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Des expositions sur mesure pour sensibiliser les jeunes Américains à la Shoah

Créée l'hiver dernier, l'ONG « Common Circles » lutte contre l'antisémitisme avec des « expériences muséales » mêlant récits, art et nouvelles technologies au service de la mémoire

Des étudiants posent des questions aux  hologrammes de témoins oculaires de la Shoah dans le cadre d'un partenariat entre la Fondation USC Shoah et l'organisation à but non lucratif Common Circles, White Plains Middle School, New York, le 1er juin 2023 (Crédit : Matt Lebovic/Times of Israel)
Des étudiants posent des questions aux hologrammes de témoins oculaires de la Shoah dans le cadre d'un partenariat entre la Fondation USC Shoah et l'organisation à but non lucratif Common Circles, White Plains Middle School, New York, le 1er juin 2023 (Crédit : Matt Lebovic/Times of Israel)

WHITE PLAINS, New York – Trois écoles publiques de White Plains, dans l’État de New York, ont accueilli des expositions spécialisées sur la Shoah au printemps dernier, qui ont permis à 2 500 élèves de découvrir l’histoire du génocide assortie de récits sur la résilience à l’échelle locale.

Ces installations, intitulées « We Are White Plains », ont été créées par l’ONG Common Circles pour « favoriser l’empathie et l’identification de la part des élèves face au récit de victimes de la Shoah », détaille la fondatrice et directrice exécutive Marla Felton, une ex-avocate.

« Certains élèves, qui avaient initialement des doutes sur la réalité ou l’ampleur de la Shoah, nous ont dit avoir changé d’avis et décidé de sensibiliser leurs proches des dangers de la désinformation », explique Felton au Times of Israel, dans les locaux de la White Plains Middle School.

Après White Plains, l’ONG a travaillé cet été sur de nouvelles installations pour les écoles de Storrs, dans le Connecticut. Consciente des coûts élevés pour acheminer les élèves vers les musées consacrés à la Shoah, Common Circles privilégie des expériences muséales en résidence dans les écoles pendant quelques mois, précise Felton.

Le clou de ces installations, affirme Felton, est « l’interview », au moyen de l’intelligence artificielle, de témoins oculaires de la Shoah par les élèves, dans le cadre du projet « Dimensions in Testimony » de la Fondation USC Shoah.

« En cours d’histoire, on lit un manuel en se demandant ce que ces personnes ont réellement ressenti, non ? Avec l’IA, on a quelque chose de nettement plus interactif qui permet d’obtenir beaucoup plus de réponses », assure Lizani Padilla Guarnos, élève à la White Plains High School.

Jamaal Bowman, membre du Congrès des États-Unis, prennant la parole lors de l’exposition « We Are White Plains » à New York, au printemps 2023. (Crédit : Wendy Moger Bross)

En ce premier jour du mois de juin, dans une petite pièce adjacente à la bibliothèque de la White Plains Middle School, les élèves posent au Juif américain Alan Moskin des dizaines de questions sur son rôle dans la libération des camps de concentration allemands, dans le cadre de ce qui est présenté comme une « biographie interactive ».

« Je connais tellement d’enfants antisémites ou qui ne croient pas à la Shoah », explique Cassandra Acuna Hoppe, élève de l’école secondaire White Plains. « Voir et étendre ce que ces gens ont vécu, avoir le témoignage de quelqu’un qui l’a vécu est d’une très grande force. C’est très important ».

‘Donner à voir des visages et établir des liens’

Dans les écoles partenaires de White Plains, l’installation a permis à des élèves d’examiner ce que signifie appartenir à une communauté. Les questions directrices ont permis de définir les composantes d’une société civile respectueuse des « différences ».

Des élèves posant des questions aux hologrammes de témoins oculaires de la Shoah via « Dimensions in Testimony », grâce au partenariat entre la Fondation USC Shoah et l’ONG Common Circles, à la White Plains Middle School, New York, 1er juin 2023 (Crédit : Matt Lebovic/The Times of Israel)

Les élèves ont ensuite visionné « Art & Identity », qui explique comment les préjugés implicites influencent la manière de penser. On y parle de l’« altérisation » et du fait que la Shoah est le produit de préjugés extrêmes et de ce phénomène d’« altérisation ».

