Des scientifiques parviennent à stopper l’addiction à la nicotine chez la souris
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Des scientifiques parviennent à stopper l’addiction à la nicotine chez la souris

Des chercheurs américains se concentrent sur les mécanismes cérébraux responsables de la dépendance à la nicotine, dans l'espoir de développer des médicaments pour les combattre

Un fumeur de cigarette (Orel Cohen/Flash90)
Un fumeur de cigarette (Orel Cohen/Flash90)

Des chercheurs américains ont identifié des mécanismes cérébraux pouvant être à l’origine de la dépendance à la nicotine, et ont été capables d’influencer ces structures pour réduire la dépendance chez les souris, lors d’une découverte qui pourrait conduire à des solutions qui aideront les fumeurs de cigarettes à abandonner leur dangereuse habitude.

L’étude a été publiée cette semaine dans le journal médical américain Proceedings of the National Academy of Science (PNAS).

La nicotine, la principale substance addictive dans les cigarettes, crée une dépendance en libérant de la dopamine dans le cerveau – un neurotransmetteur qui génère des sensations de plaisir.

Les scientifiques de l’Université Rockefeller de New York ont ​​étudié les réactions chimiques et l’activité neuronale dans deux régions du cerveau, le noyau interpédonculaire (IPN) et l’habenula interne (MHb).

Chez une personne non-dépendante, l’habenula émet des signaux à l’IPN qui l’amènent à atténuer les effets de la dopamine, diminuant ainsi la dépendance. Cependant, les chercheurs ont constaté que chez les souris exposées à la nicotine pendant plusieurs semaines, ces signaux ne fonctionnaient plus aussi bien.

Pendant que l’habenula continuait à transmettre, un groupe de neurones dans l’IPN a subi une transformation et a libéré des produits chimiques qui ont inhibé la réponse de l’IPN à ce message.

« Si vous êtes exposé à la nicotine pendant une longue période, vous produisez plus de produits chimiques perturbateurs du signal, ce qui vous désensibilise », a déclaré la chercheuse Ines Ibanez-Tallon. « C’est pourquoi les fumeurs continuent à fumer. »

Les souris dépendantes de la nicotine ont la possibilité de passer du temps dans une chambre remplie de nicotine ou dans une chambre habituelle.

Une souris de laboratoire (Flash90)

Cependant, lorsque les scientifiques ont effectivement neutralisé le groupe de neurones suspects et ont arrêté son effet sur l’IPN, les souris dépendantes semblaient revenir à un comportement normal et ne préféraient plus la chambre à la nicotine par rapport à l’autre.

L’IPN et l’habenula sont d’anciennes structures cérébrales communes à tous les vertébrés. Ainsi, les scientifiques croient que le processus de dépendance pourrait bien être similaire chez les humains.

« Tout ce que cela nous dit, c’est que la voie habenula-IPN est importante pour fumer chez les humains », a déclaré Ibanez-Tallon.

Les scientifiques prévoient de continuer à étudier les processus en question, dans l’espoir de développer des moyens de les traiter.

« Quand il s’agit d’un énorme problème de santé comme la dépendance à la nicotine, » a déclaré Ibanez-Tallon, « tout objectif thérapeutique que nous pouvons trouver est potentiellement important. »

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