Des drones israéliens lâchent des gaz lacrymogènes sur les manifestants à Gaza
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Des drones israéliens lâchent des gaz lacrymogènes sur les manifestants à Gaza

C'est l'une des premières utilisations de cette nouvelle technologie, explique le porte-parole de la police des frontières

Une photo prise le 30 mars 2018 montre un drone de la police des frontières lâchant des gaz lacrymogènes durant des affrontements avec des manifestants palestiniens à proximité de la frontière avec Israël, à l'est de Gaza City (Crédit :  AFP PHOTO / MAHMUD HAMS)
Une photo prise le 30 mars 2018 montre un drone de la police des frontières lâchant des gaz lacrymogènes durant des affrontements avec des manifestants palestiniens à proximité de la frontière avec Israël, à l'est de Gaza City (Crédit : AFP PHOTO / MAHMUD HAMS)

La police israélienne a annoncé avoir largué vendredi depuis un drone des grenades lacrymogènes sur des manifestants palestiniens dans la bande de Gaza, notant qu’il s’agissait d’une nouvelle technologie.

Un correspondant de l’AFP a pu voir un drone lâcher une dizaine de grenades lacrymogènes sur des manifestants rassemblés près de la frontière avec Israël. Les manifestants se sont rapidement dispersés à l’approche des drones.

Ces tirs de lacrymogènes ont fait plusieurs blessés, les grenades étant tombées d’une hauteur de 10 à 20 mètres, selon le correspondant.

L’utilisation de drone pour lancer des lacrymogènes est une innovation récente, a indiqué à l’AFP le porte-parole de la police israélienne Micky Rosenfeld.

« Elle a été utilisée il y a quelques semaines autour de la bande de Gaza et elle est également utilisée aujourd’hui pour empêcher que les manifestants ne s’approchent » de la frontière avec Israël, a-t-il expliqué.

« Il s’agit d’un mini-drone qui peut survoler certaines zones et lâcher des lacrymogènes dans des secteurs où l’on ne veut pas de manifestants ».

Des dizaines de milliers de manifestants, selon des sources palestiniennes, ont convergé vendredi le long de la barrière frontalière dans le cadre de « la grande marche du retour », un mouvement de protestation qui doit durer six semaines pour exiger le « droit au retour » des réfugiés palestiniens et dénoncer le strict blocus de Gaza par Israël.

Les soldats israéliens ont utilisé des balles réelles, en caoutchouc ainsi que des gaz lacrymogènes pour tenter d’empêcher des milliers de Gazaouis de s’approcher de la barrière de sécurité. Les militaires ont fait savoir que les manifestants ont jeté des cocktails Molotov et des pierres aux soldats, brûlant des pneus et qu’ils ont ouvert le feu à une occasion.

Au moins 16 d’entre eux ont été tués par l’armée israélienne lors d’affrontements avec des soldats aux abords de la barrière frontalière, selon le ministère de la Santé à Gaza. Les échauffourées ont également fait plus de 1400 blessés.

Une photo prise le 30 mars 2018 du kibboutz israélien sud de Nahal Oz de l’autre côté de la bande de Gaza montre des Palestiniens participant à une manifestation pour commémorer la Journée de la Terre, avec des véhicules militaires israéliens au premier plan (Crédit : AFP PHOTO / Jack GUEZ)

Le porte-parole de l’armée israélienne Ronen Manelis a expliqué que l’armée a dû affronter une « manifestation terroriste violente en six points » le long de la clôture. Il a expliqué que l’armée israélienne avait fait usage de « tirs chirurgicaux » à chaque fois que des protestataires ont tenté de franchir la barrière de sécurité ou de l’endommager. « Toutes les victimes étaient âgées de 18 à 30 ans, plusieurs d’entre elles étaient connues de nos services, et au moins deux étaient membres des forces de commando du Hamas », a-t-il précisé.

L’Etat juif a été condamné par le monde musulman en raison de ces violences, un grand nombre de personnes l’accusant d’utiliser une « force disproportionnée » contre les émeutiers palestiniens.

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a demandé vendredi une « enquête indépendante et transparente » sur les affrontements meurtriers. Les membres du Conseil de sécurité ont appelé à la retenue et à l’apaisement des tensions des deux côtés.

L’envoyé israélien aux Nations unies Danny Danon a déclaré au Conseil de sécurité que le Hamas mettait volontairement en péril la vie de civils innocents et a vivement recommandé les états-membres à ne pas être « leurrés » par le groupe terroriste.

Les groupes terroristes du Hamas et du Jihad islamique, qui ont joué un rôle majeur dans l’organisation des manifestations massives de vendredi, ont vivement recommandé aux Palestiniens de continuer leur vaste mouvement de protestation qui devrait durer six semaines et culminer à la mi-mai, lorsque les Etats-Unis déménageront leur ambassade à Jérusalem.

Le leader du Hamas Yahya Sinwar a déclaré que les manifestations continueraient jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de frontière.

Le Hamas est un groupe terroriste islamiste qui cherche à détruire Israël. Il s’est saisi du contrôle de la bande de Gaza en 2007, l’arrachant des mains du Fatah d’Abbas.

La « grande marche du retour » a été lancée à l’occasion de la « Journée de la Terre », qui marque chaque 30 mars la mort en 1976 de six Arabes israéliens lors de manifestations contre la confiscation de terrains par Israël.

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