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Des extrémistes de droite piègent des employés d’une station-service palestinienne

Une vidéo montre des membres de Lehava menaçant les Arabes avec du spray au poivre et des agressions physiques, les forçant à se barricader dans le magasin

Capture d'écran d'une vidéo d'un membre du groupe d'extrême droite juif Lehava attaquant le magasin d'une station-service alors que des travailleurs arabes se cachent à l'intérieur, le 6 novembre 2021. (Crédit : La Treizième chaîne)
Capture d'écran d'une vidéo d'un membre du groupe d'extrême droite juif Lehava attaquant le magasin d'une station-service alors que des travailleurs arabes se cachent à l'intérieur, le 6 novembre 2021. (Crédit : La Treizième chaîne)

Des membres du groupe juif israélien d’extrême droite Lehava ont menacé de violence physique les employés palestiniens d’une station-service de Jérusalem, les obligeant à se barricader dans le magasin de la station.

L’incident, dont les images ont été diffusées par la Treizième chaîne dimanche, s’est produit samedi à l’entrée de la capitale et a impliqué des manifestants à propos de l’affaire Ahuvia Sandak, un jeune homme de 16 ans qui a été tué dans un accident de voiture l’année dernière alors qu’il fuyait la police, après avoir apparemment jeté des pierres sur des Palestiniens.

Au cours des violents affrontements avec la police qui tentait de dégager les routes bloquées par les manifestants, certains d’entre eux, dont plusieurs portaient des chemises avec le logo de Lehava, se sont rendus dans l’une des deux stations-service situées à proximité.

Trois Palestiniens de Jérusalem-Est travaillant dans l’une des stations ont été contraints de se barricader dans le magasin alors que les membres de Lehava tapaient sur les fenêtres, juraient et manifestaient leur intention de les agresser physiquement, notamment en les menaçant avec un spray au poivre.

La police est finalement arrivée et a chassé les manifestants, qui semblaient être des jeunes. Cependant, une heure plus tard, ils sont revenus et ont à nouveau tourmenté les employés de la station-service, selon la Treizième chaîne.

Au total, 21 personnes ont été arrêtées au cours des affrontements avec la police lors de la principale manifestation au pont des Cordes, qui enjambe l’entrée de Jérusalem. Parmi elles, une jeune femme a été vue en train de donner des coups à la fenêtre du magasin de la station-service tout en tenant un spray au poivre, selon le rapport.

Quatre policiers ont été blessés par des manifestants qui ont lancé des bouteilles et des pierres et utilisé du gaz poivré contre eux, selon la police israélienne. Deux voitures de police ont été endommagées.

La mort de Sandak a déclenché des affrontements entre la police et les manifestants au cours de l’année écoulée, les manifestants affirmant que la police était responsable de sa mort et demandant des poursuites judiciaires.

La police israélienne se heurte à des manifestants lors d’une manifestation suite à la mort d’Ahuvia Sandak l’année dernière, à l’entrée de Jérusalem, le 6 novembre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Une manifestation similaire a eu lieu vendredi au même endroit. Au cours de cette manifestation, les manifestants ont jeté des pierres et d’autres objets sur les agents d’intervention, brisé les vitres d’un véhicule de police et blessé au moins un agent. La police a évacué de force les manifestants du carrefour situé à l’entrée de la ville. Au moins 10 manifestants ont été arrêtés pour trouble à l’ordre public et pour avoir agressé des policiers, dont la fiancée de Sandak, Shalhevet Goldstein, selon les médias hébraïques.

Sandak, un résident de l’implantation de Bat Ayin, fuyait la police des frontières dans une voiture avec trois autres jeunes le 21 décembre 2020, lorsque la voiture s’est retournée, le tuant. Selon la police, le groupe de Sandak a fui la police avant de perdre le contrôle de son véhicule. Les défenseurs de Sandak considèrent sa mort comme un meurtre commis par la police ; ils affirment que la voiture de police a percuté son véhicule par derrière, le faisant sortir de la route.

L’organisation d’aide juridique d’extrême droite Honenu, qui représente les personnes détenues, a déclaré que la police avait fait un usage excessif de la force, notamment en tirant un canon à eau sur une jeune fille qui manifestait dans la rue vendredi.

Il a été récemment révélé que l’organisation raciste et homophobe Lehava et son dirigeant, Benzi Gopstein, figuraient sur une liste noire Facebook d’entités interdites par le géant des réseaux sociaux.

Lehava s’oppose entre autres aux mariages mixtes entre Juifs et non-Juifs, ainsi qu’aux droits des LGBT, et tente d’étouffer toute activité publique des non-Juifs en Israël, y compris les événements promouvant la coexistence. Un certain nombre d’efforts ont été déployés en Israël, y compris des tentatives en cours, pour faire interdire Lehava en tant qu’organisation terroriste.

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