Israël en guerre - Jour 260

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Des familles d’otages se heurtent aux députés lors de sessions houleuses à la Knesset

Selon Gotliv, les manifestations "détruisent Israël" après qu'une mère d'otage l'a critiquée pour les avoir dénigrés ; Son Har-Melech a quitté la salle alors qu'un parent s'exprimait

Einav Zangauker (deuxième à droite), dont le fils Matan est retenu en otage à Gaza, discutant avec la députée du Likud Tally Gotliv (à gauche) à la commission de la Constitution, du Droit et de la Justice de la Knesset, à Jérusalem, le 20 mai 2024. (Crédit : Capture d'écran de KnessetTV ; utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur les droits d'auteur)
Einav Zangauker (deuxième à droite), dont le fils Matan est retenu en otage à Gaza, discutant avec la députée du Likud Tally Gotliv (à gauche) à la commission de la Constitution, du Droit et de la Justice de la Knesset, à Jérusalem, le 20 mai 2024. (Crédit : Capture d'écran de KnessetTV ; utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur les droits d'auteur)

Alors que des manifestations anti-gouvernement faisaient rage à l’extérieur, des parents d’otages détenus par des terroristes palestiniens du Hamas dans la bande de Gaza se sont heurtés à des députés lors de sessions de commissions de la Knesset ce lundi, les accusant de ne pas en faire assez pour faire libérer leurs proches et dénonçant les mauvais traitements que leur infligeraient les autorités et les hommes politiques.

Lors d’un incident à la commission de la Constitution, du Droit et de la Justice de la Knesset, la députée Tally Gotliv (Likud) s’est opposée aux représentants des otages, affirmant que les manifestations réclamant un accord immédiat pour la libération de leurs proches détruisaient le pays.

Einav Zangauker, dont le fils Matan est retenu à Gaza, s’en est pris à Gotliv pour des messages publiés sur les réseaux sociaux dans lesquels cette dernière qualifiait les manifestants « d’anarchistes », affirmant qu’ils
« détruisaient le pays » et les comparant à l’unité dite « Nukhba » (« élite » en arabe) du Hamas, qui a perpétré les massacres du 7 octobre.

« Comment peut-elle siéger dans cette commission sans s’excuser auprès de moi ? », a-t-elle demandé lors de la réunion, qui s’est déroulée alors que le Parlement reprenait ses travaux après des congés qui ont suscité une grave polémique dans le pays.

« Je n’ai jamais évoqué votre nom », a répondu Gotliv. « Vos protestations détruisent l’État d’Israël », a-t-elle réitéré, en référence aux manifestations appelant à un accord immédiat pour la libération des otages.

« Vos protestations sont diffusées sur Al Jazeera », a poursuivi Gotliv, faisant référence à la chaîne qatarie récemment interdite en Israël.

En mars, Gotliv a réprimandé le représentant d’un homme qui a perdu des membres de sa famille lors de l’assaut barbare et sadique du Hamas pour avoir critiqué le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la Knesset, ce qui avait déclenché une vive polémique avec les députés de l’opposition.

Au cours de la session de lundi, Zangauker a dénoncé les violences policières à l’encontre des familles d’otages lors de leurs manifestations.

« La violence que nous subissons lorsque nous nous rendons dans les lieux publics est incroyable. Des coups, des étouffements, des coups de pied. Nous rentrons chez nous après avoir passé quelques heures aux urgences de l’hôpital », a-t-elle affirmé, ajoutant qu’il lui était difficile d’emmener ses filles, qui souffrent de dystrophie musculaire, aux manifestations.

Elle a demandé au ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, de cesser de « dorloter » les policiers qui recourent à la violence contre les manifestants, et a reproché aux autorités d’arrêter des militants et d’enquêter sur eux alors que son fils était « abandonné » à Gaza.

Lors d’un incident précédent, alors que Shahar Mor Zahiro, neveu de l’otage Avraham Mundar, prenait la parole, la députée d’extrême-droite, Limor Son Har-Melech (Otzma Yehudit), l’a interrompu pour dire « qu’il y a des soldats qui meurent ».

« J’ai demandé à ne pas être interrompu », a répondu Mor Zahiro, tandis que Zangauker a déclaré : « J’ai un fils qui est retenu en otage. »

Son Har-Melech a alors quitté la salle au milieu des cris et des « Vous n’avez pas honte ? » Le président de la commission, Simcha Rothman (HaTzionout HaDatit), a demandé une interruption de la séance, affirmant que de telles querelles constituaient une « récompense pour l’ennemi ».

