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Des survivants de la Shoah dénoncent l’indifférence à la guerre en Syrie

De jeunes Israéliens s’associent avec des victimes des nazis pour envoyer un message de Yom HaShoah aux dirigeants internationaux

Ruth Zimmerman, survivante de la Shoah, déplore l'indifférence du monde au gazage des enfants syriens, pour Yom HaShoah, le 24 avril 2017. (Crédit : Facebook)
Ruth Zimmerman, survivante de la Shoah, déplore l'indifférence du monde au gazage des enfants syriens, pour Yom HaShoah, le 24 avril 2017. (Crédit : Facebook)

La vidéo commence comme beaucoup d’autres qui ont été réalisées à l’occasion de Yom HaShoah, avec des survivants qui se présentent et disent où et quand ils sont nés.

Yitzhak Yaakov Levin montre une photographie d’enfants, disant que sur tout le groupe, seuls lui et sa sœur ont survécu. Eva Ben-Tal raconte comment elle est entrée à Auschwitz avec sa grand-mère, mais est sortie seule du camp d’extermination.

« Nous avons traversé des souffrances immenses, la faim, la douleur, la maladie », note Adi Lerner, avant de poursuivre immédiatement : « c’est pour cela qu’il m’est difficile de comprendre la réponse à la guerre en Syrie. »

Ruth Zimmerman, en colère, imite le son d’un enfant gazé luttant pour respirer et demande « qu’ont-ils fait pour mériter ça ?! »

« Les enfants ne doivent pas souffrir, parce que ce sont des enfants et qu’ils n’ont rien fait de mal, ils sont purs et innocents », dit Lerner, ému.

לפני 70 שנה העולם לא עשה מספיק כדי לעצור את הזוועות שהם עברו. עכשיו יש להם משהו מאוד חשוב להגיד לעולם.70 years ago the world didn't do enough to stop the atrocities that they suffered.Now they have something important to say to the world.

Posted by ‎הצינור‎ on Sunday, 23 April 2017

 

La vidéo, vue plus de 150 000 fois pendant ses 23 premières heures de publication sur Facebook, a été produite par un groupe de jeunes adultes israéliens après l’attaque chimique du 4 avril sur Idleb qui a tué des dizaines de personnes et fait des centaines de blessés, dont beaucoup d’enfants.

« Au début, nous étions un petit groupe d’environ six amis qui se sont rassemblés, mais nous avons intéressé environ 100 personnes quand nous avons créé un groupe Facebook », a dit Alex Rif, poète, chanteuse et militante de Tel Aviv à l’origine du projet.

Selon Rif, des personnes de tous horizons ont soutenu un projet de Yom HaShoah lié à la crise syrienne.

Alex Rif (autorisation)
Alex Rif (autorisation)

« Le groupe était vraiment varié. Nous avons tout le monde, y compris des orthodoxes et des Arabes », a dit Rif, qui participe à la Brigade Culture, une branche de l’association Génération 1.5 d’Israéliens russophones dédiée à intégrer la culture israélo-russe au sein de la société générale israélienne hébraïsante.

La décision a été prise de créer une vidéo, et une équipe de volontaires, comprenant Noa Maiman, Amit Wolecki, Liron Atia, Aviv Zidkiya, Adam Frimer et d’autres l’ont assemblée en deux semaines.

Ils ont utilisé leurs relations personnelles pour trouver des survivants de l’Holocauste, et leur ont demandé de parler de ce qu’il se passe en Syrie, du point de vue de quelqu’un qui a traversé la Shoah. La plupart des survivants contactés ont accepté de parler à la caméra.

Quand le groupe a entendu que Yisrael Meir Lau, ancien grand rabbin d’Israël qui a survécu, enfant, à la Shoah, a déclaré que ce qu’il se passait en Syrie était « un holocauste », ils ont essayé de le faire participer au projet.

« Malheureusement, il était à l’étranger pendant les semaines de tournage », a dit Rif.

Selon Rif, les survivants ont tous reconnu l’aide qu’Israël fournit aux Syriens. Ils ne critiquent pas la réponse de leur propre pays, mais plutôt celle de la communauté internationale.

Rif a indiqué que son groupe n’avait pas encore de nom, et ne savait pas encore s’il continuerait ses actions de lui-même ou s’il s’associerait à d’autres associations, comme Syrian Embassy Jerusalem, pour imposer une pression supplémentaire aux dirigeants nationaux et internationaux pour qu’ils mettent fin à la guerre et aux souffrances.

« Nous faisons ce que nous pouvons en attendant. Nous savons que cette vidéo n’aura pas un impact énorme, et ne mettra pas fin à la guerre, mais la situation est tellement horrible que nous devons continuer à en parler. Nous espérons que cette vidéo peut être un élément de plus pour faire pression sur les gouvernements et qu’ils passent à l’action », a dit Rif.

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