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Des proches soupçonnent un « lavage de cerveau » du petit Eitan Biran

L'oncle et la tante paternels ont rendu visite à l'enfant à Tel Aviv après que le grand-père maternel l'a emmené en Israël à l'insu de ses tuteurs

La famille Biran, Eitan est l'enfant à droite. (Crédit : autorisation)
La famille Biran, Eitan est l'enfant à droite. (Crédit : autorisation)

La famille paternelle d’Eitan Biran, 6 ans, qui a survécu à un accident de téléphérique en Italie en mai dernier qui a tué sa famille immédiate, et qui se trouve désormais au cœur d’une bataille pour sa garde, a déclaré s’inquiéter que l’enfant montre des « signes d’incitation et de lavage de cerveau ». Le constat fait suite à l’enlèvement présumé du garçon par son grand-père maternel, qui l’a emmené d’Italie en Israël la semaine dernière.

Eitan Biran fait l’objet d’une procédure judiciaire depuis que ses parents, son petit frère et ses deux arrière-grands-parents ont été tués lorsqu’un câble s’est rompu sur le téléphérique qui emmenait des visiteurs au sommet du mont Mottarone, dans la région du Piémont, le 24 mai. Au total, 14 personnes ont été tuées. Biran, qui a été hospitalisé pendant plusieurs semaines, est le seul survivant de ce drame.

Eitan et ses parents vivaient en Italie au moment de l’accident, et, après sa sortie d’un hôpital de Turin suite à plusieurs semaines de traitement, les responsables du tribunal italien pour mineurs ont décidé que l’enfant vivrait avec sa tante paternelle, Aya Biran-Nirko, un médecin originaire d’Israël, près de Pavie, dans le nord de l’Italie.

La famille paternelle de Biran affirme qu’il a été emmené hors d’Italie la semaine dernière sans qu’ils en soient informés. Ils ont déposé une demande officielle auprès du système judiciaire italien pour obtenir le retour d’Eitan en Italie, affirmant que Peleg n’avait pas ramené Eitan chez sa tante comme convenu samedi dernier.

Les autorités italiennes ont ouvert une enquête sur cette affaire cette semaine.

La tante et son mari veulent élever Eitan aux côtés de leurs deux filles, tandis que la soeur de la mère d’Eitan en Israël a également déclaré qu’elle souhaitait adopter l’enfant.

Shmulik Peleg, le grand-père maternel d’Eitan, a été interrogé par la police israélienne sur des soupçons d’enlèvement et placé en résidence surveillée dans le cadre d’une enquête en cours.

Shmulik Peleg, le grand-père maternel d’Eitan Biran, dans une interview diffusée le 17 septembre 2021. (Capture d’écran/Channel 12/)

Vendredi, Peleg, 58 ans, a défendu sa décision d’amener l’enfant en Israël depuis l’Italie la semaine dernière, niant avoir kidnappé le garçon, et a déclaré qu’Eitan était « heureux, entouré des membres de sa famille », dans une interview avec la Douzième chaîne.

« Il est à l’endroit où il est censé être, dans sa maison, en Israël », a déclaré Peleg.

Samedi, l’oncle d’Eitan, Hagai (le frère de Biran-Nirko) et sa femme ont déclaré qu’ils avaient rendu visite à l’enfant au domicile du grand-père à Tel Aviv et que, bien que l’enfant sembla aller bien physiquement, « il était inquiétant de voir que le petit Eitan montrait des signes clairs d’incitation et de lavage de cerveau. » La déclaration a été remise par l’intermédiaire de l’avocat du couple après la visite, qui a duré environ une heure.

L’enfant, ont-ils dit, « récitait des déclarations hors contexte et des messages cachés. » Le « retour du garçon chez lui en Italie nous semble plus urgent que jamais », ont-ils ajouté.

M. Peleg a reconnu avoir conduit l’enfant d’Italie en Suisse avant de le ramener en Israël par avion, déclarant que « nous sommes partis de manière totalement légale ». Il a insisté sur le fait que ses « pensées sont consacrées uniquement au bien de l’enfant, au bien d’Eitan ».

Amit Biran (à droite), sa femme Tal Peleg-Biran et leur fils Tom Biran, qui ont été tués le 23 mai 2021, lorsqu’un téléphérique s’est effondré près du sommet de la ligne Stresa-Mottarone dans la région du Piémont, dans le nord de l’Italie. (Facebook)

Il a affirmé qu’il n’avait pas pris un vol régulier pour quitter l’Italie parce qu’il voulait voyager avec l’enfant aussi vite que possible sans l’exposer à d’autres personnes. Il a ajouté que les autorités israéliennes avaient approuvé ses passeports et ceux d’Eitan la veille de leur voyage.

Peleg et les autres proches du garçon en Israël nient l’avoir enlevé et insistent sur le fait qu’ils agissent dans son intérêt.

Cependant, les procureurs de la ville de Pavie, dans le nord de l’Italie, ont déclaré qu’ils demandaient le retour de l’enfant en Italie conformément à la Convention de La Haye sur les droits de l’enfant, accusant Peleg d’enlèvement aggravé.

« La Haye ? Je suis un grand-père, je suis le grand-père du garçon. Je ne connais pas la Convention de La Haye, je suis le grand-père de l’enfant », a-t-il déclaré à la douzième chaîne. Peleg a déclaré qu’il avait procédé à des consultations juridiques avant de faire sortir Biran d’Italie.

Peleg a également été interrogé sur sa condamnation passée pour violence domestique – en 2003, il a plaidé coupable pour quatre chefs d’accusation de violence contre sa femme et a été condamné à 15 mois de probation et à une amende.

Peleg a déclaré que cette condamnation n’avait pas « le moindre lien avec Eitan » et a souligné le fait qu’il avait obtenu la garde partagée de ses enfants dans le cadre du règlement de son divorce plusieurs années auparavant.

Des personnes se tiennent devant un kiosque à journaux affichant un titre du jour indiquant en italien « Mottarone, tragédie avec 14 morts » à Stresa, dans le nord de l’Italie, le 24 mai 2021. (AP/Antonio Calanni)

Peleg a déclaré à la Douzième chaîne qu’il avait renoncé à contester la garde dans le système judiciaire italien et a dit qu’il s’attendait à ce que le garçon comprenne une fois qu’il serait plus âgé.

« Je crois qu’un jour Eitan grandira et dira : ‘Grand-père, tu as tout fait pour moi, tu m’as sauvé' », a-t-il dit en fondant en larmes. « Et ma fille, que je rencontrerai un jour au paradis, sera fière que j’aie sauvé son fils ».

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