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Des émeutiers haredim endommagent des chantiers du tramway à Jérusalem

Liberman a qualifié la situation "d'intolérable" ; l'entreprise de construction poursuit les principaux manifestants, les émeutes entraînant des retards dans les travaux

Un groupe de haredim regarde un camion de pompiers travailler à l'extinction d'un incendie causé par des émeutes à la jonction Bar Ilan à Jérusalem, le 7 juillet 2022. (Crédit: Capture d'écran/Twitter)
Un groupe de haredim regarde un camion de pompiers travailler à l'extinction d'un incendie causé par des émeutes à la jonction Bar Ilan à Jérusalem, le 7 juillet 2022. (Crédit: Capture d'écran/Twitter)

Des extrémistes ultra-orthodoxes auraient causé des millions de shekels de dommages sur le chantier du tramway de Jérusalem lors de récentes manifestations contre un nouveau trajet prévu pour le tramway.

Les extrémistes haredim organisent depuis des mois des manifestations contre les efforts d’expansion du tramway dans la capitale, mais elles se sont intensifiées ces dernières semaines et sont devenues très violente dans de nombreux cas. Une minorité extrémiste de la communauté ultra-orthodoxe s’oppose à ce que le tramway traverse leurs quartiers, estimant qu’il entrainera des intrusions indésirables du monde extérieur.

La municipalité de Jérusalem a récemment annoncé qu’elle fermerait la jonction Bar Ilan, qui se trouve dans un quartier majoritairement haredi, en raison des travaux de construction destinés à y installer une station de tramway. Des vidéos des émeutes de mercredi soir montrent des extrémistes haredim perturbant les travaux en s’asseyant dans des trous creusés sur les chantiers de construction et refusant de bouger, certains étant même vus en train de prier.

D’autres vidéos de ces derniers jours montrent des émeutiers jetant des pierres en direction des ouvriers de construction, grimpant et brûlant des tracteurs et autres machines lourdes et endommageant les infrastructures.

Réagissant aux images de chaos et de violence en provenance de la capitale, le ministre des Finances Avigdor Liberman a déclaré que la situation était « intolérable ».

« Le vandalisme et la violence du groupe de haredim dans le quartier de Bar Ilan à Jérusalem sont tout simplement intolérables », a-t-il tweeté. « Ces centaines d’émeutiers perturbent l’ordre public et endommagent des équipements valant des millions – ce qui retarde l’ouverture de la nouvelle ligne de tramway à Jérusalem. »

Lors d’un incident récent, des participants ont attaqué un employé arabe avec une hache et un deuxième employé a eu la jambe cassée et s’est fait tirer dessus par un fusil à air comprimé, a rapporté la Douzième chaîne.

Dans le même temps, les médias haredim ont rapporté des incidents violents dirigés par des ouvriers arabes contre des manifestants haredim. Selon un reportage publié jeudi par le média haredi Kikar HaShabbat, un homme haredi a été menacé et agressé physiquement par deux gardes de sécurité arabes à la jonction de Bar Ilan.

Pour tenter de faire face à ce phénomène, la Moriah Jerusalem Development Corporation, qui dirige le projet de construction du tramway à Jérusalem, a commencé à intenter des procès civils contre les individus impliqués dans les émeutes.

Selon le radiodiffuseur public Kan, six procès civils ont été intentés jusqu’à présent contre les personnes considérées comme les meneurs des émeutes. Chaque poursuite réclame 300 000 shekels en compensation des dommages causés.

« On ne peut pas comprendre les intentions malveillantes qui guident ce ‘groupe d’émeutiers’ tant que l’on n’a pas réalisé que le défendeur et ses amis sont motivés par des intentions criminelles et des extorsions destinées à créer des avantages personnels et cachés pour les leaders du groupe », a écrit le conseiller juridique de Moriah dans un document judiciaire.

Selon Kan, certains des émeutiers ne vivent même pas à Jérusalem mais se rendent dans la capitale uniquement pour participer aux manifestations.

Pendant ce temps, la police a déployé des mesures anti-émeutes, y compris des canons à eau, pour tenter de disperser les manifestations violentes.

« La police israélienne continuera à autoriser la liberté de manifester conformément à la loi, mais ne tolérera pas les émeutes violentes, le vandalisme et les violations de l’ordre public », a indiqué la police dans un communiqué.

Les travaux de construction de la rue Bar Ilan à Jérusalem devaient initialement durer deux ans, mais ils devraient être retardés d’un an au maximum en raison des perturbations actuelles.

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