« Nous pensons que le fait de commencer l’expérience par l’évocation de nos identités multiples permet aux élèves d’avoir une attitude plus ouverte envers la Shoah, de prendre conscience de la réalité qu’elle implique au niveau humain et d’établir des liens avec les survivants », précise Spiegel.

Au cours des six mois passés dans les trois écoles de White Plains, l’installation a parfois reçu la visite répétée de certaines classes, pour approfondir la question ou « interviewer » chacun des témoins oculaires de « Dimensions in Testimony » durant 45 minutes, ajoute Spiegel.

« Mes élèves ont appris plus en 40 minutes aujourd’hui qu’ils ne l’auraient fait en six semaines en classe », admet Susan Anastacio, enseignante à l’Eastview Middle School du district.

‘Institutionnalisation de la haine’

Grâce à cette exposition sur la Shoah installée dans la bibliothèque de leur école, les élèves de White Plains ont découvert la série de photos de l’artiste Bayeté Ross Smith intitulée « Our Kind of People », qui présente des membres de leur communauté vêtus de vêtements différents, correspondant à leurs identités plurielles.

« Mes élèves ont appris plus en 40 minutes aujourd’hui qu’en six semaines dans ma classe. »

Le surintendant de district Joseph L. Ricca est l’une des 44 personnalités photographiées pour les besoins de l’installation. En plus du costume qu’il porte au quotidien, le surintendant est photographié avec sa tenue de jujitsu et ses vêtements de sport.

« Nous aidons les jeunes à prendre conscience du fait que nous sommes multidimensionnels », explique Ricca au Times of Israel.

Des élèves visitant « We Are White Plains », une exposition éducative sur la Shoah conçue par Common Circles, à New York, au printemps 2023 (Autorisation)

Grâce à ces portraits de personnes connues des élèves, l’exposition permet de mettre en pratique les concepts d’appartenance et de rapprochement au quotidien, ajoute Ricca.

« Je ne suis pas le seul. Tout le monde a joué le jeu, du maire au personnel scolaire », dit Ricca, ex-professeur d’histoire.

« Les outils employés font que cette conversation est réelle aux yeux des élèves. »

En sa qualité de chef du premier district scolaire à accueillir Common Circles, Ricca assure que ce type de partenariat est indispensable.

« Common Circles a conçu cet outil unique qui permet de motiver comme jamais les élèves ». « La méthode et les outils employés rendent la conversation réelle aux yeux des élèves. Ce qui permet de construire un pont entre la salle de classe et cette expérience immersive ».

Marla Felton, directrice-générale de Common Circles, à gauche, avec la directrice artistique Sue Spiegel, à White Plains, au printemps 2023. (Crédit : Wendy Moger Bross)

Ces dernières années, explique Ricca, ont été marquées par une véritable « institutionnalisation de la haine, une acceptation de la haine et l’inculpation de l’autre, perçu comme la cause de tous lesproblèmes ».

Le surintendant fait le parallèle entre cette « altérisation » et ce qui s’est passé dans l’Allemagne nazie, lorsque les Juifs étaient les boucs émissaires, totalement ostracisés.

« La Shoah, c’était hier. Deux générations nous en séparent, pas plus ».

‘Une exposition intégrée dans l’école’

Les données recueillies lors des visites d’élèves montrent que le projet « change la façon dont ils pensent leur identité et celle des autres. Ils prennent conscience du fait que les actions d’une personne ont un impact », analyse Alan Marcus, professeur en sciences de l’Education à l’Université du Connecticut.

Des élèves donnant leur avis lors de l’exposition « We Are White Plains » de Common Circles à White Plains, à New York, au printemps 2023. (Autorisation)

Engagé pour évaluer l’apport et l’impact de Common Circles, Marcus – qui a une grande expertise des programmes d’enseignement – estime que les réponses des élèves sont « extrêmement positives ».

Pour Common Circles, le succès de l’installation vient de la façon dont la communauté interagit avec elle au fil du temps.

« Dans la mesure où l’exposition est intégrée à l’école, les élèves peuvent interagir avec elle quotidiennement, ce qui leur permet d’apprendre et évoluer d’une manière plus naturelle et authentique », conclut Spiegel.

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