Des étudiants du Pakistan, des EAU et Oman adeptes d’archéologie biblique
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Des étudiants du Pakistan, des EAU et Oman adeptes d’archéologie biblique

Un MOOC, ouvert aux candidats du monde entier, offre une introduction à l'archéologie biblique et un regard approfondi sur les vestiges des civilisations anciennes en Terre sainte

Amanda Borschel-Dan édite la rubrique « Le Monde Juif »

  • Le professeur de l'université de Aren Maeir filmé dans le nouveau MOOC de l'université de Bar-Ilan intitulé : "Archéologie biblique : Archéologie d'Israël et de la Judée antiques" (Crédit : Yael Paz/Online Academe)
    Le professeur de l'université de Aren Maeir filmé dans le nouveau MOOC de l'université de Bar-Ilan intitulé : "Archéologie biblique : Archéologie d'Israël et de la Judée antiques" (Crédit : Yael Paz/Online Academe)
  • Le professeur à l'université de Bar-Ilan Aren Maeir (à gauche) et le professeur à l'institut Weizmann Elisabetta Boaretto. (Crédit : Yael Paz/Online Academe)
    Le professeur à l'université de Bar-Ilan Aren Maeir (à gauche) et le professeur à l'institut Weizmann Elisabetta Boaretto. (Crédit : Yael Paz/Online Academe)
  • Un réceptacle antique est photographié en 3-D pour le nouveau MOOC de l'université de Bar-Ilan intitulé : "Archéologie biblique : Archéologie d'Israël et de la Judée antiques" (Crédit : Yael Paz/Online Academe)
    Un réceptacle antique est photographié en 3-D pour le nouveau MOOC de l'université de Bar-Ilan intitulé : "Archéologie biblique : Archéologie d'Israël et de la Judée antiques" (Crédit : Yael Paz/Online Academe)
  • Les étudiants "visitent" en ligne un laboratoire dans le nouveau MOOC de l'université de Bar-Ilan intitulé : "Archéologie biblique : Archéologie d'Israël et de la Judée antiques" (Crédit : Yael Paz/Online Academe)
    Les étudiants "visitent" en ligne un laboratoire dans le nouveau MOOC de l'université de Bar-Ilan intitulé : "Archéologie biblique : Archéologie d'Israël et de la Judée antiques" (Crédit : Yael Paz/Online Academe)

Un nouveau cours gratuit mis en ligne par l’université Bar-Ilan s’est aventuré sur des terrains foulés par peu de diplomates israéliens. Avec des financements de Digital Israel, co-entreprise du Conseil de l’enseignement supérieur et du gouvernement, l’université a lancé la semaine dernière un nouveau MOOC (Massive Open Online Course), une session d’études en ligne, intitulée : « Archéologie biblique : L’archéologie d’Israël et de la Judée ancienne ».

Des étudiants de Malaisie, du Pakistan, d’Oman et des Emirats arabes unis – des pays qui ne reconnaissent pas l’Etat moderne d’Israël – ont rejoint des centaines d’autres esprits curieux originaires de lieux aussi éloignés que Saint-Vincent, aux Caraïbes, et des îles Grenadines pour étudier l’archéologie biblique antique.

Loin de « prouver la Bible », le cours de huit semaines offre une introduction à l’archéologie biblique, qu’il définit comme une « recherche archéologique des origines culturelles des peuples, des régions, des périodes et des cultures en liaison avec les écrits des textes bibliques ». Il se concentre sur des études scientifiques – et prouvées – consacrées à Israël et à la Judée pendant l’âge de Fer (en l’an 1200 – 586 avant l’ère commune).

Il y a un cours tous les mercredis. Pendant le premier, les étudiants ont pu écouter de brefs exposés, regarder des modèles virtuels en 3-D, lire des matériaux-source et « visiter » des sites archéologiques tout en rencontrant des experts.

Le professeur à l’université de Bar-Ilan Aren Maeir (à gauche) et le professeur à l’institut Weizmann Elisabetta Boaretto. (Crédit : Yael Paz/Online Academe)

Les cours sont assurés en anglais par l’éminent archéologue israélien Aren Maeir, du département Martin (Szusz) d’Archéologie et d’études des terres d’Israël. Maeir, né aux Etats-Unis et qui a grandi au sein de l’Etat juif, est ainsi aujourd’hui à la tête d’un cours constitué de presque 400 étudiants américains, d’environ 300 étudiants israéliens et de plusieurs douzaines d’élèves d’autres pays anglophones – ainsi que de 27 autres, catégorisés de manière intrigante comme provenant de « pays inconnus ».

Avenant dans la vraie vie comme à l’écran, Maeir est un guide excellent dans ce domaine multi-disciplinaire qu’est l’archéologie d’aujourd’hui.

Pendant plus de deux décennies, il a dirigé les fouilles à Tell es-Safi/Gath, le Gath biblique des Philistins et berceau de Goliath, où son équipe a été amenée à utiliser des instruments aussi divers que des ustensiles dentaires, des drones aériens high-tech ou des points laser GPS.

