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Des documents antisémites retrouvés dans les archives inédites de Céline

Parmi la masse de documents divers, outre les feuillets inédits et les photos, factures et autres papiers, se trouvent notamment des lettres et un fascicule antisémites

Louis-Ferdinand Céline. (Crédit : Wikimedia commons/Domaine public)
Louis-Ferdinand Céline. (Crédit : Wikimedia commons/Domaine public)

Parmi les 6 000 feuillets que beaucoup pensaient perdus à jamais et récupérés fin juillet par les ayants droit de Louis-Ferdinand Céline (1894-1961) et de sa veuve, Lucette Destouches, décédée en 2019, se trouvaient divers éléments antisémites, a rapporté Libération la semaine dernière.

Le journal a eu accès à un rapport des conservateurs de la Bibliothèque nationale de France, opérant sur réquisition de l’Office central de lutte contre le trafic de biens culturels afin qu’ils attestent de l’authenticité des archives retrouvées.

Parmi la masse de documents divers, outre les feuillets inédits de l’écrivain et les photos, factures et autres papiers, se trouvent notamment des lettres de l’écrivain antisémite Robert Brasillach, condamné et fusillé pour collaboration à la fin de la guerre.

Un exemplaire du fascicule du Plan juif de conspiration mondiale : le Protocole des sages de Sion devant la chambre correctionnelle de Berne – document contestant le verdict de la justice suisse qui a établi que les Protocoles étaient des faux – a également été retrouvé.

L’écrivain est principalement connu pour ses livres Voyage au bout de la nuit (1932) et Mort à crédit (1936), mais aussi pour ses pamphlets antisémites.

Une enquête pour « recel de vol » concernant les manuscrits inédits de Céline, qui avaient disparu depuis 77 ans et avaient été récupérés fin juillet par les ayants droit de l’écrivain, a été classée sans suite en septembre dernier faute d’infraction suffisamment caractérisée, a indiqué le mois dernier le parquet de Paris.

Cette enquête avait été ouverte en février à la suite d’une plainte déposée par les ayants droit.

Les documents, dérobés à la Libération de Paris alors que l’écrivain antisémite et son épouse étaient partis en exil, avaient été conservés pendant 15 ans par Jean-Pierre Thibaudat (un nom de plume). Ce critique dramatique et ancien journaliste de Libération affirme se les être vu remettre par un de ses lecteurs, dont il n’a pas révélé l’identité.

Au cours de l’enquête, il a remis l’ensemble des manuscrits à l’Office central de lutte contre le trafic de biens culturels, chargé par le parquet des investigations. Ceux-ci ont ensuite été restitués aux ayants droit : Me François Gibault, 89 ans, pénaliste et écrivain proche de « Madame Céline » et Véronique Robert-Chovin, 69 ans, qui fut l’élève de danse de celle-ci.

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