Des femmes de Jérusalem protestent contre la violence civile
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Des femmes de Jérusalem protestent contre la violence civile

Des femmes ont débuté une campagne "d’amour, de patience et d’espoir" sur les réseaux sociaux pour répondre à la frustration suite aux conflits judéo-arabes dans les villes mixtes

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Des femmes qui disent non à la violence dans le cadre de l'initiative "Lo B'shmi" lancée par une petite association de sœurs de Jérusalem. (Crédit : Heftzi Zion Mozes)
Des femmes qui disent non à la violence dans le cadre de l'initiative "Lo B'shmi" lancée par une petite association de sœurs de Jérusalem. (Crédit : Heftzi Zion Mozes)

Des centaines de femmes de Jérusalem sont allées sur Facebook la semaine dernière, en postant des photos de leur visage et de leurs mains levées face aux caméras, avec les mots « Lo b’shmi » « pas en mon nom » écrits à l’encre sur leurs paumes.

Leurs posts, en hébreu, arabes et anglais incluaient le texte suivant :

« Des femmes de tous secteurs disent : pas en mon nom.
Suite aux évènements terribles dont nous avons été témoins ces jours, nous choisissons la vie et disons non à la violence.
Nous vous appelons toutes à nous rejoindre.
Ce soir, ensemble, nous levons nos mains et disons ‘pas en mon nom’.
#notinmyname
#Jerusalemitessaynotoviolence
#ProtectLife »

Ce groupe de femmes proteste contre la violence et la désobéissance civile qui a déchiré les villes judéo-arabes ces derniers jours.

Cette opération a été lancée par trois femmes de Jérusalem, Heftzi Zion Mozes, Ariel Markose et Eliraz Shifman Berman.

Zion Mozes, qui est âgée de 38 ans et qui a été élevée, a grandi et vit à Jérusalem était en train de rentrer chez elle avec son mari mercredi dans la nuit lorsqu’elle a remarqué le silence sinistre qui régnait dans la capitale.

« Je suis rentrée chez moi et j’ai relu les nouvelles, et la réalité m’a frappée de plein fouet a-t-elle expliqué. Ensuite j’ai fait quelque chose que je ne fais jamais, je suis allée sur Facebook. » Elle a écrit un post en hébreu à propos de sa frustration et sa colère concernant les violences et les tensions existantes, et est allée se coucher.

Speak up!

Posted by Heftzi Zion Mozes on Thursday, May 13, 2021

« Au milieu de la haine et la violence qui s’exprime de toutes parts… Je suis convaincue que nous sommes les plus nombreuses. Les plus nombreuses qui croient en l’humanité. Je crois qu’il existe aussi de l’amour, de la patience, de l’espoir… Connaissez vous une initiative locale à Jérusalem qui pourrait affirmer la fraternité des femmes dans l’espoir de la vie ? Voulez-vous lever votre main avec moi ? »

Le lendemain matin, son post avait été commenté des douzaines de fois, et Markose et Shifman Berman l’avait contactée afin de lui dire qu’elles ressentaient la même chose et voulaient faire quelque chose pour exprimer leurs sentiments de frustration et d’impuissance.

Les trois femmes ont donc lancé un groupe WhatsApp ce matin-là et ont rapidement été rejointes par plus de 300 femmes en l’espace de quelques heures.

« Il s’agissait vraiment d’exprimer ce sentiment de désespoir d’une majorité silencieuse », dit Zion Mozes, qui travaille dans un jardin d’enfants. « Pendant des années j’ai pensé que je n’avais rien à dire parce que tout cela est très compliqué, mais c’est tellement clair que toute cette violence est commise par des hommes et que nous, les femmes, vivons de manière différente. Nous avons ici quelque chose à dire, nous pouvons dire quelque chose avec nos corps et nos voix. »

Ce soir-là, ce petit groupe de femmes auquel se sont ajoutées quelques hiérosolymitaines dont l’ancienne membre de la Knesset, Rachel Azaria, a commencé à mettre en commun leurs idées à propos de ce qu’elles pourraient organiser. Elles ont imaginé une manifestation sur la ligne séparant Jérusalem-Est et Ouest, mais cela ne semblait pas réalisable en raison des violences qui avaient lieu.

Il leur semblait clair qu’il fallait une action forte, quelque chose de visuel et qui pourrait être utilisée immédiatement.

לא בשמי!המצב כל כך קשה, אנחנו רואים תמונות מרחבי הארץ שלא דמיינו שנראה, ערבים נגד יהודים ובחזרה.לאורך ההיסטוריה, כל…

Posted by ‎רחל עזריה‎ on Thursday, May 13, 2021

Certaines des femmes anglophones du groupe ont proposé la phrase « not in my name », « pas en mon nom » qui se traduit bien à la fois en hébreu et en arabe.

« Nous voulions créer un dénominateur commun, nous voulions un message clair contre la violence sans même mentionner de quelle violence il s’agissait », explique Zion Mozes.

Ecrire « Lo b’shmi » sur leur main leur a permis d’exprimer ce sentiment avec à la fois leur corps et leurs voix, explique Zion Mozes.

Il y a des femmes de toutes origines, religieuses ou non, et de background et de camps politiques différents dans le groupe WhatsApp, ce qui a permis de partager des idées mais aussi de partager ce message et d’avoir des discussions, dit Zion Mozes.

Il y a quelques femmes musulmanes dans le groupe WhatsApp, pas beaucoup pour l’instant, remarquant la difficulté qu’il y a pour des femmes arabes de Jérusalem de se joindre à une action créée par un collectif de femmes juives, surtout en ce moment, dit-elle.

לא בשמי!נשים מכל הגוונים אומרות לא בשמנו!בתוך הארועים הקשים שאנו חוות בימים אלו אנו בוחרות לשמור על החיים ולומר לא…

Posted by Heftzi Zion Mozes on Thursday, May 13, 2021

« J’espère que quelque chose d’autre va se passer, même si je ne sais pas encore quoi. » dit-elle. « Cela nous donne l’espoir que les extrémistes ne sont pas les seuls à être entendus, nos voix comptent également. Je veux amener de l’espérance dans cette situation pour moi, pour mes enfants, pour mes voisins. »

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