Des manifestations à Tel Aviv et New York pour la libération de Naama Issachar
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Des manifestations à Tel Aviv et New York pour la libération de Naama Issachar

"Nous ne sommes pas des gens politisés - nous voulons seulement que Naama rentre à la maison", a dit un de ses amis présente au rassemblement de Tel Aviv

Des militants appellent à la libération de Naama Issachar, une femme israélienne emprisonnée en Russie pour une affaire liée à la drogue, sur la place Habima à Tel Aviv, le 19 octobre 2019. (Tomer Neuberg / Flash90)
Des militants appellent à la libération de Naama Issachar, une femme israélienne emprisonnée en Russie pour une affaire liée à la drogue, sur la place Habima à Tel Aviv, le 19 octobre 2019. (Tomer Neuberg / Flash90)

Samedi soir, des centaines de personnes ont participé à une manifestation à Tel Aviv, appelant à la libération d’une Israélienne emprisonnée en Russie pour des accusations de trafic de drogue, alors qu’une manifestation avait lieu en même temps devant le consulat russe à New York.

Naama Issachar, âgée de 26 ans, a été condamnée la semaine dernière à 7 ans et demi de prison par un tribunal russe parce qu’elle aurait tenté de faire entrer de la drogue dans le pays. Elle est détenue en Russie depuis avril après que 10 grammes de cannabis ont été trouvés dans son sac lors d’une escale à Moscou. Elle rentrait en Israël depuis l’Inde.

« Nous sommes contents du soutien et de la solidarité que les gens témoignent », a déclaré Tzlil, un ami d’Issachar, à la Douzième chaîne d’information. « Si Naama voyait cela, elle serait en colère contre nous, car elle est très timide, on peut le voir quand elle sourit. Mais ce que nous faisons est nécessaire. Cet événement ne doit pas échapper à notre vigilance – le peuple d’Israël sait comment faire du bruit quand c’est nécessaire, quand on fait du tort à la vie humaine et qu’il y a une injustice. »

Tzlil a déclaré que la manifestation avait permis d’attirer l’attention sur le cas d’Issachar et a appelé à l’intervention de quiconque pouvant aider.

Des soutiens appellent à la libération de Naama Issachar, une Israélienne qui a été emprisonnée en Russie pour un crime lié à la drogue, lors d’une manifestation sur la place Habima à Tel Aviv, le 19 octobre 2019. (Tomer Neuberg/Flash90)

« Nous ne sommes pas des gens politisés – nous voulons seulement que Naama rentre à la maison. C’est un appel à quiconque pouvant aider, peu importe s’il s’agit de politiciens et d’hommes d’affaires, russes, américains ou israéliens. Nous appelons quiconque pouvant le faire à aider Naama à sortir de prison. »

La lourde peine de prison d’Issachar, que des officiels israéliens ont critiqué comme étant disproportionnée, pourrait être liée à l’extradition prévue d’Alexei Burkov aux Etats-Unis, citoyen russe qui a été arrêté en 2015 en Israël à la demande d’Interpol.

Burkov, spécialiste des technologies de l’information, est recherché aux Etats-Unis pour détournement de fonds dans le cadre d’une escroquerie massive au cours de laquelle il aurait volé des millions de dollars aux consommateurs américains.

Son extradition aux Etats-Unis a été approuvée par la Cour suprême israélienne au mois d’août mais la Russie a déposé, elle aussi, une demande d’extradition, et les responsables de Moscou ont réclamé son retour dans le pays de manière répétée.

Israël aurait refusé les demandes répétées de renvoyer Burkov en Russie en échange d’Issachar, qui détient également la citoyenneté américaine.

Naama Issachar est détenue à Moscou ou dans ses environs depuis avril. (Naama Issachar/Instagram via JTA)

Vendredi, la famille d’Issachar a rencontré le ministre de la Justice Amir Ohana, pour lui demander de suspendre l’extradition de Burkov.

Boaz Ben Zur, un avocat représentant Issachar, a déclaré aux journalistes après la rencontre qu’Ohana avait accepté d’examiner la demande et que la famille devait faire appel devant la Cour Suprême, qui avait donné son feu vert en août pour l’extradition, si nécessaire.

Ohana n’a pas commenté la décision après la rencontre, mais il a déclaré jeudi qu’il pensait que l’extradition allait avoir lieu dans un futur proche.

Il a également refusé de lier le destin d’Issachar à celui de Burkov, prévenant de graves conséquences si Israël acceptait un échange.

« Je suggère de ne pas créer un dangereux précédent ici, sinon à chaque fois qu’un pays voudra faire extrader quelqu’un, il arrêtera un Israélien et en fera un bouc émissaire », a déclaré Ohana à la chaîne publique.

Le ministre de la Justice Amir Ohana prend la parole à la Knesset, le 11 septembre 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Vendredi, lors d’une rencontre à Jérusalem avec le Secrétaire d’Etat Mike Pompeo, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a discuté l’affaire d’Issachar et l’extradition de Burkov, selon des médias israéliens.

Les médias n’ont pas donné de détails sur la réaction de Pompeo.

Mardi, Netanyahu a envoyé une demande officielle au président russe Vladimir Poutine demandant qu’Issachar soit graciée. Moscou a déclaré que le chef d’Etat russe allait examiner la requête.

La famille d’Issachar a exprimé son espoir que les liens proches entre Netanyahu et Poutine, qui se sont rencontrés à de nombreuses reprises ces dernières années, pourraient aider à assurer la libération d’Issachar « dans les prochains jours, après qu’elle a été condamnée pour un crime qu’elle n’a pas commis ».

Alexei Burkov durant une audience du tribunal en Israël. (Capture d’écran : Treizième chaîne)

Vendredi, un officiel du ministère des Affaires étrangères a déclaré au site Ynet qu’il espérait toujours qu’Issachar sera libérée pour la visite prévue de Poutine à Jérusalem au début de l’année prochaine.

Ces derniers jours, des médias israéliens ont repris des informations d’officiels israéliens qui pensent que Burkov serait lié aux services de renseignement russe. Dimanche, la Treizième chaîne d’information a annoncé que c’était le sentiment dominant en Israël, mais sans fournir de source pour cette affirmation.

Dans un entretien avec la Treizième chaîne, Burkov, a nié toute implication de ce type.

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