse, avant la réception.

En France, « nous représentons les Français qui regardent vers Israël avec passion », et en Israël, il s’agit d’adopter une « démarche d’écoute et de pédagogie », en « favorisant un environnement » pour un dialogue probablement apaisé et aux enjeux moins lourds que lors des voyages présidentiels.

Le député Pascal Popelin (à dr.) et le député Guy Teissier, membres du groupe d'amitié France Israël de l'Assemblée nationale, s'entretiennent avec des journalistes à la résidence de l'ambassadeur à Jaffa, le 4 juillet 2016. (Crédits : Héloïse Fayet / Times of Israel)
Le député Pascal Popelin (à dr.) et le député Guy Teissier, membres du groupe d’amitié France Israël de l’Assemblée nationale, s’entretiennent avec des journalistes à la résidence de l’ambassadeur à Jaffa, le 4 juillet 2016. (Crédits : Héloïse Fayet / Times of Israel)

« Nous devons exercer une vigilance nécessaire »

Les sujets ne manquent pas : le groupe d’amitié – bien qu’il ne s’agisse pas d’un lobby et qu’il ne dispose pas de moyens de pression législatifs, comme le souligne son président – a par exemple usé d’une certaine influence très récemment, pour faire retirer l’amendement Bachelay, ce député socialiste qui souhaitait inscrire le droit au boycott dans la loi sur la liberté de la presse. « Nous devons exercer une vigilance nécessaire », et conduire un « combat », soutient Marie-Arlette Carlotti, face à des amendements « que le gouvernement ne peut soutenir ».

Le député Pascal Popelin, président du groupe d'amitié France Israël, et la députée Marie-Arlette Carlotti, à la résidence de l'ambassadeur à Jaffa, le 4 juillet 2016. (Crédits : Héloïse Fayet / Times of Israel)
Le député Pascal Popelin, président du groupe d’amitié France Israël, et la députée Marie-Arlette Carlotti, à la résidence de l’ambassadeur à Jaffa, le 4 juillet 2016. (Crédits : Héloïse Fayet / Times of Israel)

Cependant, les relations entre députés au sein de l’Assemblée nationale restent cordiales, et aucun des membres du groupe d’amitié ne trouve cette appartenance difficile à porter, même si les sujets relatifs à Israël sont souvent clivants.

Un autre exemple de combat est bien sûr le vote controversé de la France à une résolution de l’UNESCO niant les liens du peuple juif avec le mur Occidental et le mont du Temple : les députés reconnaissent une « erreur » et œuvrent pour une « rectification » la plus rapide possible.

Mais les députés du groupe d’amitié peuvent également intervenir sur des sujets plus concrets, et ayant une influence directe sur la vie des Français en Israël : ainsi, interrogé sur la question de l’équivalence des diplômes, le député écologiste du Gard Christophe Cavard – qui est d’ailleurs membre du groupe d’amitié France Palestine et agit souvent en « médiateur » – reconnaît qu’il s’agit « d’un obstacle à l’intégration » après l’alyah, et que le groupe d’amitié travaille à « identifier les problèmes » et les éventuels lobbies qui bloqueraient la création d’équivalences.

Enfin, sur un ton plus léger, les députés abordent la place d’Israël en France, et les liens profonds qui existent entre Marseille et le petit pays méditerranéen – malgré la déplorée prochaine fermeture du consulat : Guy Tessier, également député des Bouches-du-Rhône et ancien maire du 5e secteur de Marseille, rappelle qu’il a longtemps organisé une Semaine d’Israël dans sa ville, se concentrant sur la gastronomie, la culture, et le célèbre esprit d’innovation de la start-up nation – « je ne savais pas que la clef USB venait d’Israël », avoue Pascal Popelin.

Et Marie-Arlette Carlotti de conclure : « après tout, nous ne sommes qu’à quelques brasses l’un de l’autre ! ».

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