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Des professionnels de santé rejoignent la campagne pour faire libérer les otages

Des experts de premier plan du secteur ont rejoint #BringThemHomeNow pour demander des informations sur l'état de santé des personnes retenues en captivité, pressant la Croix Rouge et l'OMS d'en faire davantage

Des personnes manifestant pour demander au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) d'agir pour la libération des otages enlevés par le Hamas le 7 octobre et actuellement détenus dans la bande de Gaza, devant les bureaux du CICR, à Tel Aviv, le 9 novembre 2023. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)
Des personnes manifestant pour demander au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) d'agir pour la libération des otages enlevés par le Hamas le 7 octobre et actuellement détenus dans la bande de Gaza, devant les bureaux du CICR, à Tel Aviv, le 9 novembre 2023. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Les visages apparaissant sur les affiches de #BringThemHomeNow, visibles dans le monde entier, sont ceux des 240 Israéliens approximativement qui sont actuellement maintenus en captivité par le Hamas et par les autres groupes terroristes de Gaza.

Les otages – avec parmi eux de nombreux bébés, enfants, femmes, personnes âgées ; certains sont blessés, d’autres sont probablement décédés – avaient été enlevés par les hommes armés du Hamas qui étaient parvenus à s’infiltrer à travers la frontière située au sud d’Israël, le 7 octobre, massacrant 1 200 personnes, des civils en majorité.

Les otages ont laissé derrière eux des familles et des amis dévastés, désespérés, qui se battent jour et nuit en faveur de la libération de leurs proches et de leur retour au sein de l’État juif, sains et saufs. Tout en permettant de conserver la question du sort réservé aux otages sous le feu des projecteurs, un grand nombre de ces nouveaux activistes involontaires ont eux-mêmes un besoin fort de soutien.

« L’état de santé des otages est un problème déterminant et les familles des captifs ont, elles aussi, besoin d’une aide à ce niveau-là », commente le professeur Hagai Levine, président de l’Association israélienne de santé publique. « L’absence totale de contact entre les familles et les otages est horrible pour les deux parties ».

Depuis le 7 octobre, Levine a pris la tête du centre de commandement de #BringThemHomeNow concernant la santé – c’est un sous-groupe de cette campagne mondiale qui est aussi connue sous le nom de Forum des Familles des portés-disparus, un groupe qui est constitué de milliers de bénévoles qui tentent de soutenir les familles des personnes qui ont été enlevées.

L’équipe est formée de responsables de premier plan de la santé publique et de la psychiatrie, de spécialistes de la résilience et d’experts en droit médical et humanitaire. Un grand nombre de jeunes médecins qui n’ont pas été rappelés par l’armée pendant la guerre ont aussi rejoint le mouvement.

Un homme regardant les affiches avec les photos des Israéliens retenus à Gaza lors d’une manifestation en solidarité avec les familles des otages, à Rehovot, le 29 octobre 2023. (Crédit : Meïr Conforti /Organisateurs de la manifestation)

Le groupe chargé de la santé s’est fixé trois principaux objectifs, selon le professeur Nadav Davidovitch, responsable de l’école de santé publique au sein de l’université Ben-Gurion du Neguev : Soutenir les efforts livrés en faveur de la libération des captifs ; évaluer les signes de vie des otages et permettre une reprise des liens avec leur famille et aider à répondre aux besoins, en matière de santé, des familles et des bénévoles du mouvement.

Il y a un mois, l’équipe a envoyé au Comité international de la Croix Rouge (CICR) un courrier qui s’appuyait sur des bases de données spécifiant l’état de santé des otages – ils sont âgés de neuf mois à 90 ans – et les maladies dont ils souffrent : diabète, cancer, insuffisance cardiaque, maladie rénale chronique, maladie de Parkinson, démence, maladie d’Alzheimer, risque cardiaque, sclérose en plaque, arythmie, hypertension, asthme, allergies diverses, glaucome, autisme, maladie psychiatrique…

La lettre contenait aussi la liste des 107 médicaments prescrits aux otages et aux portés-disparus, des médicaments qu’ils doivent prendre régulièrement pour soigner leur maladie.

