Des éloges de l’attaque de la Gay Pride postées à Jérusalem
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Des éloges de l’attaque de la Gay Pride postées à Jérusalem

Ces affiches saluent l'attaque meurtrière menée par Yishai Schlissel comme un acte saint 'd'abnégation'

Un mur de "Pashkvilim" ou des affiches portant des annonces communes, dans le quartier haredim de Jérusalem, Mea Shearim  (Crédit photo: Ben Sales / JTA
Un mur de "Pashkvilim" ou des affiches portant des annonces communes, dans le quartier haredim de Jérusalem, Mea Shearim (Crédit photo: Ben Sales / JTA

Des affiches saluant l’attaque meurtrière de la semaine dernière à la gay pride de Jérusalem sont apparues dans les quartiers ultra-orthodoxes de la ville jeudi matin.

La grande majorité des Israéliens ont exprimé leur douleur et leur indignation face à l’assassinat de Shira Banki, 16 ans, par le suspect ultra-orthodoxe Yishai Schlissel, qui a aveuglément poignardé avec un couteau de cuisine les personnes participant au défilé.

Cinq autres personnes ont été blessées dans l’attaque.

Distribué par un groupe extrémiste qui se fait appeler « Le judaïsme fidèle », ces affiches ont salué l’agression comme étant un acte saint « d’abnégation ».

« Que tout le peuple de Dieu soit autant zélé que vous », peut-on lire sur une affiche, où ses auteurs ont exprimé l’espoir que ces actes similaires soient menés dans le futur.

Sous le titre « Et la peste sera stoppée », une autre affiche a salué l’attaque meurtrière comme étant un « acte de Phineas », une référence à un prêtre de l’Ancien Testament qui a personnellement exécuté un homme israélite et une femme madianite pendant qu’ils étaient ensemble dans la tente de l’homme, les exécutant avec une lance qui a transpercé les deux personnes à la fois.

Son action est censée avoir mis fin à un fléau envoyé par Dieu pour punir les Israélites des rapports sexuels avec les Madianites.

Dans une autre affiche intitulée « Béni êtes-vous Rabbin Yishai », Schlissel a été salué comme un émissaire de Dieu. Le texte sur l’affiche citait le verset de l’Ancien Testament : « Quiconque répand le sang des méchants, fait un sacrifice ».

Dans le quartier nord de Jérusalem, à Ramot, un chantier de construction a été vandalisé avec les mots « Yishai Schlissel est l’homme ». Les habitants du quartier, à prédominance religieuse, ont rapidement effacé les graffitis.

Quelques heures plus tard, des affiches semblables, mais cette fois-ci, condamnant l’attaque ont été placardées dans les communautés religieuses de Jérusalem, par un groupe se faisant appeler « le judaïsme Véridique ». En gros caractères, les affiches évoquaient le sixième commandement, avec la phrase : « tu ne peux assassiner ».

Dans les quartiers moins religieux de la capitale, des avis de décès de Shira Banki ont été placardés dans les magasins, les espaces publics et les domiciles des personnes.

En plus des avis de décès habituels, les avis de deuil portaient un message politique fort condamnant comme ce qui est perçu comme du laxisme de la part du gouvernement envers l’extrémisme juif.

« Nous pleurons notre appartenance à une société qui valorise certaines vies au détriment d’autres, une société qui implique chacun d’entre nous dans ce crime », peut-on lire sur un avis de décès.

Plus tôt cette semaine la mère de Schlissel a présenté ses excuses à la famille Banki pour les actions de son fils, disant qu’elle « regrettait » la « grande tragédie » qui a coûté la vie de l’adolescente.

Schlissel, de Modiin Illit en Cisjordanie, est en garde à vue après avoir été jugé psychologiquement apte à être incarcéré. Schlissel avait été libéré de prison trois semaines avant l’attaque après avoir purgé 10 ans de prison pour une attaque similaire à la Gay Pride de Jérusalem de 2005.

Mercredi, le tribunal de première instance de Jérusalem a ordonné que Schlissel subisse une deuxième évaluation psychiatrique pour déterminer son aptitude à subir un procès.

JTA contribué à cet article.

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