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Des milliers de Jordaniens manifestent contre le potentiel accord avec Israël

Les protestataires, à Amman, disent que "la normalisation est une trahison" au lendemain du plus important accord jamais conclu entre l'État juif et leur pays

Des manifestants scandent des slogans dans la capitale jordanienne d'Amman lors d'un mouvement de protestation dénonçant un accord avec Israël, le 26 novembre 2021. (Crédit : Khalil Mazraawi/AFP)
Des manifestants scandent des slogans dans la capitale jordanienne d'Amman lors d'un mouvement de protestation dénonçant un accord avec Israël, le 26 novembre 2021. (Crédit : Khalil Mazraawi/AFP)

Ce sont des milliers de Jordaniens qui ont manifesté contre un probable accord majeur conclu avec Israël dans les secteurs de l’énergie et de l’eau à Amman, vendredi.

Des forces de police supplémentaires ont été déployées au centre de la capitale alors que les protestataires demandaient au gouvernement d’annuler l’accord de paix signé avec Israël, qualifiant la normalisation « d’humiliation ».

Les participants au mouvement de protestation ont scandé « Non à l’accord de la honte », brandissant des panneaux qui établissaient que « la normalisation est une trahison », a indiqué Reuters.

La manifestation avait été organisée par les partis de l’opposition, des groupes tribaux et des syndicats.

L’accord qui a été négocié par les Émirats arabes unis et qui a été signé la semaine dernière permettra la construction d’une centrale d’énergie solaire majeure qui générera de l’électricité pour l’État juif, tandis qu’une usine de dessalement établie en Israël fournira de l’eau à la Jordanie.

C’est l’accord de coopération le plus important en son genre à avoir été signé entre Jérusalem et Amman depuis que les deux anciens ennemis ont signé un traité de paix, en 1994. C’est aussi le plus gros projet actuel portant sur les énergies renouvelables au Moyen-Orient.

Cet accord est la plus récente conséquence des accords de normalisation signés entre l’État juif et les EAU – les Accords d’Abraham, qui avaient été négociés en amont par l’administration du président américain Donald Trump. L’administration Biden s’est, elle aussi, engagée à développer ses accords, tout en faisant savoir très clairement qu’ils ne remplaceraient pas la nécessité d’une paix entre Israéliens et Palestiniens.

Les études de faisabilité sur ce projet doivent commencer l’année prochaine.

La Jordanie est l’un des pays du monde manquant le plus d’eau et sa coopération avec Israël dans ce domaine remonte à une période antérieure à celle de l’établissement des relations officielles entre les deux pays.

Israël est aussi un pays chaud et sec, mais ses technologies avancées en termes de dessalement ont donné au pays l’opportunité de pouvoir vendre de l’eau potable.

Selon les experts, cette future coopération pourrait améliorer les relations que le roi Abdallah de Jordanie a qualifié de « paix froide ».

Des informations rendues publiques mercredi ont laissé entendre que l’Arabie saoudite avait tenté d’exercer des pressions sur les Émirats, leur demandant de torpiller l’accord. Contrairement aux EAU et à la Jordanie, l’Arabie saoudite n’entretient pas de liens formels avec l’État juif.

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