En dehors de la réunion de la commission, Yifat Calderon, la cousine de l’otage Ofer Calderon, a interpellé la députée Keti Shitrit (Likud), lui demandant « Comment pouvez-vous dormir la nuit ? », alors qu’Ofer est en captivité depuis 227 jours.

« Voyons », a répondu Shitrit en s’éloignant, agacée. « Votre but est de faire une vidéo et de m’insulter. Ce n’est pas convenable. Si vous voulez me parler honnêtement, venez avec moi. »

Lors d’une réunion de la commission des Finances, Mor Shoham, le frère de l’otage Tal Shoham, a reproché au gouvernement de maintenir son frère en captivité et a averti qu’il le « poursuivrait » s’il lui arrivait quelque chose.

« Avez-vous mangé ? Avez-vous bu ? Vous êtes-vous relaxés ? Avez-vous mis vos enfants au lit ? Les avez-vous emmenés à l’école ? Ce sont des activités très élémentaires que mon frère ne peut pas faire depuis huit mois. Et je ne sais pas comment parler calmement. J’en ai marre », a-t-il déploré, alors que des manifestants se tenaient à proximité avec une banderole indiquant « Le congé est terminé et les otages sont toujours là-bas. »

« J’en ai marre parce que si quelque chose arrive à mon frère, je poursuivrai, jour après jour, chacun d’entre vous. Et je n’ai pas peur de le dire. Pendant deux mois et demi, vous étiez en congé et les otages – qu’est-il arrivé aux otages ? D’autres otages sont morts. Mon frère souffre… tous les jours. »

« Celui qui ne nous a pas protégés, c’est l’État d’Israël. Celui qui n’a pas protégé les soldats ici, c’est l’État d’Israël », a-t-il affirmé.

Zangauker a également comparu devant la commission des Finances, accusant les députés de se concentrer sur les questions économiques au lieu de trouver un moyen de ramener son fils à la maison.

« Si je pouvais transmettre des informations à Matan et aux autres otages aujourd’hui, je leur dirais que c’est de cela dont s’occupe la commission des Finances. Ne pas les ramener chez eux, ne pas mettre fin à la guerre, ne pas sauver la vie des soldats », a-t-elle déclaré.

Au lieu de cela, les députés travaillent sur « un quota de travailleurs étrangers pour que l’industrie de la construction prospère ».

« Et qu’en est-il de l’industrie de la construction dans la bande de Gaza lorsque vous l’aurez conquise ? Vous travaillez déjà sur des plans de construction là-bas ? », a-t-elle ironisé, faisant probablement référence aux aspirations de l’extrême-droite à construire des implantations dans la bande de Gaza après la guerre.

Avant la suspension des travaux de la Knesset, les proches des otages s’étaient présentés au début de nombreuses réunions de commissions et s’étaient livrés à des protestations et à des querelles très médiatisées avec les parlementaires, dont le point culminant a été la peinture jaune répandue dans le plénum au cours de la dernière session, le 3 avril.

S’adressant au Times of Israel dimanche, Udi Goren, le cousin de l’otage Tal Haïm, a déclaré qu’au cours de la nouvelle session de la Knesset, « nous verrons les familles des otages se rendre à la Knesset au moins une fois par semaine et apparaître dans les commissions pour s’assurer que rien ne soit fait et qu’aucun sujet ne soit traité avant que l’on ne parle des otages ».

Goren a noté que les familles plaidaient également en faveur d’initiatives législatives spécifiques visant à aider les otages. L’un de ces projets de loi, qui a été soumis à l’examen de la commission du Travail, des Affaires sociales et de la Santé pendant les congés, vise à augmenter l’allocation versée aux otages de retour et à reconnaître automatiquement qu’ils souffrent de troubles de stress post-traumatique (TSPT).

124 otages enlevés par le Hamas lors de l’assaut sauvage du 7 octobre sont encore à Gaza, dont 34 seraient morts selon les autorités israéliennes après que 105 civils ont été libérés des geôles du Hamas lors d’une trêve d’une semaine fin novembre, et que cinq otages ont été libérées avant cela.

Trois otages ont été secourus par les troupes, et les corps de onze otages ont été retrouvés, dont trois ont été tués par erreur par l’armée.

Le Hamas détient aussi les corps sans vie de deux soldats tués au combat en 2014 dans la bande, Oron Shaul et Hadar Goldin. Il garde aussi en captivité deux civils, Avera Mengistu et Hisham al-Sayed, qui seraient encore en vie. Ils avaient été capturés après être entrés dans la bande de leur propre gré, en 2014 et en 2015 respectivement.

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