« L’heure tourne à toute vitesse. Nous ignorons ce que le Hamas fait avec les otages, nous ne savons pas à quel endroit il les retient en captivité et dans quelles conditions. Nous ne savons pas si les terroristes ont seulement la capacité de soigner les blessures et les maladies des otages », a déclaré récemment Levine au cours d’un webinaire organisé par #BringThemHomeNow, l’Association médicale israélienne et d’autres organisations du secteur.

Le professeur Nadav Davidovitch. (Crédit : Université Ben Gurion du Néguev)

Dans un entretien accordé il y a un mois au Times of Israel, Levine et Davidovich avaient déploré le fait qu’en dépit de leurs contacts réguliers avec le CICR et l’OMS (Organisation mondiale de la Santé), ils n’étaient pas parvenus à créer une plus forte mobilisation et à mettre en œuvre des actions autour des otages.

Les efforts livrés par leurs collègues à l’étranger avaient, eux aussi, été vains.

« On ne peut pas se satisfaire de paroles. Nous avons besoin d’un réel passage à l’acte », avait expliqué Davidovitch.

Levine avait évoqué le CICR qui avait indiqué préférer œuvrer à l’abri des regards.

« Nous ne l’acceptons pas. C’est leur responsabilité de faire des choses. Ils doivent utiliser tous les moyens qui sont à leur disposition, notamment concernant les relations publiques et les médias », a-t-il dit.

Depuis cette conversation, quatre otages ont été libérés par les terroristes pour des « raisons humanitaires » présumées et une soldate a été secourue par les forces israéliennes. Toutes ces femmes semblaient être dans un état de santé relativement bon, mais aucune information n’a filtré sur les autres otages à ce sujet. Des photos et des vidéos de certains captifs, qui ont été rendues publiques par le Hamas, sont considérées comme de la propagande. Il faudrait, pour une évaluation plus fiable de la santé des otages, l’intervention d’un tiers indépendant, comme le CICR.

Hagaï Levine. (Crédit : Capture d’écran YouTube)

Yoni Davis, avocat, expert en médecine et en droit, n’a cessé d’écrire des courriers à l’OMS, au CICR, aux organisations de défense des droits de l’Homme, à l’Union européenne et autres.

« Je souligne encore et encore que nous faisons actuellement face à une situation exceptionnelle, sans précédent – et pas seulement concernant le nombre d’otages retenus en captivité. Il s’agit d’un crime contre l’Humanité qui a été commis pendant un génocide, entre autres crimes contre l’Humanité qui ont été perpétrés. Je souligne également qu’Israël a réagi à la situation de manière appropriée », a dit Davis pendant le webinaire.

Davis aide aussi les familles des portés-disparus dans leurs démarches auprès des autorités israéliennes. Il a déconseillé au ministère chargé des Affaires religieuses de procéder à l’inhumation des restes humains non-identifiés issus du massacre, dans des fosses communes, rappelant que c’est l’État qui endosse la responsabilité de gérer tous les restes corporels des victimes, via l’Institut national médico-légal d’Abu Kabir.

En tant qu’avocat du mouvement, Davis lutte pour les droits des otages et de leurs familles. Il ne veut pas que ces derniers soient effacés de l’ordre du jour – très certainement pas de l’agenda des priorités du gouvernement israélien ou de celui de la communauté internationale.

Des personnes brandissant des affiches de disparus pour demander la libération des quelque 230 otages détenus à Gaza par le Hamas après les attaques menées contre Israël le 7 octobre, devant l’ambassade du Qatar à Londres, le 29 octobre 2023. (Crédit : Justin Tallis/AFP)

« Israël a des antécédents s’agissant d’ignorer ou d’oublier certaines populations, comme ça a été le cas des vétérans de l’armée blessés ou des bébés yéménites », dit-il.

Alors que certains membres de l’équipe chargée de la santé se concentrent sur le bien-être et sur le sort réservé aux otages, d’autres s’occupent des familles et des bénévoles du mouvement.