Le professeur Aren Maeir dans le laboratoire du projet archéologique Tell es-Safi/Gath à l’université Bar Ilan (Autorisation)

Mais le domaine de l’archéologie moderne va bien au-delà des instruments et des gadgets, et il se trouve dorénavant sur le devant de la scène en termes de recherche interdisciplinaire.

Lors de la récente visite, cet été, du site de fouilles de Maeir, la journaliste que je suis a pu constater qu’il avait été rejoint par des collègues de tout le secteur, notamment des archéo-botanistes et des archéo-zoologues – des membres essentiels des équipes de l’archéologie moderne qui se consacrent à l’étude des artefacts sur les sites et sous les microscopes.

Dans cette session d’études proposée sur Internet, les étudiants découvrent également la vaste gamme de spécialistes qui sont dorénavant nécessaires pour la recherche archéologique approfondie.

« Le format du cours est très différent des méthodes d’enseignement standards dans le monde entier. Aujourd’hui, des cours tels que celui-ci démontrent la réforme que connaissent actuellement l’enseignement et l’apprentissage dans les universités en Israël et partout dans le monde », a noté Maeir dans un communiqué de presse. L’une des réformes les plus frappantes est la nouvelle capacité d’apprendre chez soi, à son propre rythme.

Un réceptacle antique est photographié en 3-D pour le nouveau MOOC de l’université de Bar-Ilan intitulé : « Archéologie biblique : Archéologie d’Israël et de la Judée antiques » (Crédit : Yael Paz/Online Academe)

Dans le premier cours, les étudiants apprennent des bases fondamentales, comme la définition de la préhistoire – la période qui s’est écoulée avant l’invention de l’écriture, aux environs de l’an 3 300 avant l’ère commune – et que 99 % de l’archéologie est concentrée sur cette période. Ils apprennent les principes de la stratigraphie et de la typographie des artefacts ainsi que les nombreuses démarches entreprises par un archéologue pour choisir le lieu d’une fouille.

Maeir souligne l’importance d’un « contrôle spatial serré » dans les processus de fouilles, durant lesquels les archéologues doivent minutieusement marquer les localisations, dessiner les sections d’un site, décrire les objets fabriqués trouvés et prendre des photographies. Pour résumer, s’amuse-t-il, les archéologues peuvent être décrits sous les traits d’un groupe de personnes souffrant de troubles obsessionnels compulsifs.

Les étudiants « visitent » en ligne un laboratoire dans le nouveau MOOC de l’université de Bar-Ilan intitulé : « Archéologie biblique : Archéologie d’Israël et de la Judée antiques » (Crédit : Yael Paz/Online Academe)

Contrairement aux attitudes datées d’un grand nombre des Indiana Jones des débuts des 19e et 20e siècles, Maeir souligne également l’obligation faite aux archéologues de non seulement découvrir de nouveaux artefacts, mais également de les publier.

« L’étape de l’écrit est aussi cruciale que toutes les autres », dit-il. « C’est notre devoir moral envers le public parce que c’est le public qui finance nos fouilles ».

Maeir ne recule pas devant des questions potentiellement controversées qui persistent dans le domaine de l’archéologie biblique. Il reconnaît que dans le passé, le secteur a été utilisé pour faire avancer des agendas politiques ou religieux mais affirme que dorénavant, la majorité des professionnels s’efforcent de « prendre leurs distances avec tout ce qui s’entremêle aux idéologies modernes ».

Expliquant pourquoi le cours a été intitulé « Archéologie biblique », il présente aussi les autres noms donnés au secteur – Archéologie de la Palestine, archéologie du sud du Levant, Archéologie de l’âge de bronze et de l’âge de bronze à l’est de la Méditerranée – qui, chacun d’eux, portent en eux-mêmes leur propre perspective politique, note-t-il.

Répétant encore une fois que lui et la plupart des autres archéologues contemporains ne se sont pas fixés pour objectif de « prouver la bible », Maeir indique se sentir à l’aise en définissant son domaine d’études sous le terme d’archéologie biblique » parce qu’il est précisément l’étude des vestiges des civilisations évoquées dans la bible.

Le professeur de l’université de Aren Maeir filmé dans le nouveau MOOC de l’université de Bar-Ilan intitulé : « Archéologie biblique : Archéologie d’Israël et de la Judée antiques » (Crédit : Yael Paz/Online Academe)

« En majorité, les praticiens contemporains de l’archéologie biblique se consacrent à la relation entre les vestiges archéologiques et le texte biblique de manière plus sophistiquée, en concurrence avec la recherche biblique moderne », ajoute Maeir.

« Tandis que les vestiges archéologiques sont encore pertinents pour la compréhension de certains aspects des textes bibliques et que les textes bibliques peuvent être utiles à l’interprétation des vestiges archéologiques, les liens directs et ‘naïfs’ entre les découvertes et les textes sont rarement suggérés chez la plupart des spécialistes du domaine », poursuit-il.

Compris ? Et c’est une bonne chose, parce qu’en plus de films courts, d’exposés de lectures, il y aura aussi des quiz.

Produit par Online Academe, ce Mooc gratuit est à découvrir sur la plateforme de l’université de Harvard et sur edX, financé par le MIT. Les inscriptions sont encore en cours et les étudiants pourront rejoindre cette session d’études jusqu’à la mi-février.

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