Des lycéens israéliens découvrent des canalisations d’eau vieilles de 2 700 ans
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Des lycéens israéliens découvrent des canalisations d’eau vieilles de 2 700 ans

Des esquisses de personnages, de croix et de végétations ont été retrouvées sur les mur d'un ancien réservoir d'eau de Rosh HaAyin

Amanda Borschel-Dan édite la rubrique « Le Monde Juif »

  • Des dizaines de lycéens prennent part aux fouilles organisées à Rosh HaAyin,durant l'été 2017. (Crédit : Gili Stern, IAA)
    Des dizaines de lycéens prennent part aux fouilles organisées à Rosh HaAyin,durant l'été 2017. (Crédit : Gili Stern, IAA)
  • Vue de l'intérieur du réservoir de Rosh HaAyin. (Crédit : Assaf Peretz, IAA)
    Vue de l'intérieur du réservoir de Rosh HaAyin. (Crédit : Assaf Peretz, IAA)
  • Les gravures sur les murs du réservoir d'eau de Rosh HaAyin, ici des croix. (Crédit : Gilad Itach, IAA)
    Les gravures sur les murs du réservoir d'eau de Rosh HaAyin, ici des croix. (Crédit : Gilad Itach, IAA)
  • Les gravures sur les murs du réservoir d'eau de Rosh HaAyin vieux de 2 700 ans, ici des personnages. (Crédit : Gilad Itach, IAA)
    Les gravures sur les murs du réservoir d'eau de Rosh HaAyin vieux de 2 700 ans, ici des personnages. (Crédit : Gilad Itach, IAA)

L’invasion de l’Empire néo-assyrien en Israël en 738 avant l’ère commune a amené avec elle la guerre, la destruction et les taxes, les marques de fabrique d’une autorité impériale.

Mais parce qu’une armée a besoin de s’alimenter, en plus des taxes importantes, les territoires conquis ont vu l’arrivée de nouvelles infrastructures agricoles conséquentes. La nouvelle découverte d’un nouveau réseau hydrographique administratif près de Rosh HaAyin atteste que le conquérant se focalisait sur l’exploitation de nouvelles terres.

Avec l’aide de lycéens qui ont pris part au nouveau programme d’étude de la Terre d’Israël et d’Archéologie du ministère de l’Éducation, dans le cadre de la construction d’un nouveau quartier dans la région, l’Autorité israélienne des Antiquités ont récemment découvert un immense réseau hydrographique.

Le système découvert mesure près de 20 mètres de long et est enfoui à plus de 4 mètres de profondeur. Un bâtiment de 50 mètres de long est construit sur le réservoir souterrain.

Selon l’IAA, il est « très probable » que la structure et le réservoir aient été construits à la fin de l’Âge de Fer (fin du huitième ou début du septième siècle avant l’ère commune), ce qui les placent dans le contexte de la conquête néo-assyrienne de la région déchirée par la guerre, quand les royaumes de Judah et d’Israël étaient en guerre. Des preuves montrent que le réservoir était utilisé jusqu’à l’ère moderne.

Selon l’archéologue Gilad Itach, directeur de la fouille pour l’IAA, « il est difficile de ne pas être impressionné par l’immense réservoir souterrain enfoui il y a tant d’années. Dans l’antiquité, la récolte d’eau et son stockage étaient une nécessité fondamentale. Avec des précipitations annuelles de 500 mm dans la région, les pluies hivernales auraient rapidement rempli l’immense réservoir. »

En plus du réseau hydrographique, 7 types de gravures de visages humains, de croix, et de représentations de la végétation ont été découverts sur les murs.

Les gravures sur les murs du réservoir d'eau de Rosh HaAyin vieux de 2 700 ans, ici des personnages. (Crédit : Gilad Itach, IAA)
Les gravures sur les murs du réservoir d’eau de Rosh HaAyin vieux de 2 700 ans, ici des personnages. (Crédit : Gilad Itach, IAA)

Itach présume que ces dessins « ont probablement été gravés par des passants plus tardivement. Globalement, nous avons identifié sept images qui mesurent entre 15 et 30 centimètres. La plupart d’entre elles ont les bras tendus et semblent tenir un certain objet. »

En 2014, une ferme vieille de 2 800 ans et constituée de 23 pièces a également été découverte dans la région. Utilisée pendant 6 000 ans, elle est la preuve d’une implantation agricole dans la région.

Vue de l'intérieur du réservoir de Rosh HaAyin. (Crédit : Assaf Peretz, IAA)
Vue de l’intérieur du réservoir de Rosh HaAyin. (Crédit : Assaf Peretz, IAA)

« Un grand silo, qui était utilisé pour conserver les grains, prouve que les habitants de l’antiquité faisaient pousser des graines », avait expliqué Amit Shadman, alors directeur de l’excavation de IAA.

Selon Itach, cependant, ce réseau hydrographique est « différent de la plupart des fermes précédemment découvertes. »

« Son plan bien ordonné, sa taille, la solidité de ses murs et l’impression d’un réservoir d’eau taillé en dessous suggère que le site revêt un caractère administratif, et il se pourrait qu’il ait contrôlé les fermes avoisinantes », a expliqué Itach.

Des dizaines de lycéens prennent part aux fouilles organisées à Rosh HaAyin,durant l'été 2017. (Crédit : Gili Stern, IAA)
Des dizaines de lycéens prennent part aux fouilles organisées à Rosh HaAyin,durant l’été 2017. (Crédit : Gili Stern, IAA)

Itach a reçu le soutien des lycéens de ce programme, qui, selon l’IAA, est conçu pour établir un lien entre les étudiants et le passé, et former les archéologues de demain. Les élèves qui optent pour cette filière dans le cadre de leur baccalauréat ont pris part à des fouilles pendant une semaine.

Bien que la région soit destinée à héberger un nouveau quartier, l’IAA a l’intention, en coopération avec le ministère de la Construction et du Logement, ainsi qu’avec la municipalité de Rosh HaAyin, de créer un site archéologique ouvert qui sera accessible au public.

Les gravures sur les murs du réservoir d'eau de Rosh HaAyin, ici des croix. (Crédit : Gilad Itach, IAA)
Les gravures sur les murs du réservoir d’eau de Rosh HaAyin, ici des croix. (Crédit : Gilad Itach, IAA)
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