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Des milliers de jeunes Londoniens défilent contre le racisme

Armés de leur parapluie contre la bruine et de masques contre le coronavirus, les manifestants ont scandé en chœur le nom de George Floyd, salué d'applaudissements appuyés

Des policiers forment une ligne pour bloquer les manifestants dans le centre de Londres, le mercredi 3 juin 2020, après une manifestation suite à la mort de George Floyd, un homme noir décédé après avoir été arrêté par des policiers de Minneapolis le 25 mai. (Crédit : Yui Mok / PA via AP)
Des policiers forment une ligne pour bloquer les manifestants dans le centre de Londres, le mercredi 3 juin 2020, après une manifestation suite à la mort de George Floyd, un homme noir décédé après avoir été arrêté par des policiers de Minneapolis le 25 mai. (Crédit : Yui Mok / PA via AP)

Allant « de la colère à la tristesse », des milliers de jeunes Britanniques ont défilé mercredi à Londres pour protester contre la mort de l’Afro-Américain George Floyd, en profitant pour dénoncer les « abus » de la police britannique et le « racisme camouflé » qui sévit selon eux dans leur pays.

« Je suis là car j’ai évidemment vu la vidéo et c’est un vrai traumatisme collectif », explique à l’AFP Sharleen, 18 ans, au milieu de la foule très jeune qui s’est réunie aux alentours de 13H00 à Hyde Park.

La vidéo, c’est celle qui montre l’arrestation d’un homme non armé, George Floyd, 46 ans, asphyxié le 25 mai à Minneapolis par le genou d’un policier blanc, aidé par trois collègues.

« Avec tous mes amis, nous ne sommes plus les mêmes personnes depuis », ajoute la jeune Londonienne noire. « C’est un sentiment collectif qu’on ne peut pas vraiment expliquer, c’est fluctuant, ça va de la colère à la tristesse. »

L’émotion était sur tous les visages des participants au rassemblement organisé pour honorer la mémoire de George Floyd, dont celui de l’acteur britannique John Boyega, un des héros des derniers épisodes de la saga « Star Wars ». Bouleversé, la voix étranglée, il doit plusieurs fois interrompre son discours de soutien à ses « frères et sœurs noirs » américains.

Armés de leur parapluie contre la bruine et de masques contre le coronavirus, les manifestants scandent en chœur le nom de George Floyd, salué d’applaudissements appuyés, avant de s’agenouiller pendant trois minutes.

« C’est un mouvement important », estime Lisa Ncuka, étudiante de 26 ans interrogée par l’AFP. « Tout le monde devrait être là pour se battre pour l’égalité », assure-t-elle. « Ce n’est pas seulement le problème des Américains, c’est le problème de tout le monde. »

Le Royaume-Uni « pas innocent »

À côté des panneaux « Make racists afraid again » (« Faites que les racistes aient de nouveau peur »), parodiant le slogan de campagne du président américain Donald Trump voulant rendre à l’Amérique sa grandeur, fleurissent aussi des pancartes sans équivoque : « Le Royaume-Uni n’est pas innocent. »

« Ce n’est peut-être pas aussi grave ici qu’aux Etats-Unis, mais le racisme qui frappe au Royaume-Uni est en général camouflé », estime Leyla. À 20 ans à peine, la Londonienne estime avoir déjà « vu beaucoup trop de fois la police abuser de ses pouvoirs pour arrêter et fouiller des personnes noires sans raison ».

« C’est un traitement implicite, une sorte de présomption de culpabilité, on présume que vous êtes une menace », explicite Sharleen, alors que les manifestants se mettent en branle pour rejoindre le centre de Londres, malgré l’interdiction des rassemblements en vigueur en raison de la pandémie.

Chants et tambours à l’appui, le cortège de plusieurs kilomètres se faufile entre les voitures et les célèbres bus rouges à deux étages, recevant un fort soutien de la part des automobilistes, qui répondent aux slogans par des klaxons appuyés. Avant que les esprits s’échauffent et que des incidents éclatent avec la police.

Des affrontements entre policiers et manifestants dans le centre de Londres, le mercredi 3 juin 2020, après une manifestation suite à la mort de George Floyd, un homme noir décédé après avoir été arrêté par des policiers de Minneapolis le 25 mai. (Crédit : AP / Matt Dunham)

« Contrôle au faciès »

Sous sa pancarte « Trop, c’est trop », Sharlae, 18 ans, s’insurge : « Mon père, mes frères, mes cousins et moi-même, on devrait pouvoir traverser la rue sans avoir peur d’être tué par la police, alors qu’ils sont censés être là pour nous protéger. »

Elle affirme avoir dans sa vie quotidienne « des milliers d’exemples » d’interventions racistes de la police, comme cette fois où elle a vu son petit frère se faire contrôler « au faciès » alors qu’ils allaient simplement chercher du lait à l’épicerie du coin.

Dans un rapport publié en octobre 2015, le cercle de réflexion Runnymede estimait qu’un « racisme systémique et institutionnel » persistait en Grande-Bretagne.

Les manifestants espèrent que justice sera rendue pour George Floyd, dont le policier ayant réalisé le placage a été inculpé de meurtre. Concernant leur propre pays, cette nouvelle génération d’indignés réclame plus de « minorités au Parlement », des « changements dans les programmes » scolaires pour inclure l’histoire « oubliée » des minorités britanniques et surtout, que les gens moins exposés au racisme s’y éduquent.

« Ça ne devrait pas être une histoire de Noirs contre Blancs », conclut Leyla, « ça devrait être une histoire de tout le monde contre le racisme ».

Le grand rabbin britannique Ephraim Mirvis a condamné jeudi le « meurtre choquant et tragique » de George Floyd, le qualifiant de « signal d’alarme » pour l’humanité.
https://twitter.com/chiefrabbi/status/1268467754459377665?s=20

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