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Des habitants d’implantations attaquent des militants de gauche avec des battes et des pierres

Trois militants auraient été blessés dans l’incident près de Al-Auja, à proximité de Jéricho ; B'Tselem affirme que les assaillants étaient des "jeunes" d’une implantation des alentours

L'implantation d'Ofra, dans le centre de la Cisjordanie, le 17 novembre 2016. (Crédit : Lior Mizrahi/Flash90)
L'implantation d'Ofra, dans le centre de la Cisjordanie, le 17 novembre 2016. (Crédit : Lior Mizrahi/Flash90)

Un groupe d’habitants d’implantation masqués a attaqué des activistes de gauche en Cisjordanie vendredi, les frappant avec des battes de baseball et leur jetant des pierres, à en croire une vidéo de l’incident filmée par un des activistes et publiée par l’ONG de gauche BTselem.

Le groupe, qui collecte des informations sur des violations des droits de l’homme par les Israéliens et les autorités israéliennes contre les Palestiniens, a déclaré que les activistes attaqués étaient d’une autre organisation de gauche, Taayush, un groupe d’activistes politiques arabes et juifs.

B’Tselem a déclaré que l’incident s’est produit à proximité du village d’Al-Auja dans la Vallée du Jourdain et que des villageois palestiniens ont également été attaqués. Les assaillants seraient des jeunes de l’implantation de Baladim située à proximité.

Trois activistes ont été blessés dans l’attaque, selon B’Tselem y compris le rabbin Arik Asherman, qui appartenait avant à l’organisation Rabbins pour les Droits de l’Homme, et le Dr Amiel Vardi, universitaire et un des fondateurs de Taayush.

Dans la vidéo, filmée par l’ancienne porte-parole de B’Tselem Sarit Michaeli, on peut voir plus d’une dizaine de jeunes masqués se précipiter sur les activistes, hurlant des obscénités, lançant des pierres et utilisant des batons et des battes.

On peut voir Asherman être frappé par un bâton ou une batte de baseball. Michaeli, qui tient la caméra, crie « Ne m’attaquez pas ! » à plusieurs reprises sur la vidéo.

Un hélicoptère de l’armée survole ensuite les habitants des implantations qui se dispersent et quittent les lieux. Sur le reste de la vidéo, on voit les assaillants qui s’en vont en marchant avant de finalement disparaître.

Dans une publication sur la page Facebook de la Paix maintenant renvoyant au clip YouTube, l’ONG déclare qu’elle « cherche l’aide du public pour diffuser cette vidéo difficile à regarder, afin que les médias soient conscients de la réalité et que nous puissions entendre la réponse du gouvernement contre les criminels de la colline », une expression en référence aux jeunes juifs violents des implantations.

« Au moins 5 activistes des droits de l’homme ont été blessés à la suite de l’attaque brutale et violente par des habitants de l’implantation de Baladim. Oui, la même implantation d’où venaient les criminels qui ont attaqué des soldats israéliens la semaine dernière », peut-on lire sur la publication de la page la Paix maintenant, en référence à l’incident récent pas très largement diffusé qui a vu des habitants de l’implantation attaquer une voiture de patrouille de l’armée près de l’implantation extrémiste.

Les soldats sont arrivés après avoir reçu des informations que des Palestiniens étaient dans la zone et qu’il y avait un risque que les deux camps puissent s’affronter. Quand les soldats sont arrivés, ils n’ont vu aucun Palestinien, mais les habitants de l’implantation ont commencé à leur jeter des pierres.

Dans une vidéo de l’incident, on voit un groupe d’une dizaine de jeunes lançant des pierres contre le véhicule de l’armée israélienne. La police a ensuite arrêté une personne en lien à l’incident et a déclaré que plus d’arrestations allaient avoir lieu.

La Paix maintenant a déclaré vendredi que le gouvernement ignorait l’incident de la semaine dernière et « aujourd’hui ils ont attaqué des activistes de l’organisation Taayush qui sont venus accompagner des bergers palestiniens et les protéger des attaques des habitants de l’implantation ».

« Vont-ils encore ignorer cet incident et laisser un groupe de voyous faire la loi. Vont-ils risquer la vie des activistes ? », a écrit le groupe sur Facebook.

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