« Nous parlons d’environ un millier de personnes en ce qui concerne les membres des familles des otages. Ce sont des gens qui vivent dans tout le pays », fait remarquer Dotan, qui est à la tête de l’équipe travaillant sur la résilience.

Pendant le webinaire, Dotan a divisé les familles en quatre groupes : celles dont les êtres chers ont été kidnappés dans le cadre de la rave-party Supernova, un festival de musique électronique qui était organisé près de Reim ; celles dont les parents avaient malencontreusement croisé le chemin des terroristes lors d’un déplacement ; celles dont les proches ont été capturés alors qu’ils portaient l’uniforme militaire ou de la police ou celles dont les membres ont été enlevés dans leurs habitations, dans les kibboutzim ou dans les villes situées à proximité de Gaza.

Des expériences qui sont à la fois étrangement similaires et pourtant différentes.

Dotan explique que, sans aucun doute, les manifestations de soutien en Israël et à l’international ont donné de la force aux familles et un sentiment de résilience. Néanmoins, avec le temps, un grand nombre de ceux qui avaient été réticents à l’idée de se faire aider par un psychologue face au traumatisme qu’ils étaient en train de vivre demandent maintenant à se faire accompagner par un professionnel.

Des Israéliens passent devant des lits représentant le nombre d’otages retenus en captivité par les terroristes du Hamas à Gaza, et une grande pancarte portant l’inscription « Bring Them Home » (Ramenez-les à la maison) sur la place Habima à Tel Aviv, le 11 novembre 2023. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

« Il y a tellement de gens qui veulent aider les familles mais nous devons nous assurer de la question du professionnalisme. Nous avons aussi des ressources limitées et nous devons donc nous focaliser sur l’aide à apporter à ceux qui en ont le plus besoin », note Dotan.

Une autre membre de l’équipe, la docteure Ofrit Shapira-Berman, psychanalyste, a lancé First Line Med, pour garantir le rétablissement psychique durable des survivants du massacre du Hamas, des otages et de leurs familles.

Elle a recours à des professionnels de la psychiatrie qu’elle fait intervenir auprès des familles des captifs.

« C’est déterminant qu’il y ait une personne référente pour chaque famille, qui soit ainsi en mesure de répondre à leurs besoins physiques et psychologiques. Ces professionnels sont chargés d’écouter ce que leur disent les familles, ce qu’elles veulent et de répondre au mieux à tous les besoins qu’elles expriment », dit-elle.

« Le message que nous transmettons aux familles est le suivant : ‘Vous méritez tout ce qui est possible’, » dit Shapira-Berman.

Une partie du travail est aussi de les protéger face au terrorisme psychologique auquel se livrent le Hamas et les autres groupes terroristes de Gaza à l’encontre des Israéliens – prenant pour cible en particulier les familles des otages – lorsqu’ils diffusent des vidéos de propagande où les captifs racontent ce que les terroristes les forcent à faire.

Les otages Hannah Katzir, 77 ans, et Yagil Yaakov, 13 ans, dans une vidéo de propagande diffusée le 9 novembre 2023 par le groupe terroriste du Jihad islamique palestinien. (Crédit : Capture d’écran)

Levine reconnaît que ce n’est pas chose facile de trouver le bon équilibre entre l’évocation des atrocités commises le 7 octobre dans le cadre de la campagne menée par le mouvement et la nécessité de protéger la santé psychique des familles.

Lors du webinaire, Yarden Gonen, infirmière dans une unité de gériatrie au sein de l’hôpital Ichilov, a raconté comment sa jeune sœur, Romi, avait été kidnappée par les terroristes alors qu’elle tentait de prendre la fuite lors de l’assaut commis par les terroristes à la rave-party Supernova, dans la matinée du 7 octobre.

C’est un récit que Gonen a d’ores et déjà narré à de nombreuses tribunes différentes. Elle s’est rendue, ces dernières semaines, à l’étranger pour le faire.

« Redire la même histoire est quelque chose de véritablement dur mais c’est pourtant nécessaire », commente-t-elle.

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